«On n’a pas peur»: au large de la Grèce, les bateaux suisses de la flottille Soumoud mettent les voiles vers Gaza
Forte de 6 bateaux et 41 membres, la délégation helvétique a pris la mer mercredi pour rejoindre la flottille internationale, plus grande jamais organisée, pour briser le blocus israélien sur la bande de Gaza. Face aux dangers qui l’attendent, elle espère recevoir un soutien diplomatique du DFAEShady Ammane affiche un sourire radieux. Joint mercredi matin par appel vidéo, l’enseignant genevois, coordinateur de la délégation suisse de la flottille Soumoud, s’empresse de lever son téléphone: devant la grand-voile gonflée à bloc flottent fièrement, côte à côte, les drapeaux suisse et palestinien. «C’est émouvant d’être un si petit pays et d’avoir réussi à mobiliser autant. J’aimerais remercier toutes celles et ceux qui ont rendu cela possible», s’émeut le militant d’origine syrienne. Le voilier où il se trouve mesure 13,5 mètres de long et a été acheté grâce à un financement participatif qui a réuni au total 180 000 francs. Il s’appelle normalement le Blue Pearl, mais pour cette mission il se nommera Asser & Ayssel, du nom de jumeaux gazaouis tués à l’âge de trois jours par l’armée israélienne, en août 2024.L’activiste de 50 ans, dont c’est la première fois en haute mer, nous emmène faire le tour de l’embarcation, partie mardi du port de Fikinos, en Grèce. Sur le pont, le soleil est franc, le vent souffle et le bleu azur s’étend à l’infini. A tribord, l’île de Serifos; à bâbord, l’île de Sifnos; à l’avant, deux autres voiliers eux aussi habillés de drapeaux palestiniens. Direction le cockpit, où s’affairent les neuf membres d’équipage, dont le capitaine grec, le député LFI François Piquemal, des journalistes et une infirmière française. Puis descente en cabine, où entre les couchettes superposées sont stockés des jerricanes rouges (le bateau est hybride), douze jours de nourriture et, surtout, un maximum de lait maternel en poudre.Voir plus