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Nicolas Cantu
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Parcours de vingt-cinq ans dans les infrastructures critiques, l’architecture des réseaux, les systèmes distribués et les modèles de résilience. Approche transdisciplinaire et modélisation des systèmes complexes. Bitcoin depuis 2013 entrepreneur depuis 1995 avec 2 exits positives. Fondateur de 4NK avec une fusion de ces domaines : * 4nk.network, la souveraineté des des services Web et une suite complète de protocoles décentralisés, * 4NK Waste & Water avec les infrastructures industrielles autonomes de traitement biologique des déchets organiques. Positionnement critique vis-à-vis des institutions, recherche de solutions opérables à grande échelle en résiliences aux politiques par une souveraineté des parties prenantes : en engrais, en eau, en chaleur, numérique (identité inclue), contractuelle et monétaire.

Analyse technique et critique du BIP-360 sur Bitcoin : Pay to Quantum Resistant Hash. Rempart quantique ? Faille crypto-politique ? (2/2)

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Bitcoin face à l’ordinateur quantique : évaluation raisonnée d’un risque souvent exagéré (1/2) nostr:naddr1qvzqqqr4gupzq0qlrpz2n6wl3j48r3hk79hnrypn0sw40476tqvqlrenyphz6lg3qy2hwumn8ghj7un9d3shjtnyv9kh2uewd9hj7qgawaehxw309ahx7um5wgknqv3w09skk6tgdahxuefwvdhk6tcqz43x7sj9vuu9s5r6vcc9y6z42pg5vdtwtajqx32gv6

Le libéralisme en France, une opposition mal connue aux dystopies nostr:naddr1qvzqqqr4gupzq0qlrpz2n6wl3j48r3hk79hnrypn0sw40476tqvqlrenyphz6lg3qy2hwumn8ghj7un9d3shjtnyv9kh2uewd9hj7qgawaehxw309ahx7um5wgknqv3w09skk6tgdahxuefwvdhk6tcqz4pkwm2svafkwnjgv96xgvfjxdd825z22e6syg60sf

À ceux qui ironisent sur la chute de Bitcoin de 70 % en 2022 nostr:naddr1qvzqqqr4gupzq0qlrpz2n6wl3j48r3hk79hnrypn0sw40476tqvqlrenyphz6lg3qy2hwumn8ghj7un9d3shjtnyv9kh2uewd9hj7qgawaehxw309ahx7um5wgknqv3w09skk6tgdahxuefwvdhk6tcqz494j3jlv9rkjaj5d4m47a3jferxk32kw3rqx544ds

Énergie : le désastre politique français

Pourquoi séparer plus et mieux l'énergie et l'Etat. nostr:naddr1qvzqqqr4gupzq0qlrpz2n6wl3j48r3hk79hnrypn0sw40476tqvqlrenyphz6lg3qy2hwumn8ghj7un9d3shjtnyv9kh2uewd9hj7qq4fe8y7v6dv42kvnzvdpm4snr5f3vkjnfjxsu6drlm

Bitcoin et la préservation des libertés numériques : entre preuve cryptographique et réécriture juridique des faits

La criminalisation des instruments se double d’une capacité à réécrire juridiquement les événements sans garde-fou externe : une transaction peut être juridiquement occultée, une signature techniquement valide annulée, et un acteur exclu rétroactivement du récit des faits et la possibilité d'éclipser des personnes ou des individus exclu l'accès et l'expression des preuves. En l’absence de contre-pouvoir indépendant, la justice cesse de remplir sa fonction d’arbitrage des faits et glisse vers une fonction de mise en conformité politique des comportements.

Bitcoin est la seule alternative résistante aux dérives dystopiques particulièrement actives en Europe et surtout en France.

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Quelle forme d’alternative française aux dystopies ?

