Andrea Bajani: «La littérature est là pour contester la version officielle»
Roman de libération d’un homme qui rompt avec un père violent et une mère annihilée, «L’Anniversaire» a reçu l’an dernier le Prix Strega. Cette exploration implacable et ultrasensible d’une famille dysfonctionnelle est aussi une déclaration de foi dans le romanC’était le 3 juillet 2025, dans les jardins de la Villa Giulia à Rome, en direct devant les caméras de la Rai 3: le plus important prix littéraire italien, le Prix Strega, était remis à Andrea Bajani pour son roman L’Anniversario. Les 700 votants (bien loin des dix jurés du Prix Goncourt en France) ont donné leur préférence, parmi quatre autres titres, à ce roman implacable, d’une émotion d’autant plus forte qu’elle est contenue, sur une femme, une mère, réduite à l’effacement, à l’annihilation de soi, par un mari tyrannique. Le narrateur est le fils, qui, à 41 ans, rompt avec ses parents, changeant pour cela «de numéro de téléphone, de domicile, de continent». Dix ans plus tard, cet homme, écrivain, prend la plume pour comprendre cette fuite et surtout ce qu’il a fui.Au moment de la remise du Prix Strega, Andrea Bajani, auteur déjà de cinq autres romans, primés et largement traduits, a pris la parole: «Depuis vingt-trois ans que j’écris des livres, je considère la littérature comme une façon de contester la version officielle qui, jusqu’aujourd’hui, est trop souvent encore une version patriarcale. Avec ce roman, je tenais aussi à exprimer la nécessité de contester cette version en tant qu’homme.»Voir plus