Le jean «skinny», décryptage en long et en large
Il est de retour! Oui, celui de Kate Moss, Hedi Slimane et Amy Winehouse, qui colle à la cuisse et entrave les chevilles. Vraiment? Pourquoi? Où? Comment? A quoi bon? Question d’époquesCommençons par une énigme comme on en posait, dans les tragédies grecques, aux héros qu’on mettait à l’épreuve. Voici la devinette: ceux qui parlent le plus de moi ne me portent pas, et ceux qui me portent ne parlent pas de moi; qui suis-je?Réponse: Le jean skinny. Le jean maigre, quoi. Soit le pantalon en denim qui moule la jambe, épouse les fesses, expose le pubis, embrasse les cuisses, étrangle les chevilles, rend la poutre apparente, cisaille la taille, menotte les enjambées et laisse sur la peau la marque de sa ceinture. Sur les réseaux sociaux (surtout TikTok), dans les magazines ou sur les podiums des défilés de mode les plus en vue, il fait son grand retour d’entre les habits morts, sortant de son enfer. En même temps, on en voit très peu dans les vitrines. Sauf qu’il n’a jamais complètement disparu des rues, porté par les jeunes commerciaux en mal de rock attitude, par les bourgeoises en stilettos et blazers ainsi que par les rockers inusables. Sans compter qu’il fait l’objet de débats passionnés entre initiés. C’est bien simple, le jean skinny, ce n’est plus un pantalon, c’est le yéti à Lourdes, le point G au masculin, un mirage aux alouettes. Pour tout dire: le miroir fendillé d’une époque terriblement floue. La nôtre.Voir plus
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