Série : La France motrice à la fois actuelle de la dystopie étatique et à la fois historique vers une opposition de type crypto-anarchique

* 1/3 Le risque dystopique en France

* 2/3 Historique français d'une opposition lattente évoluant vers le crypto-anarchisme

* 3/3 Quelle forme d’alternative française aux dystopies ? nostr:naddr1qvzqqqr4gupzq0qlrpz2n6wl3j48r3hk79hnrypn0sw40476tqvqlrenyphz6lg3qy2hwumn8ghj7un9d3shjtnyv9kh2uewd9hj7qgawaehxw309ahx7um5wgknqvfw09skk6tgdahxuefwvdhk6tcqz44hyuj8w39k6enj2d0ku3rgxev5xd35wgusr9afpz

# Historique français d'une opposition lattente évoluant vers le crypto-anarchisme

### Série : La France motrice à la fois actuelle de la dystopie étatique et à la fois historique vers une opposition de type crypto-anarchique

- 1/3 Le risque dystopique en France

- **2/3 Historique français d'une opposition lattente évoluant vers le crypto-anarchisme**

- 3/3 Quelle forme d’alternative française aux dystopies ?

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Série : La France motrice à la fois actuelle de la dystopie étatique et à la fois historique vers une opposition de type crypto-anarchique

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Fondements thermodynamiques et biologiques des stations 4NK de traitement des déchets organiques pour la souveraineté nostr:naddr1qvzqqqr4gupzq0qlrpz2n6wl3j48r3hk79hnrypn0sw40476tqvqlrenyphz6lg3qy2hwumn8ghj7un9d3shjtnyv9kh2uewd9hj7qq4ffd8x56tgym4jn62wejykvzx2fz5jstg2c7yd8mx

Tribune : la solution française pour reprendre le contrôle avec un numérique souverain et sobre

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4NK : Manifeste d'une troisième voie pour un web souverain, sobre et vérifiable

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J'explique le besoin auquel répond 4NK au niveau des infrastructures, mais aussi son positionnement dans l'évolution des technologies de stockage.

Les innovations du stockage de données, on fait naître les géants du numériques qui ont su mettre de nouvelles expériences et de nouveaux modèles depuis ces nouvelles opportunités techniques.

Un nouveau tournant est possible. nostr:naddr1qvzqqqr4gupzq0qlrpz2n6wl3j48r3hk79hnrypn0sw40476tqvqlrenyphz6lg3qy2hwumn8ghj7un9d3shjtnyv9kh2uewd9hj7qgawaehxw309ahx7um5wgknqvfw09skk6tgdahxuefwvdhk6tcqz4rkvcny8ymkjdnhg4f9ju2pvdsk7mjcxdeshf7ra3

J'explique le besoin auquel répond 4NK au niveau des infrastructures, mais aussi son positionnement dans l'évolution des technologies de stockage.

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On oublie parfois d'en parler car c'est invisible dans les usages mais Bitcoin est au coeur de 4NK !

Merci Élie Sader pour avoir motivé ce post !

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Bitcoin Core & Knosts

Le débat dépasse la technique : c’est une lutte de visions sur la gouvernance de Bitcoin, la priorité entre la stabilité du réseau et l’ouverture aux usages innovants.

Deux visions nécessaires, une référence nécessaire, un garde fou nécessaire. nostr:naddr1qvzqqqr4gupzq0qlrpz2n6wl3j48r3hk79hnrypn0sw40476tqvqlrenyphz6lg3qy2hwumn8ghj7un9d3shjtnyv9kh2uewd9hj7qq4t9gj6jnhde29x46ydcek5jr9v9grykrw8y7l9jhy

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Qu’est-ce qu’une adresse Bitcoin révèle avant et après une dépense ?

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Pourquoi le calcul quantique est inadapté au minage ? Articles précédent :

* Analyse technique et critique du BIP-360 sur Bitcoin : Pay to Quantum Resistant Hash. Rempart quantique ? Faille crypto-politique ?

* Bitcoin face à l’ordinateur quantique : évaluation raisonnée d’un risque souvent exagéré

L’idée selon laquelle l’ordinateur quantique pourrait un jour « révolutionner » le minage de Bitcoin revient régulièrement dans le discours médiatique. Cette anticipation repose sur une confusion entre deux domaines distincts : la cryptanalyse post-quantique (concernant la sécurité des signatures numériques) et la preuve de travail (concernant la recherche de hachages SHA-256 valides). Les recherches scientifiques récentes montrent pourtant que le calcul quantique n’offre aucun avantage compétitif pour le minage, ni en théorie, ni en pratique. L’analyse suivante expose les raisons précises : limites algorithmiques, contraintes matérielles, coûts énergétiques, neutralisation protocolaire et absence d’impact économique réel.

