Le Temps (Suisse)
Martin Faye, journaliste: «Au Mali, les tentatives d’influence russe nous amènent à faire preuve d’encore plus de rigueur»
Intimidations, arrestations, propagande: au Mali, les journalistes sont exposés à de nombreux risques depuis les deux coups d’Etat et l’arrivée de la Russie, qui investit le pays. A Studio Tamani, l’un des programmes radios les plus écoutés du pays, on continue d’informer, coûte que coûte
Au Mali, la voix de la société civile se réduit comme peau de chagrin. Dernier épisode en date? La junte annonçait il y a deux semaines la dissolution de l’Association des élèves et étudiants du Mali, au motif qu’elle est responsable de violences dans le milieu scolaire. Les Nations unies se disent «profondément préoccupées» par la dissolution d’organisations de la société civile et plus largement par des «restrictions croissantes» aux droits humains et aux libertés fondamentales. Les médias ne sont pas en reste: les atteintes à la liberté de la presse se multiplient et les journalistes restent fragilisés par la situation économique et politique.
Autre source d’inquiétude pour les journalistes: Moscou commence à investir l’espace médiatique malien. Depuis 2020 et le coup d’Etat des colonels, le pays a opéré une réorientation stratégique: terminé la vieille entente avec la France, la junte s’est tournée vers la Russie. L’alliance est militaire – des mercenaires russes, dont Africa Corps (ex-Wagner) assistent l’armée malienne face aux djihadistes – politique mais aussi médiatique: «Au Mali, la Russie essaie aujourd’hui de mettre la main sur certains médias en leur proposant des partenariats», explique le journaliste Martin Faye, représentant de la Fondation Hirondelle au Mali et directeur de la radio Studio Tamani. A Bamako, la jeune équipe de Studio Tamani, créé par la Fondation Hirondelle, qui diffuse en cinq langues à travers un réseau de 85 radios et télévisions locales partenaires, protège jalousement son indépendance.
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Le Temps (Suisse)
Le légendaire magazine «Life» va renaître une nouvelle fois
La publication emblématique, associée au grands reportages photographiques, va à nouveau être éditée régulièrement, sur papier et en numérique, a annoncé vendredi le groupe Bedford Media
Le légendaire magazine américain Life, grand titre du XXe siècle célèbre pour ses photos, va être ramené à la vie par la mannequin et entrepreneure Karlie Kloss, a annoncé jeudi la société dont elle est PDG. Bedford Media a fait part dans un communiqué du retour de «Life Magazine sur papier et en distribution numérique, dans le cadre d’un accord avec (l’éditeur) Dotdash Meredith pour relancer Life en tant que publication à fréquence régulière».
Le montant de la transaction n’a pas été dévoilé, pas plus que la date de la résurrection. «Nous voyons Life comme une voix qui inspire et unifie dans un paysage médiatique chaotique», a affirmé Karlie Kloss, citée dans le texte.
«Josh et moi sommes honorés de continuer l’héritage de _Life_», a-t-elle ajouté sur Instagram, en allusion à son mari, l’investisseur Joshua Kushner, qui sera propriétaire du magazine. Il est par ailleurs le frère du beau-fils de Donald Trump, Jared Kushner.### Relancer «des marques emblématiques»
Créé en 1883, racheté et transformé en 1936, le magazine a longtemps été un fleuron du photojournalisme, publiant les grands noms Robert Capa, Alfred Eisenstaedt et Margaret Bourke-White. Des stars de cinéma aux guerres, _Life_ a tenu la chronique du siècle pendant des décennies.
Mais après des années de déclin, il a connu diverses fortunes: hebdomadaire, il est passé à une diffusion intermittente puis mensuelle, avant de s’éteindre puis de renaître et enfin de survivre en ligne avec ses archives dans les années 2000.
Récemment formée, Bedford Media se définit comme une société qui entend associer «des marques emblématiques avec de nouvelles manières de faire des affaires et d’atteindre le public». Elle a déjà acquis il y a quelques mois le magazine _i-D_, spécialisé dans la mode.
Le communiqué précise que Dotdash Meredith «continuera de détenir l’intégralité des droits sur les archives photographiques et le contenu de _Life_, qui remontent aux années 1930». L’éditeur continuera également de publier des hors-séries estampillés du logo rouge et blanc de _Life_.
