Le Temps (Suisse)
La Suisse en soutien de nouvelle politique anti-drogue onusienne
La Commission des stupéfiants des Nations Unies, à Vienne, a adopté une résolution sur la prévention et la réponse aux overdoses. Elle reconnaît pour la première fois explicitement le concept de réduction des risques. La Suisse a joué un rôle de pionnière dans le domaine
La Commission des stupéfiants (Commission on Narcotic Drugs, CND) des Nations Unies, créée en 1946, est l'entité chargée de l'élaboration de la politique internationale en matière de drogues. Le Secrétariat de la CND est assuré par l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime et décide de l'assujettissement des stupéfiants, des substances psychotropes et des précurseurs au contrôle international.
La Suisse a participé en mars à la 67e session de la Commission, dont elle est membre pour la période 2021-2025. Cette session s'est achevée sur l'adoption d'une résolution qui reconnaît, explicitement et pour la première fois dans l'enceinte de la Commission, l'importance de la réduction des risques, se félicite l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) dans un communiqué publié lundi.
### Suisse pionnièreLa Suisse a joué un rôle de pionnière dans ce domaine depuis plus de 30 ans, rappelle l'OFSP. Elle ½uvre à la promotion d'une politique en matière de drogues donnant la priorité à la santé et aux droits de l'homme. La Suisse était présente à Vienne avec une délégation dirigée par Anne Lévy, directrice de l'OFSP.
Avec sa stratégie des quatre piliers (prévention, thérapie, réduction des risques et répression) et son développement successif vers une stratégie en matière d'addictions, la Suisse a choisi une approche reconnue et respectée sur le plan international.
Le Groupement romand d'études des addictions (GREA) a salué «un tournant salutaire par rapport à la politique punitive menée jusqu'aujourd’hui», lit-on dans un communiqué. Ce revirement, notamment des Etats-Unis, s'explique en partie par la situation en Amérique du Nord, «où les surdoses font plus de 140'000 morts par an alors que de puissantes organisations criminelles mettent à mal l'Etat de droit.»
La guerre à la drogue est un échec cuisant: la production de cocaïne a atteint un chiffre jamais vu de 2304 tonnes en 2023. Le nombre de décès attribuables à l'usage de drogues est au plus haut, avec près de 500'000 morts par an. Pourtant, on estime que le système de prohibition coûte plus de 100 milliards de dollars par année, rappelle le GREA.
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