Chiffres clés à connaître au préalable :

* 256 bits : taille du hash SHA-256 utilisé pour le minage de Bitcoin.

* 1 chance sur 2²⁵⁶ : probabilité brute qu’un hash aléatoire satisfasse la cible réseau.

* 10 minutes : temps moyen visé par le protocole Bitcoin pour la découverte d’un bloc.

* 2016 blocs : intervalle de recalcul automatique de la difficulté du réseau.

* ≈ 1,23 × 10¹⁹ : nombre moyen d’essais théoriques avec Grover pour une difficulté équivalente à 128 bits.

* 100 à 400 TH/s : puissance de calcul des ASICs modernes (centaines de trillions de hachages par seconde).

* 12 à 35 joules par terahash : rendement énergétique moyen d’un mineur ASIC actuel.

* < 1 nanojoule par hash : efficacité énergétique individuelle d’un ASIC SHA-256.

* 10⁻¹⁴ seconde : temps moyen d’exécution d’un hash SHA-256 sur ASIC.

* 10⁻³ à 1 seconde : durée estimée d’un oracle SHA-256 quantique par itération (même dans un scénario optimiste).

* 10¹¹ à 10¹⁵ fois plus lent : écart de performance entre un oracle quantique et un ASIC classique.

* 10³ à 10⁶ qubits physiques : nécessaires pour stabiliser un seul qubit logique corrigé d’erreur.

* > 10⁹ portes logiques T : profondeur estimée d’un circuit complet SHA-256 quantique tolérant aux fautes.

* 10 à 15 millikelvins : température de fonctionnement typique des systèmes quantiques supraconducteurs.

* Plusieurs kilowatts : consommation d’un seul réfrigérateur à dilution cryogénique.

* Quelques centaines de qubits physiques : capacité maximale des meilleurs processeurs quantiques (Google, IBM, 2025).

* Plusieurs millions de qubits corrigés : requis pour casser une clé ECDSA 256 bits avec l’algorithme de Shor.

* 2²⁵⁶ ≈ 1,16 × 10⁷⁷ : espace de recherche total du hachage SHA-256, non exploitable par Grover au-delà du symbole.

O(2ⁿ) → O(2ⁿ⁄²) : gain théorique maximal de Grover, soit une accélération seulement quadratique.

* 10⁶ à 10⁸ fois plus cher : coût énergétique estimé d’un calcul quantique équivalent à un hachage classique.

Définition d'un oracle SHA-256 quantique

C'est la traduction dans le formalisme du calcul quantique, de la fonction de hachage SHA-256 utilisée dans le minage de Bitcoin. C’est un composant central de l’algorithme de Grover lorsqu’il est appliqué à une fonction de hachage.

Dans un calcul classique, SHA-256 est une fonction déterministe : elle prend une entrée (un bloc de données) et produit un hash de 256 bits. Dans un calcul quantique, cette fonction doit être représentée par une opération unitaire réversible, c’est-à-dire un circuit logique qui transforme un état quantique d’entrée |x⟩ et un registre de sortie |y⟩ selon la règle :

|x, y⟩ → |x, y ⊕ SHA-256(x)⟩

où ⊕ représente une addition bit à bit (XOR). Cet opérateur est appelé oracle quantique, car il « oriente » la recherche de Grover en marquant les entrées dont le hachage satisfait une condition donnée (par exemple, être inférieur à la cible du réseau).

Lors de chaque itération de Grover, l’oracle SHA-256 quantique :

* Calcule le hachage SHA-256 de toutes les entrées possibles en superposition.

* Compare le résultat à une condition (par exemple, « les 20 premiers bits sont égaux à zéro »).

* Inverse la phase des états qui satisfont cette condition.

Cette opération permet ensuite, via des interférences constructives, d’amplifier la probabilité de mesurer une entrée valide à la fin du calcul.

Construire un oracle SHA-256 quantique réaliste implique :

* De convertir les opérations irréversibles du SHA-256 classique (addition modulaire, décalages, XOR, AND, OR) en portes quantiques réversibles.

