« Tu as été courageuse d’accoucher à la maison. »
C’est une phrase qu’on me dit souvent et presque toujours après avoir appris que j’avais déjà vécu une césarienne. À chaque fois, elle me laisse pourtant un peu perplexe.
Je ne me suis jamais sentie particulièrement courageuse. Au contraire, j’avais peur. Peur d’aller à la maternité, peur de ne pas réussir à refuser la péridurale, peur de ne pas réussir à faire entendre mes choix, peur d’être bousculée ou de ne pas être respectée. Peur de la cascade d’interventions. Peur de revivre une césarienne.
Même en enfantant à la maison, dans un cadre pourtant choisi et préparé, j’ai douté. J’ai désespéré. J’ai demandé à partir à la maternité. J’ai demandé la péridurale. Ce qui m’a aidée à traverser ces moments-là n’avait rien d’héroïque : une sage-femme qui m’a ramenée au réel avec calme et lucidité ("si on fait ça, tu vas sûrement accoucher sur la route") et mon mari qui m’a proposé tout simplement de manger pour reprendre des forces.
Alors quand on me parle de courage, je crois qu’on se trompe souvent d’endroit.
Pour moi, le courage immense est chez les femmes qui partent à la maternité avec un projet d’enfantement physiologique, chez celles qui arrivent à dire non à une péridurale pourtant disponible et régulièrement proposée, chez les couples qui tiennent face à une équipe médicale qui ne soutient pas leur projet de naissance. Il est aussi chez celles et ceux qui parviennent à éviter la cascade d’interventions, ou à s’en extraire malgré tout.
Le courage n’est ni un lieu, ni une méthode, ni une performance. C’est rester actrice de ses choix, même quand la peur est là - et parfois précisément parce qu’elle est là.
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Je suis Susana, doula, et j’accompagne les femmes et les couples à reprendre leur place, leur voix et leur pouvoir de décision, quel que soit le lieu de naissance.
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