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Le Temps (Suisse)
Comment le fromage peut servir à trouver de l’or
Les appareils électroniques contiennent d’infimes quantités d’or difficile à récupérer. Mais une méthode pourrait tout changer et elle implique l’utilisation de lactosérum, un déchet de la production laitière
Dans ce laboratoire de Zurich, au milieu des microscopes, des spectromètres et des multiples appareils électroniques, il y a aussi… des vieux restes de fromage! Un cocktail étonnant qui est pourtant au cœur d’une étudeparue dans la revue Advanced Materials, et écrite par de véritables chercheurs d’or. «Nous créons une sorte d’éponge à partir des déchets de la production laitière, résume le principal auteur, Raffaele Mezzenga, chercheur au département de sciences et technologie de l’ETH Zurich. Et avec ce dispositif, nous pouvons récupérer l’or contenu dans les appareils électroniques usagés.»
L’idée a de quoi faire sourire, voire laisser l’interlocuteur pour le moins sceptique, mais il s’agit d’un processus qui n’est pas nouveau, et l’usage fait ici n’est que le dernier exemple d’une longue série de recherches destinées à valoriser deux types de déchets qui n’ont rien à voir mis à part le fait d’être jugés irrécupérables: le fromage et les puces électroniques.
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Le Temps (Suisse)
Fribourg-Gottéron domine Lugano et jouera les demi-finales des play-off
Battant Lugano 4-2, Fribourg-Gottéron jouera les demi-finales des play-off de National League
Fribourg-Gottéron jouera les demi-finales des play-off de National League. Les Dragons ont obtenu leur qualification en s’imposant 4-2 contre Lugano dans l’acte VII décisif.
Comme lors des six premiers matches, l’équipe qui a ouvert le score a remporté la partie. Après un round d’observation entre deux équipes jouant leur saison, Niklas Schlegel, qui venait de perdre sa canne après avoir été sauvé par son poteau, s’est fait surprendre par la vitesse de Killian Mottet derrière son but (18e).
### Christoph Bertschy offre deux longueursChristoph Bertschy, pénalisé juste avant la première sirène, a ensuite donné deux longueurs d’avance aux Dragons en mettant fin au passage à un mutisme long de 16 matches. A l’instant où il est revenu sur la glace, l’attaquant a reçu une offrande de Sandro Schmid avant de tromper Schlegel entre les jambes (22e).
Le break en poche et alors qu’ils évoluaient à 5 contre 4, les Fribourgeois ont concédé un premier but tessinois. Un tir en revers précis de Daniel Carr a battu Reto Berra, lui aussi séparé de sa crosse quelques instants plus tôt (25e).
### Ce fut tendu jusqu’au bout
Les hommes de Christian Dubé ont toutefois corrigé cette bévue quelques minutes plus tard en power-play. Chris DiDomenico, bien décalé par Ryan Gunderson, a redonné un peu d’air à ses couleurs d’un puissant tir sur réception (30e).
Mais en voyant Calvin Thürkauf dévier du patin un puck au fond des filets de Berra (40e), les 9095 spectateurs fribourgeois ont compris qu’ils allaient devoir retenir leur souffle jusqu’au bout. Après quatre minutes sans craquer à 4 contre 5 et un but de Bertschy dans la cage vide, ils ont finalement pu laisser éclater leur joie.
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Le Temps (Suisse)
Mathilde Gremaud: «Toute mon enfance m’a préparée au freestyle»
Championne olympique en 2022, la freestyleuse de 24 ans vient de mettre un terme à la meilleure saison de sa carrière. Elle a reçu Le Temps chez elle, en Gruyère, pour évoquer l’origine de sa passion, ses sources d’inspiration et le caractère artistique de son sport
Les trois globes de cristal sont posés sur la table du salon familial. Deux petits pour les catégories big air et slope-style, un grand pour le classement général park & pipe. Mathilde Gremaud les regarde du coin de l’œil, sourire en coin. La skieuse freestyle de La Roche, en Gruyère, a pour ainsi dire tout gagné cette saison.
Dans une discipline où le niveau augmente d’année en année, cela fait d’elle une prétendante légitime au titre de meilleure athlète de tous les temps, rien que ça. Elle s’amuse de la réflexion. Ce n’est bien sûr pas la première fois qu’elle y est confrontée, mais elle garde la tête froide. «Il m’a fallu deux ans pour réaliser que j’étais championne olympique après ma médaille d’or en slope-style à Pékin, lance-t-elle. Peut-être que dans quelques années, je me rendrai compte de la valeur de cet hiver 2023-2024…»
Peut-être aussi qu’il y en aura d’autres du même ordre? La jeune athlète de 24 ans n’a en tout cas aucune envie d’arrêter la compétition, ni de changer quoi que ce soit à une vie qui la comble, comme elle s’en ouvre dans un grand entretien accordé au «Temps» juste avant de prendre la route de l’Italie et des vacances.