* D’assurer la cohérence quantique sur des millions de portes successives.

* De maintenir la tolérance aux fautes (correction d’erreurs) sur des milliers de qubits logiques.

En pratique, chaque oracle SHA-256 quantique correspondrait à un circuit extrêmement profond, comprenant des milliards d’opérations élémentaires et nécessitant des millions de qubits physiques.

En résumé, un oracle SHA-256 quantique est la version réversible et unitaire de la fonction de hachage utilisée dans Bitcoin, servant à marquer les solutions valides dans un algorithme de Grover. C’est l’élément théorique qui relie la cryptographie classique au calcul quantique, mais aussi la principale barrière pratique rendant le minage quantique irréalisable.

Nature du problème de calcul

Le minage repose sur la fonction de hachage SHA-256, appliquée deux fois pour chaque bloc : le mineur doit trouver une valeur de nonce telle que le hachage du bloc soit inférieur à une cible fixée par le protocole (la « target »). Ce processus correspond à une recherche exhaustive, où chaque essai est statistiquement indépendant.

La probabilité de succès d’un essai est :

p = T / 2^256 où T représente la cible du réseau.

Le nombre moyen d’essais nécessaires pour trouver un bloc valide est donc :

N_classique = 1 / p

Dans ce modèle, chaque essai est un calcul de hachage, et les mineurs ASIC actuels en réalisent plusieurs centaines de trillions de hachages par seconde, grâce à une architecture massivement parallèle et optimisée pour un rendement énergétique de quelques dizaines de joules par terahash.

L’illusion de l’accélération quantique

L’algorithme de Grover (1996) permet d’accélérer la recherche d’un élément particulier dans un espace non structuré. Sa complexité passe de O(2^n) à O(2^(n/2)). Appliqué au minage, cela réduirait le nombre moyen d’essais à :

N_Grover ≈ (π/4) × 1 / √p soit un gain théorique de facteur quadratique.

Prenons un exemple simple : Si la probabilité de succès est p = 2⁻¹²⁸, alors : – N_classique = 2¹²⁸ – N_Grover ≈ (π/4) × 2⁶⁴ ≈ 1,23 × 10¹⁹

Même dans le meilleur scénario, ce gain reste marginal au regard des contraintes physiques de mise en œuvre. Le minage quantique ne multiplie donc pas la vitesse par 10⁶ ou 10⁹ ; il ne fait que réduire la complexité exponentielle d’un facteur quadratique. Cette amélioration est arithmétiquement insuffisante pour concurrencer des fermes ASIC dotées de millions de circuits parallèles.

Implémentation réelle du SHA-256 quantique

Le principal obstacle réside dans la profondeur et la stabilité des circuits nécessaires pour exécuter le SHA-256 sous forme quantique. Une étude de référence (Amy et al., SAC 2016) estime que l’implémentation de SHA-256 avec correction d’erreurs quantiques nécessiterait plusieurs milliards de portes logiques T et des millions de qubits physiques. À titre de comparaison, les meilleurs processeurs quantiques expérimentaux (Google, IBM, Rigetti) manipulent aujourd’hui quelques centaines de qubits physiques, avec des taux d’erreur par porte compris entre 10⁻³ et 10⁻² et des temps de cohérence de l’ordre de la microseconde.

Même en supposant la disponibilité d’un ordinateur quantique tolérant aux fautes (FTQC), la profondeur de circuit de l’algorithme de Grover sur SHA-256 dépasserait largement la fenêtre de cohérence des qubits actuels. Le coût de correction d’erreurs, qui exige de 10³ à 10⁶ qubits physiques par qubit logique, rend toute application industrielle impraticable.

Limites énergétiques et matérielles

Contrairement à une idée reçue, un ordinateur quantique ne consomme pas « zéro énergie ». Les dispositifs supraconducteurs ou à ions piégés nécessitent un refroidissement à des températures proches du zéro absolu (10 à 15 mK), grâce à des réfrigérateurs à dilution coûteux et énergivores. La consommation d’un seul système cryogénique dépasse déjà plusieurs kilowatts pour quelques centaines de qubits, sans compter les instruments de contrôle micro-ondes et les alimentations haute fréquence.

