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Dans les sanctuaires antispécistes, des animaux heureux mais qu'il faut entretenir
Les bêtes «libérées» par les antispécistes atterrissent dans des sanctuaires, fermes aux allures de paradis pour quadrupèdes. Mais s’occuper d’animaux comme des êtres humains est coûteux et énergivore. Les difficultés financières et des déchirements internes aux associations rendent le tableau moins bucolique que prévu.
En guise d’accueil au sanctuaire de l’association antispéciste Co&xister, Yazus, un jeune bœuf à cornes, vient faire trembler le portail. La bête de plusieurs quintaux, «un déchet de l’industrie laitière destiné à l’abattoir», ne semble pas disposée à l’échange social. «Il est très doux, mais c’est un adolescent qui aime tester les limites des personnes qu’il ne connaît pas, explique Virginia Markus, la maîtresse des lieux, tout en saisissant tendrement la tête énorme de l’animal pour éviter qu’il ne charge. Parfois, il peut être brusque et il faut savoir l’appréhender.»
Nous sommes à Frenière-sur-Bex, dans les hauteurs bucoliques du Chablais vaudois. Yazus a eu des débuts difficiles avant d’atterrir dans ce havre alpin — «comme un ange», précise le site de l’association. Né dans les affres de l’agriculture industrielle, le jeune veau a été confié à Virginia Markus par un propriétaire en voie de reconversion vers «un projet plus éthique».
«Mon activité principale consiste à accompagner ces producteurs dans ces gros changements de vie et de commerce, explique Virginia Markus. Pour que la démarche fonctionne, c’est à eux de me contacter lorsqu’ils ont un déclic. Aller toquer à leur porte pour les convaincre de faire cette transition serait illusoire.»
Le sanctuaire compte une petite quarantaine de rescapés. Le chat Elyan, «sûr de lui et téméraire», Mehdi, «lapin indépendant et vif d’esprit», Khamti, agneau à la pureté «bouleversante», Eowyn, «petite (sic) ange au corps de truie handicapée», ou encore sa congénère Root, dont le regard bleu et brun «en dit long sur son passé traumatique»…
Adieu veau, vache, cochon
En plus d’accueillir des animaux libérés de l’exploitation, le sanctuaire de Co&xister est le théâtre d’événements pédagogiques publics destinés à la sensibilisation antispéciste. L’ensemble du projet engloutit chaque mois 10'000 francs, une somme financée par les formations données par l’association et les dons privés.
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