**Le Temps: Vous rappelez-vous de votre tout premier saut sur des skis?**
**Mathilde Gremaud:** J’ai deux souvenirs assez nets. Ce qui est marrant, c’est que je ne suis pas sûr de leur ordre chronologique. Le premier, c’est au snowpark de Nendaz, où mon oncle possède un chalet, peut-être en 2008 ou 2009. J’étais avec mon cousin Julien, qui a quatre ans de plus que moi. Il était dans ce truc de freestyle, il portait des baggys, et il m’a appris à faire un «trois-six» [rotation à 360°, soit un tour complet en l’air]. Je l’ai vu faire, j’ai voulu essayer, il m’a donné dix secondes d’explication: «OK, tu prends un peu d’élan avec tes bras sur le côté de ton corps, tu sautes, et puis tu tournes.» Je me suis lancée, j’ai atterri sur mes pieds. Je me suis dit: «Ah ouais! Je peux faire ça! Cool!»
**Et le deuxième souvenir?**
Quand j’ai lancé mon premier front-flip [saut périlleux avant], avec des skis de slalom, sur un saut au bord d’une piste de La Berra. Avec tous les enfants du village, on allait emprunter une pelle, on construisait un saut, puis on essayait des trucs toute la journée.
**Tous les gosses ne font pas des sauts périlleux au bord de la piste de ski…**
C’était tout une ambiance. A la maison, il y avait un trampoline, donc j’avais l’habitude de tourner sur moi-même. Et mes cousines, qui faisaient de la gymnastique, me montraient certaines choses aussi. C’est un peu normal, je crois, pour un enfant qui joue tout le temps dehors, d’essayer de reproduire ce que les autres font. Parfois, c’était un peu débile. A l’école, il y avait des barres le long d’une façade pour permettre l’évacuation du bâtiment en cas de problème, un peu comme celles qu’utilisent les pompiers. Evidemment, on y grimpait souvent. Jusqu’à mi-hauteur, les profs ne disaient rien. Mais une fois, je suis montée tout en haut. J’étais heureuse, je disais: «Regardez ce que j’ai réussi à faire!» Mais en bas, tout le monde a eu super peur pour moi… Dans la région, c’est une anecdote que les gens racontent à mon sujet pour dire qu’ils ne sont pas surpris du sport que j’ai choisi.

**C’était quoi l’idée? «J’ai un corps, voyons ce dont il est capable?»**
Ouais, quelque chose du genre. Mon corps fonctionne bien, je vais en profiter. J’ai aussi fait de l’athlétisme quand j’étais petite. Au fond, toute mon enfance m’a préparée au freestyle.
**Parce qu’à l’époque des premiers «trois-six», vous n’aviez pas l’impression d’en faire?**
Pas du tout, je n’avais aucune référence. L’entrée du freestyle aux Jeux olympiques, c’est en 2014 à Sotchi. Et les réseaux sociaux, dont Instagram qui est très important dans le milieu aujourd’hui, n’étaient pas encore ce qu’ils sont devenus. Je ne savais même pas que ça existait, le freestyle, comme discipline sportive.
**Comment y êtes-vous arrivée, alors?**
J’adorais faire des sauts, mais ça se limitait à deux passages au snowpark pendant une journée de ski avec mes parents… Un jour, on a entendu parler d’une compétition au Moléson. Ma mère m’y a emmenée. C’était super drôle, car c’était très mal organisé, il n’y avait pas d’horaire, il ne se passait rien. Mais en attendant, tous les participants skiaient sur les deux rails et le saut à disposition. J’ai remarqué deux garçons qui essayaient de poser une figure que je ne connaissais pas sur un rail. L’un y arrivait bien, l’autre moins, j’ai tenté à mon tour et j’ai réussi. Du coup, ils m’ont acceptée, j’ai skié toute la journée avec eux et j’ai appris quatre ou cinq nouvelles figures en une seule journée. Au bout d’un moment, on nous a mis des dossards et le concours a commencé. Ma mère, qui était habituée à l’organisation millimétrée de l’athlétisme, n’y comprenait rien, elle a eu l’impression de poireauter pendant des heures pour pas grand-chose. Moi? J’ai passé une des meilleures journées de ma vie. Et j’ai rencontré des gens de l’association Ski-Romand, qui m’ont expliqué qu’ils avaient une équipe de freestyle, qu’ils participaient à des compétitions tous les week-ends. J’étais là: «Ah, ça existe? Cool.» J’ai skié avec eux pendant deux ans. C’est en 2016, lorsque j’ai participé aux Jeux olympiques de la jeunesse, que je me suis dit que c’était vraiment ce que je voulais faire de ma vie. J’avais déjà 16 ans, mais avant ça, dans mon esprit, je ne m’entraînais pas, j’allais juste skier.
