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Inquiétudes autour de la Terre sur le retrait russe de l’accord céréalier
Moscou a annoncé se retirer de l'accord sur l'exportation des céréales ukrainiennes. En un an, il a permis de délivrer 33 millions de tonnes dans le monde, dont la moitié pour les pays en voie de développement.
La Russie a finalement choisi de sortir de l’accord céréalier qui la liait à l’Ukraine. Après des semaines de menace, le porte-parole du Kremlin a annoncé le 17 juillet la non-reconduction de l’accord permettant d’exporter des céréales depuis la mer Noire. Le contrat liant les deux géants du blé est «de facto terminé» a conclu Dmitri Peskov, le lendemain d’une attaque par les forces ukrainiennes contre le pont reliant la Crimée au continent. La Russie pourrait cependant revenir sur ce retrait si ses conditions sont remplies.
Pourquoi l’accord est important. Mise en place en juillet 2022 et reconduits à deux reprises, la Black Sea Grain Initiative a permis d’exporter près de 33 millions de tonnes de céréales. «C'était une bonne chose pour l'Ukraine et pour les prix mondiaux des céréales», rappelle David Harland, directeur général du Centre pour le dialogue humanitaire. Les bénéficiaires des marchandises ont été en majorité des pays en développement – même si Moscou prétend le contraire.
#### Lire aussi: [La guerre en Ukraine continue de menacer la sécurité alimentaire de millions de personnes](https://www.heidi.news/articles/la-guerre-en-ukraine-continue-de-menacer-la-securite-alimentaire-de-millions-de-personnes/gifts/s37GjUAKxjhfgNjGWjrBeRcEpZSPkKYaCFb9bvQ7)**Des risques pour les pays importateurs.** Les pays d’Afrique et du Moyen-Orient sont les premiers menacés par un arrêt des transports en mer Noire, dont dépend leur sécurité alimentaire. A l’international, les inquiétudes sont palpables. Le gouvernement allemand, par la voix de sa porte-parole adjointe, a appelé Moscou à revenir sur sa décision et à «rendre possible la prolongation de l’accord».
En Afrique, l’extrême dépendance au blé ou au tournesol en provenance des deux pays belligérants «est telle que toute initiative permettant de détendre l’environnement des échanges est a priori bénéfique», [souligne pour ](https://www.heidi.news/alimentation/le-retrait-russe-de-l-accord-cerealier-montre-que-l-afrique-reste-trop-dependante-des-importations-alimentaires)*[Heidi.news](https://www.heidi.news/alimentation/le-retrait-russe-de-l-accord-cerealier-montre-que-l-afrique-reste-trop-dependante-des-importations-alimentaires)*[ Mègnon Bebada,](https://www.heidi.news/alimentation/le-retrait-russe-de-l-accord-cerealier-montre-que-l-afrique-reste-trop-dependante-des-importations-alimentaires) philosophe et docteur en Sciences politiques.
**Genève, lieu des futures négociations.** Dans les pourparlers céréaliers, la Cité de Calvin a à nouveau démontré son rôle de médiateur géopolitique. «Genève a joué un rôle clé dès le début, souligne David Harland. Les premières négociations entre la Russie et les Nations Unies ont eu lieu à Genève. Le Centre pour le dialogue humanitaire a contribué à l'élaboration du concept \[de l’accord\] et l'Organisation mondiale du commerce a également été impliquée.»
La Turquie a également été un acteur majeur dans les négociations entre les deux belligérants. Et le sera à nouveau à l’avenir, pressent le membre du Conseil consultatif de haut niveau des Nations Unies sur la médiation. L’espoir est en tout cas permis: «Il est possible que l'accord soit ressuscité.» A Ankara, le président Recep Tayyip Erdogan s’est dit convaincu que son homologue russe et «ami» «veut poursuivre l’accord».
**Les exigences des Russes.** Moscou s’est dite prête à rejoindre l’accord, à la condition que ses revendications, brandies par le pays [à plusieurs reprises](https://www.heidi.news/alimentation/exclusif-a-geneve-les-vrais-enjeux-des-tractations-sur-le-ble-entre-kiev-et-moscou), soient satisfaites:
* la livraison de ses propres produits agricoles et d’engrais sans entrave;
* la livraison d’ammoniac, ingrédient de base d’engrais azotés, via le gazoduc Togliatti-Odessa – endommagé en juin dernier par une explosion;
* la connexion de la banque agricole russe Rosselkhozbank à Swift, un réseau de paiement international.
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