Or, le minage est un processus massivement parallèle : il faut exécuter des milliards de calculs indépendants par seconde. Le calcul quantique, au contraire, est séquentiel, chaque itération de Grover dépendant de la précédente. Ainsi, même si un ordinateur quantique pouvait effectuer un hachage « plus intelligent », son débit global serait des ordres de grandeur inférieurs à celui des ASIC spécialisés, dont le rendement énergétique par opération est inférieur à 1 nanojoule.

Les travaux de 2023 (« Conditions for advantageous quantum Bitcoin mining », Blockchain: Research and Applications) confirment que le coût énergétique et la latence du contrôle quantique neutralisent tout avantage théorique. Autrement dit, le calcul quantique est inadapté à la structure du PoW, fondée sur la répétition ultra-rapide d’une fonction simple, non sur un calcul profond et cohérent.

L’ajustement de la difficulté : neutralisation protocolaire

Même en admettant qu’un acteur découvre une méthode quantique plus rapide, le mécanisme d’ajustement de la difficulté du protocole Bitcoin rendrait cet avantage transitoire. La difficulté est recalculée toutes les 2016 blocs pour maintenir un intervalle moyen de 10 minutes. Si un mineur « quantique » doublait le taux de hachage global du réseau, la difficulté serait doublée à la période suivante, ramenant le rendement à la normale. Ainsi, le calcul quantique ne pourrait jamais « casser » le minage : il serait simplement intégré dans l’équilibre économique du réseau, puis neutralisé.

Le seul risque résiduel serait la centralisation : la possession d’un matériel quantique exceptionnellement performant par un acteur unique pourrait temporairement déséquilibrer le marché du hashpower. Mais ce risque est de nature économique, non cryptographique, et reste improbable compte tenu des coûts d’investissement nécessaires (infrastructures cryogéniques, maintenance, ingénierie avancée).

Différencier les risques : signatures contre hachage

Il faut distinguer deux menaces distinctes :

* Le hachage (SHA-256) : utilisé pour le minage, il résiste aux attaques quantiques, car Grover ne confère qu’un gain quadratique.

* Les signatures (ECDSA) : utilisées pour prouver la propriété d’une adresse, elles seraient vulnérables à l’algorithme de Shor (1994), capable de calculer des logarithmes discrets.

C’est donc la couche de signature, non celle du minage, qui justifie les travaux de transition post-quantique. Les estimations récentes évaluent à plusieurs millions de qubits corrigés les ressources nécessaires pour casser une clé ECDSA 256 bits. En 2025, aucun système n’approche cette échelle : les processeurs logiques corrigés se comptent en unités, non en milliers.

Les véritables progrès de 2024-2025 : des avancées sans impact minier

Les annonces récentes de progrès — par exemple, la stabilisation de qubits logiques corrigés d’erreurs sont des étapes importantes, mais elles concernent la fiabilité expérimentale, pas la puissance calculatoire. Un calcul quantique utile pour le minage impliquerait des milliards d’opérations cohérentes et répétées, ce que les qubits actuels ne peuvent soutenir. Même une percée majeure dans la correction d’erreurs ou la modularité n’inverserait pas le constat : l’architecture quantique reste incompatible avec la nature massivement parallèle, faible profondeur et haute fréquence du minage.

Les explications suivantes sont un peu plus complexes, voici quelques bases préalables

Les notions de bits, de pool mining et de bornes de difficulté peuvent paraître abstraites. Voici une vulgarisation claire de ces trois éléments essentiels pour comprendre le fonctionnement réel du minage.

MSB et LSB

Dans un nombre binaire de 256 bits (comme le résultat d’un SHA-256), les MSB (Most Significant Bits) sont les bits de gauche : ils représentent les valeurs les plus lourdes dans le nombre. Les LSB (Least Significant Bits) sont ceux de droite, qui changent le plus souvent mais influencent peu la valeur globale. Quand on parle de trouver un hash « avec des zéros en tête », cela signifie que les MSB doivent être nuls : le hachage commence par une longue série de zéros. Les mineurs varient un petit champ de données appelé nonce pour que le hachage final respecte cette contrainte. La difficulté du réseau est précisément le nombre de MSB que le hash doit présenter à zéro.

