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Comment Israël s’est rendu maître de l’eau
Semé de désert, privé de hautes montagnes, l’Etat hébreu s’est vite heurté à la nécessité de trouver de l’eau et d’en faire le meilleur usage, pour la consommation courante et l’agriculture. Ce faisant, Israël s’est affirmé comme un acteur central des technologies de l’eau dans le monde. Le pays gère l’or bleu d’une main de maître, mais aussi d’une poigne de fer.
Quand je la visite, au début du mois de mars, la vallée de Tsin, dans le désert du Néguev, est «verte». Autrement dit, quelques maigres buissons sont venus briser la monotonie du paysage. Le reste n’est que pierre et poussière, et ce camaïeu de beige s’étend sur plus de la moitié du pays. En son cœur, Israël est d’une aridité accablante.
Qui pourrait le croire, en mettant le pied dans les grands centres urbains? Une eau limpide coule dans les salles de bain des baraques à touristes du Néguev. A Tel-Aviv, les ronds-points se parent d’un gazon vert intense, et quelques mètres plus loin les trottoirs scintillent d’humidité. De ressource rare, l’eau est presque devenue abondante.
C’est là le résultat d’une longue quête épique, et d’un effort sans précédent pour maîtriser l’usage de l’or bleu. Le pays est «la plaque tournante mondiale pour les technologies en matière de traitement et de gestion de l'eau», jugeait en 2021 le think tank (israélien) Start-up nation central. Partons à la source du miracle.
Quelques gouttes de génie
Depuis les années 2000, la start-up nation fait figure de pionner mondial du dessalement. Le long de la côte, cinq usines dessalent la mer Méditerranée et fournissent la moitié de la demande domestique en eau (80% selon les autorités). Le reste provient du pompage d’eaux souterraines et de la captation d’eau de surface, notamment dans le lac de Tibériade.
Mais Israël sait surtout être économe. La consommation d’eau par habitant est parmi les plus basses de l’OCDE. Le pays se vante de réutiliser entre 80% et 90% de ses eaux usées pour alimenter les cultures agricoles – un procédé encore interdit en Suisse et dans la plupart des pays tempérés, mais en train de se développer.
Ce miracle, Ram Lisaey, chef du service agronomie de Netafim, n’a pas de mots assez doux pour en chanter les louanges.«La majeure partie de l'eau que nous utilisons est désalinisée, puis recyclée et utilisée. Toute la gestion de l'eau en Israël, on l’apprend à l’université, c'est un travail extraordinaire et unique.»
Ram sait de quoi il parle. C’est sa société, fondée en 1965 dans le kibboutz Hatzerim, qui a introduit l’arrosage au goutte-à-goutte dans les années 60, après sa réinvention par un ingénieur juif polonais. La technique, révolutionnaire, permet des économies d’eau monumentales par rapport aux aspergeurs. Elle fera du kibboutz l’un des plus riches du pays, et d’Israël un leader mondial de la micro-irrigation.
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