«Ce qui luit dans les ténèbres»: le récit autobiographique de Péter Nadas est l'événement littéraire de cette rentrée
Le grand écrivain hongrois relate, à hauteur d’enfant, la terrible épopée de la fin de l’utopie communiste, de 1944 à la révolution de 1956. Un éblouissant exercice de mémoire intime et collective. InterviewLa parution en français de Ce qui luit dans les ténèbres. Souvenirs de la vie d’un narrateur est un événement: ces quelque 1300 pages offrent beaucoup plus qu’une autobiographie. On y trouve certes un roman de formation, mais aussi la naissance et la mort d’une utopie, celle du communisme à visage humain, et un moment de l’histoire des Juifs d’Europe centrale. Tous ces éléments sont pris dans un flux narratif qui suit les méandres d’une mémoire exceptionnelle et se nourrit d’une documentation rigoureuse. Ce qui luit dans les ténèbres est une expérience de lecture radicale. Péter Nadas déploie dans ces Souvenirs un humour qui ne désarme pas devant l’horreur. On y retrouve le talent narratif qui captivait déjà dans Le Livre des mémoires et Histoires parallèles (Plon, 1998 et 2012).La matrice du récit se déroule entre 1944 – pendant le siège de Budapest par l’Armée rouge – et l’écrasement de la révolution de 1956 par les chars soviétiques. Mais la narration déborde sans cesse ce cadre, vers le passé et le futur, en enchaînements, retour des motifs, rebonds. Le premier souvenir de Péter Nadas date de 1944, il a 2 ans et le monde s’écroule devant lui, littéralement, sous les bombes.Voir plus