Fonctionnement des pools

Le minage est aujourd’hui organisé en pools, des regroupements de mineurs qui travaillent ensemble et se partagent la récompense. Chaque mineur reçoit des tâches simplifiées : il ne cherche pas à valider le bloc complet, mais à produire des shares, c’est-à-dire des hachages dont la difficulté est inférieure à une cible beaucoup plus facile que celle du réseau. Ces shares servent de preuve de participation : plus un mineur en fournit, plus sa part de la récompense du bloc final sera grande. Le serveur de pool ajuste en permanence la difficulté individuelle (vardiff) pour équilibrer les vitesses : un mineur trop rapide reçoit des tâches plus difficiles, ce qui empêche tout avantage injustifié.

Bornes inférieure et supérieure du minage

Le protocole Bitcoin fixe deux seuils de difficulté qui encadrent tout le processus de minage. La borne supérieure correspond à la cible du réseau : pour qu’un bloc soit validé, le hash de son en-tête doit être inférieur à cette valeur. Plus la cible est basse, plus il faut de zéros en tête du hash, donc plus le bloc est difficile à trouver. À l’inverse, la borne inférieure correspond à la difficulté de travail assignée par les pools à chaque mineur, bien plus facile à atteindre. Elle sert uniquement à mesurer la participation individuelle.

Le serveur de pool ajuste ces bornes en permanence. Si un mineur trouve trop de shares trop vite, la pool augmente la difficulté de ses tâches. S’il en trouve trop lentement, elle la réduit. Ce mécanisme — appelé vardiff — élimine de fait les comportements extrêmes : les mineurs trop rapides ne gagnent pas plus, ceux trop lents sont naturellement exclus, car leurs shares deviennent trop rares pour être rentables.

Grâce à ce système d’équilibrage, la puissance de calcul de chaque mineur reste proportionnelle à sa contribution réelle, sans possibilité d’avantage durable. Les bornes supérieure et inférieure assurent ainsi une stabilité globale du réseau et une équité locale dans la répartition du travail.

Comprendre l’illusion du « Grover partiel »

Une idée revient souvent : appliquer l’algorithme de Grover non pas sur les 256 bits entiers du hachage SHA-256, mais uniquement sur une partie des bits les plus significatifs (les « MSB »), puis compléter le reste classiquement. Cette approche, dite de Grover partiel, semble logique : si la recherche porte sur un espace réduit (par exemple 40 bits au lieu de 256), le nombre d’itérations nécessaires diminue d’autant, selon la règle √(2^r). En théorie, cela pourrait permettre d’obtenir plus rapidement des shares de faible difficulté dans une pool de minage.

En pratique, cette approche ne change rien à la réalité du calcul. Chaque itération de Grover nécessite d’exécuter l’intégralité du SHA-256 pour évaluer la condition sur les bits de poids fort. Il est impossible de “tronquer” le hachage ou de tester partiellement une fonction de hachage cryptographique sans la calculer entièrement. Autrement dit, on répète moins d’itérations, mais chacune coûte tout autant — et des millions de fois plus cher qu’un hash classique sur ASIC.

De plus, Grover ne permet pas de produire plusieurs solutions corrélées. L’état quantique s’effondre dès la première mesure : pour trouver une autre solution, il faut tout recommencer. Contrairement au calcul classique, on ne peut pas réutiliser le résultat pour générer des variantes voisines ou de multiples shares proches.

Enfin, même si un mineur quantique obtenait une légère accélération locale sur les shares, cette différence serait aussitôt neutralisée par les mécanismes de régulation automatique des pools, qui ajustent dynamiquement la difficulté de chaque mineur. Le protocole est conçu pour maintenir un équilibre entre tous les participants, quelle que soit leur vitesse.

En résumé, le « Grover partiel » n’apporte aucun avantage pratique : le gain quadratique reste purement théorique, annihilé par la lenteur, la décohérence et les contraintes physiques du calcul quantique. Même appliqué à une portion réduite du hachage, le coût énergétique, temporel et structurel d’un tel processus dépasse de plusieurs ordres de grandeur celui des mineurs classiques.

