Le Temps (Suisse)

En vidéo – La batterie plombe-t-elle l’empreinte carbone du vélo électrique?

Les ventes de vélos à assistance électrique sont en constante augmentation depuis 20 ans. Ce moyen de transport reste-t-il pour autant avantageux du point de vue climatique?

Un ménage sur 5 possède un vélo à assistance électrique (VAE) en Suisse. Selon les derniers chiffres publiés par l’Office fédéral de la statistique (OFS), les volumes de ventes augmentent tous les ans depuis 20 ans. Les études sur la question de l’empreinte carbone du cycliste électrisé se succèdent. En 2021, la chercheuse en carboneutralité à Polytechnique Montréal Anne de Bortoli a publié une étude dans la revue Science Direct. Par kilomètre parcouru, il est estimé qu’un vélo à assistance électrique émet l’équivalent de 13 grammes de CO2, si on pédale 20 000 km. Ce chiffre représente l’ensemble du cycle de vie du vélo: fabrication, utilisation, entretien et fin de vie.

C’est plus qu’un vélo musculaire (8 g de CO2e/km) et que le train (7 g de CO2e/km), mais bien moins qu’une citadine électrique (60 à 75 g de CO2e/km) ou que le bus diesel (plus de 130 g de CO2e/km/passager) selon les chiffres de cette étude.

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Sur ces 13 g au kilomètre, quelle est la part de la batterie? Selon les chiffres de cette même étude, pour un vélo en aluminium de 20 kg fabriqué en Chine:

- La production du cadre en aluminium émet 181 kg de CO2e,

- La fabrication de la batterie émet 20 kg de CO2e,

- Et le moteur 37 kg de CO2e.

La plus grande source d’émissions de gaz à effet de serre d’un VAE est donc liée à la fabrication du cadre, même si la batterie va avoir d’autres effets sur l’environnement, à cause de ses composants. A noter qu’un cadre en carbone aurait davantage d’impacts négatifs sur l’environnement. C’est aussi la production, à hauteur de 88%, qui représente la part la plus importante de l’empreinte carbone de ce moyen de transport, devant la maintenance (8%) et l’usage (6%).

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Tout ça est bien sûr à mettre en relation avec le nombre de kilomètres parcourus. En somme: remplacer sa voiture par un vélo électrique représenterait une réduction claire de son empreinte carbone, quand remplacer son vélo musculaire par un vélo électrique, ou acheter un vélo électrique et l’utiliser une fois par an ne fera n’apportera aucun bénéfice.

L’une des solutions principales évoquées par la chercheuse à l’origine de l’étude, c’est d’équiper le vélo musculaire que l’on posséderait déjà, d’un équipement électrique. Ainsi, on se passe des émissions liées à la production d’un autre vélo. Aussi, comme le cadre en aluminium est l’élément le plus énergivore, d’autres matériaux peuvent être exploités, comme l’acier ou le bois.

Quant aux trottinettes et aux vélos électriques en libre-service, ils ne semblent pas si favorables que ça pour le climat. Selon une étude de l’EPFZ, ces moyens de transport émettent plus de CO2 que les moyens de transport qu’ils remplacent, comme le tram, le bus ou le vélo.

https://www.letemps.ch/articles/en-video-la-batterie-plombe-t-elle-l-empreinte-carbone-du-velo-electrique

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