Rien ne permet d’établir un lien entre la prise de paracétamol pendant la grossesse et l’autisme, assure une étude

Une vaste étude publiée lundi conclut que «les données disponibles sont insuffisantes pour avérer un lien entre l’exposition au paracétamol in utero et l’autisme pendant l’enfance». Contrairement à ce qu’affirme le gouvernement américainEn l’état des connaissances scientifiques, rien ne permet d’établir un lien entre la prise de paracétamol pendant la grossesse et l’apparition de troubles autistiques chez l’enfant. Une vaste étude publiée lundi https://www.bmj.com/content/391/bmj-2025-088141

Il y a un consensus

La communauté scientifique a très largement dénoncé ces allégations, rappelant que le consensus médical ne retenait pas de lien de causalité, et que le paracétamol – commercialisé sous le nom Tylenol aux Etats-Unis – est l’antidouleur de choix pour les femmes enceintes, à l’inverse de l’aspirine ou de l’ibuprofène, ces derniers présentant des risques avérés pour le f½tus.L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) avait déjà affirmé, immédiatement après les déclarations de Donald Trump, qu’il n’existait aucune preuve concluante que le paracétamol augmente le risque d’autisme chez le fœtus. L’étude publiée par BMJ vient renforcer ce consensus. Elle ne se fonde pas sur de nouvelles recherches, mais donne le tableau le plus complet et le plus précis en date sur l’état des connaissances. Elle compile d’autres études qui ont essayé de dresser un bilan des connaissances.En avril 2025: https://www.letemps.ch/opinions/revues-de-presse/une-maladie-evitable-le-discours-de-rfk-jr-sur-l-autisme-genere-un-debat-sur-la-place-du-handicap-dans-la-societe?srsltid=AfmBOop1TX12tXwuNqhk1b6FrWeIb7sG9cpVCZUbM3Vuhsm7YZ5qMOUV

Des affirmations basées sur des travaux «extrêmement faibles»

Plusieurs études ont bien avancé une possible association entre paracétamol et autisme ou TDAH. Mais leur qualité est «faible» ou «extrêmement faible», selon les auteurs de l’étude du BMJ. La plupart du temps, elles ne prennent pas assez de précaution pour exclure le rôle d’autres facteurs comme les prédispositions génétiques, ou les problèmes de santé de la mère.Ces études ne donnent donc guère d’indice sur les réels mécanismes de cause à effet. Elles ne permettent pas de distinguer ce qui vient directement de la prise de paracétamol et, par exemple, des pathologies qui ont conduit la future mère à prendre un traitement contre la fièvre ou la douleur.Ces remarques portent notamment sur une étude, publiée en 2025, dans la revue Environmental Health et régulièrement citée par l’administration Trump. Elle constatait une corrélation entre prise de paracétamol chez la mère et troubles autistiques chez l’enfant, mais prévenait qu’il n’était pas possible de conclure un mécanisme de cause à effet.Au-delà de la question du paracétamol, Donald Trump et son ministre de la Santé, Robert Kennedy Jr., font régulièrement des déclarations infondées sur l’autisme, que ce soit sur l’existence d’une «épidémie», réfutée par les professionnels, ou en lien avec la vaccination.

https://www.letemps.ch/articles/rien-ne-permet-d-etablir-un-lien-entre-la-prise-de-paracetamol-pendant-la-grossesse-et-l-autisme-assure-une-etude

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