Préparer un accouchement physiologique c'est un piège.
On encourage les femmes à se préparer, à se renseigner, à visualiser un enfantement puissant…
Mais le jour J, c’est un système entier qui peut venir balayer ce projet en quelques minutes.
Parce qu’en milieu médicalisé, tout va vite. Trop vite.
Les protocoles enchaînés, le manque de temps, le manque de moyens, la gestion du « risque », les décisions prises sans réel espace de discussion… La cascade d’interventions peut démarrer bien avant que la femme ne comprenne ce qu’il se passe. Et ce n’est pas un manque de préparation : c’est simplement la réalité d’un système où les protocoles priment sur la physiologie.
Résultat : des femmes qui disent « oui » sous pression.
Qui consentent sans être vraiment d’accord.
Qui finissent par croire qu'un accouchement physiologique c'est forcément violent, douloureux, qu'on leur a menti.
Qui sortent de leur naissance avec une impression d’échec, alors qu’elles n’ont jamais eu les conditions nécessaires pour défendre leur propre projet.
Mais à côté de ça, il y a une autre réalité : une femme bien entourée peut vivre un enfantement d’une puissance inouïe. Un moment d’ancrage, de confiance, même d’extase.
Alors, COMMENT FAIRE ?
Déjà, on peut accoucher à la maison, les risques de cascade d'interventions y sont bien moindres ;)
Mais je suis bien consciente que ce n'est pas la solution pour la majorité des femmes aujourd'hui, pour de nombreuses raisons qui mériteraient une publication à part entière.
Dans un accouchement à l'hôpital, le secret n’est pas dans la perfection du plan ni dans le niveau de la préparation. Il est dans la qualité de l’équipe autour d’elle.
Et cette équipe commence souvent… par son partenaire.
Un partenaire formé, informé, engagé peut littéralement changer le cours d’un accouchement. Pas en jouant les héros. Pas en « s’opposant » à tout.
Mais en devenant un rempart : quelqu’un qui ralentit, qui questionne, qui soutient, qui garde le cap quand la femme est plongée dans son vortex.
Parce que le jour de l’enfantement, elle ne peut pas tout porter. Et elle ne devrait jamais avoir à le faire, justement si elle rêve d'un accouchement physiologique.
Et quand les choses ne se passent pas comme prévu - parce que oui, ça arrive souvent, et ce n’est pas un échec - il est essentiel que la femme puisse déposer son histoire.
Écrire son récit, le raconter à une professionnelle formée, libérer ce qui a été blessé, visible ou invisible.
—
Je suis Susana, doula, et je suis là pour accueillir avec écoute et bienveillance TOUS les récits.
Et c'est aussi pour ça que j’ai créé Gardiens de la Naissance : une préparation audio spécialement pensée pour les futurs papas, pour qu’ils puissent réellement occuper cette place de soutien solide, protecteur et informé.
Parce qu’une femme ne devrait jamais avoir à défendre seule son projet de naissance dans un environnement aussi complexe.
Un accouchement physiologique ne devrait pas être un combat.
Mais tant que le système reste ainsi, préparer la femme ne suffit pas. Loin de là, c'est presque contreproductif.
Il faut préparer le couple. Il faut préparer le partenaire.
PS : je parle de partenaire au masculin car c'est à ce public en particulier que je m'adresse aujourd'hui. Les vécus des autres types de couples et des mamans solo méritent eux aussi des ressources, mais qui leur soient dédiées. Un accompagnement vraiment inclusif ne peut pas être être généraliste, au contraire.
#périnatalité #accouchementphysiologique #enfantement #droitsdespatientes #violencesobstétricales #santématernelle #parents #futursparents #culturedutravail #éducationparentale #périnatalitépositive #doula #préparationnaissance #empowermentféminin #naissance