**Sans objectif, sans pression…**
Exactement. Juste du fun. Après, ça n’empêche pas d’apprendre plein de choses, d’acquérir de nouveaux tricks. A cette période, beaucoup de gens m’ont donné des petits conseils fondateurs. Dans le groupe de Ski-Romand, il y avait un Alex, qui m’a un jour dit que sur les rails, quand tu mets tes skis en travers, il faut regarder le bout de la structure, ça aide à garder l’équilibre. C’est tout bête, mais c’est quelque chose que j’ai encore en tête aujourd’hui.
**Votre culture du freestyle s’est donc construite petit à petit? Vous n’aviez pas au départ un catalogue de figures que vous souhaitiez passer les unes après les autres?**
Non, pas du tout, au contraire. Il y a certains tricks que j’ai passés avant de savoir comment ils s’appelaient… Je voyais un truc sur Youtube, j’essayais de le reproduire, voilà. Ce n’était pas du tout structuré. Aujourd’hui, ça l’est un peu plus pour les jeunes. Si tu réussis un «trois-six» à gauche, on va te dire de le passer à droite aussi. La méthode s’est sans doute un peu étoffée, même si, bien sûr, mes premiers coachs me disaient déjà l’importance de savoir tourner dans tous les sens.
**Et maintenant? Comment faites-vous, à votre niveau, pour acquérir une nouvelle figure?**
Ça part toujours d’une inspiration extérieure. Je regarde une vidéo, ce que fait le rider me plaît, ou alors j’aime son style, bref, j’ai envie d’essayer. D’abord, je me repasse la vidéo. Ensuite, je passe au travail de visualisation: j’imagine l’athlète en train de réaliser la figure, plusieurs fois. Quand j’ai l’impression d’avoir intégré tous les détails, je continue la visualisation, mais ce n’est plus l’athlète que je vois, mais moi à sa place. Avec mes traits, mes skis, mon style, parce que c’est toujours un peu différent. Chacun a sa technique, mais moi je ne «vois» pas la scène comme si je la vivais, c’est-à-dire avec l’image captée par mes yeux, mais comme si elle était filmée par un drone placé légèrement au-dessus.
**Vous faites ça au calme, les yeux fermés, dans le noir?**
Yeux fermés, yeux ouverts. Seule, avec du monde. Dans le calme, quand il y a du bruit. Ça varie. En fait, ça peut me prendre à n’importe quel moment, car je dois bien dire que je pense souvent au ski. Si, au milieu d’une conversation, je ne dis tout à coup plus rien, c’est sans doute que j’ai commencé à visualiser la figure sur laquelle je travaille sur le moment.
**Merci de prévenir!**
[Rires] J’évite de le faire avec des personnes qui ne sont pas du milieu.
**Et une fois que le processus de visualisation est terminé?**
Je passe au travail sur l’air-bag [un gros coussin d’atterrissage utilisé à l’entraînement]. En fait, je ne passe sur la neige qu’une fois que la figure est vraiment acquise. C’est vraiment la dernière étape. On ne la précipite pas, parce que l’idée est de retomber sur ses pieds, au pire avec quelques petits réglages à faire, mais il ne faut pas se prendre une grosse boîte, car c’est mauvais pour la santé et la confiance. Autre aspect: on part toujours du très facile pour aller vers le plus compliqué. Si la finalité est de poser un «double quelque chose», je vais commencer par maîtriser le simple.
**L’inspiration, puisque vous êtes la meilleure freestyleuse du moment, vous la trouvez surtout chez les hommes?**
Pas forcément, non. Il y a des filles qui font des trucs incroyables. Par ailleurs, nous sommes dans un milieu particulier, où tout le monde ne fait pas de compétition. Il faut cocher pas mal de cases pour y avoir du succès, surtout sur le long terme. Certains et certaines envoient du très lourd en marge de ce monde-là.
