Le Temps (Suisse)
Franz Kafka, un prophète qui s’ignore?
OPINION. Kafka, dont on célébrera le 100e anniversaire de la mort en juin, a moins écrit sur l’Etat et ses dérives bureaucratiques que sur lui-même, estime Olivier Meuwly, mais son œuvre reflète la rupture essentielle que vit la société occidentale au tournant du siècle
Voici cent ans mourait le romancier austro-hongrois, mais Tchèque de naissance, Franz Kafka. L’atmosphère toujours troublante qui enrobe ses écrits, que l’écrivain Max Brod avait reçu l’ordre de détruire le jour de son décès, a suscité maints commentaires. L’ami s’étant montré en la circonstance aussi indélicat avec la mémoire de Kafka que détenteur d’une créance immense de notre part, la postérité a ainsi reçu le droit d’accéder à des œuvres essentielles de l’histoire de la littérature. Mais que nous disent-elles, en définitive?
Kafka, peut-être tout à sa conviction que son extraordinaire production n’était pas appelée à lui survivre, a été l’objet de lourds malentendus, dont une partie au moins ont été dissipés depuis longtemps. Non, malgré l’ambiance bureaucratiquement glauque dans laquelle baignent Le Château, Le Procès ou La Colonie pénitentiaire, l’auteur, qui bifurquera vers le sionisme à la fin de sa vie, n’a nulle intention de plonger son lecteur dans les méandres de l’Etat moderne, alors en plein essor sous ses yeux. Les analyses de quelques grands penseurs, qui ont discerné une critique de la justice dans Le Procès, ne sont pas décisives.
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