Autres objections possibles

« L’algorithme de Grover’s algorithm peut traiter plusieurs solutions (multiple-solutions search) » Source : PennyLane Codebook sur “Grover’s Algorithm | Multiple Solutions” explique la généralisation de l’algorithme pour trouver M solutions dans un espace de taille N.

Réponse : en théorie, trouver M solutions réduit la complexité à O(√(N/M)). Cependant :

* Dans le contexte du minage, “solutions” correspondraient à hachages valides pour la cible de difficulté. Mais l’oracle quantique doit toujours tester la fonction de hachage complète pour chaque entrée, donc le coût reste maximal par itération.

* Le fait d’avoir plusieurs solutions M ne change pas la latence ou la profondeur du circuit : on reste limité par la correction d’erreurs et la cohérence.

* Pour de grandes valeurs de N (≈ 2²⁵⁶) et de faibles M (target très rare), √(N/M) reste astronomique. Donc, même en adoptant la “multiple-solutions” variante de Grover, les contraintes matérielles et temporelles rendent l’application au minage toujours impraticable.

« Si un mineur quantique apparaissait il pourrait provoquer plus de forks / réorganisations Source : l’article académique “On the insecurity of quantum Bitcoin mining” (Sattath, 2018) évoque que la corrélation des temps de mesure pourrait accroître la probabilité de forking.

Réponse : cet argument est intéressant mais largement spéculatif et repose sur l’hypothèse que un mineur quantique ultra-rapide fonctionnerait. Toutefois :

* Le scénario exigeait un mineur quantique capable d’atteindre un rythme comparable ou supérieur aux meilleurs ASIC, ce qui n’est pas réaliste aujourd’hui.

* Même si un tel mineur existait, la majoration de forks ne découle pas forcément d’un avantage minier généralisé mais d’une stratégie opportuniste. Cela ne remet pas en cause l’adaptation du réseau, l’ajustement de la difficulté ou les mesures de sécurité.

* Le fait que des forks puissent se produire ne signifie pas que le minage quantique soit viable ou avantageux : le coût demeure prohibitif. En résumé, cette objection peut être formalisée, mais elle ne constitue pas une preuve d’avantage quantique efficace dans le contexte réel.

Conséquences économiques et énergétiques

Les fermes ASIC modernes fonctionnent à pleine efficacité énergétique, autour de 12 à 35 J/TH. Un ordinateur quantique cryogénique, même parfaitement optimisé, aurait un rendement plusieurs ordres de grandeur inférieur, en raison des coûts de refroidissement, de contrôle et de correction d’erreurs.

Le calcul quantique est donc anti-économique pour le minage :

* il requiert une architecture centralisée ;

* il ne permet pas la duplication à grande échelle ;

* il ne réduit pas la consommation énergétique totale ;

* il n’améliore pas la sécurité du réseau.

Conclusion

Le calcul quantique, dans son état actuel et prévisible, est fondamentalement inadapté au minage de Bitcoin :

* Sur le plan algorithmique, l’accélération quadratique de Grover reste insuffisante face à la complexité exponentielle du hachage.

* Sur le plan matériel, la correction d’erreurs et la décohérence limitent toute tentative de parallélisation à grande échelle.

* Sur le plan énergétique, le refroidissement cryogénique et la complexité du contrôle rendent toute opération industrielle inefficiente.

* Sur le plan protocolaire, le mécanisme d’ajustement de difficulté neutralise tout avantage transitoire.

* Sur le plan économique, la centralisation nécessaire au maintien d’une infrastructure quantique détruirait la résilience du réseau et serait donc exclue des récompenses par les noeuds (qui décident).

La menace quantique pour Bitcoin concerne exclusivement les signatures cryptographiques (ECDSA) et non la preuve de travail (SHA-256). En l’état des connaissances et des projections technologiques, aucune perspective crédible ne permet d’imaginer un avantage du calcul quantique pour le minage, ni même une rentabilité énergétique.

Le mythe du « quantum miner » relève donc davantage de la spéculation médiatique que de la science appliquée. Bitcoin, conçu pour s’adapter et ajuster sa difficulté, demeure aujourd’hui et pour longtemps résilient face à la révolution quantique.