**Les figures qui vous intéressent, ce sont nécessairement celles qui peuvent vous faire gagner?**
Pas forcément. Certaines, oui, je me dis qu’elles seraient utiles en compétition. Mais nous pratiquons un sport où l’image est importante en soi, et il est aussi très intéressant de développer des tricks pour un shooting ou pour une vidéo. Certains peuvent être super spectaculaires à voir, et très satisfaisants à réaliser, mais pour autant je ne les présenterais jamais en compétition car je sais qu’ils ne paieraient pas.
**Et donc, regarder des vidéos sur Instagram fait vraiment partie du job?**
Oui, clairement. Ne serait-ce que pour s’informer de ce qu’il se fait. Après, tout le monde ne met pas tout sur Instagram. Tu peux aussi préparer quelque chose en secret, pour ménager l’effet de surprise.
**En 2020, vous êtes devenue la première femme à poser un switch double cork 1440 à l’entraînement, et vous l’avez directement fait savoir. Pourquoi ne pas avoir attendu de le poser en compétition?**

Cela aurait été une pression supplémentaire. Parce que là, j’ai tout dévoilé au moment où je l’ai réussi, et ça a eu un impact. Si j’avais attendu une compétition, et que je n’étais pas parvenue à le poser, les gens auraient retenu que j’essayais mais que je n’y arrivais pas. Et peut-être que trois mois plus tard une autre fille l’aurait fait avant moi.
**Quand vous réalisez une figure, savez-vous directement si elle est bien réussie?**
J’ai toujours une petite idée, mais parfois je me trompe. Parfois, je pense que c’était «waouh» et quand je vois la vidéo, je me dis que finalement, pas tant que ça. A l’inverse, il m’arrive d’être déçue en arrivant en bas et mes coachs me disent: «Non, non, c’est pas mal, t’inquiète.» C’est difficile de se rendre compte, en l’air, de tout ce qu’il se passe. La longueur du grab [quand l’athlète tient ses skis], l’angle avec lequel les skis se croisent, la position des mains à tel ou tel moment… Comme il y a tellement de travail de visualisation en amont, je sais exactement à quoi je veux qu’une figure ressemble, et parfois, même si j’ai l’impression de faire tout juste, ce n’est pas encore ça. Bon, de temps en temps, je me dis aussi qu’il faut que j’arrête de pinailler. Ça dépend des circonstances. Si on tourne une vidéo, je vais refaire et refaire jusqu’à ce que ça me plaise vraiment. En compétition, voilà, si mon run est propre dans l’ensemble, je peux m’en satisfaire.
**Comment vivez-vous le fait que le résultat repose sur l’évaluation de juges?**
Ça fait partie de notre sport, et je l’ai toujours accepté. Parfois, deux jours après la compétition, ton coach, qui a bien analysé tous les runs de tout le monde, va te dire qu’il est désolé, que le résultat aurait dû être différent. Mais franchement, c’est rare qu’il y ait des injustices flagrantes. J’ai aussi l’impression qu’il y a davantage de problèmes à ce sujet chez les hommes que chez les femmes. De toute manière, il faut vivre avec ça. Personne ne souhaite que telle figure égale tant de points. Ce n’est pas l’esprit du freestyle. On veut le moins de règles possibles.
**Est-ce que vous vous voyez comme une artiste?**
Dans ma région, on me dit souvent que je suis une «sacrée artiste», en tout cas!
**Oui, mais ce n’est pas pareil…**
Les gens qui viennent du monde de l’art m’abordent comme une artiste, oui. L’art du mouvement, ça existe, bien sûr, et il y a dans notre sport une part d’interprétation personnelle, donc il peut être considéré comme artistique. Mais il faut être précis sur la définition du mot, car dans la plupart des disciplines artistiques, comme le patinage ou la gymnastique, il faut des mouvements très précis, très tenus, et en freestyle les codes sont très différents.
**On se demande parfois comment le sportif va se motiver après avoir tout gagné, ce qui est aujourd’hui votre cas. L’artiste, en revanche, peut toujours continuer d’explorer sa pratique. Cézanne a peint durant toute sa vie la Montagne Sainte-Victoire…**
Très bonne réflexion. Je n’ai pas du tout l’impression d’être arrivée au bout de mon exploration du freestyle, j’ai encore énormément de choses à faire, à essayer, à réussir.
**Est-ce que vous pouvez aussi avoir du plaisir à simplement en refaire certaines?**
Oui, absolument! Il y a d’ailleurs des journées où je ne fais que ça. Parfois, on ne se sent pas de faire des grosses figures, et on passe notre temps à faire des «trois-six». Et ce n’est pas forcément un moins bon entraînement, parce qu’entretenir le plaisir permet de nourrir la performance. Début janvier, je me rappelle d’une journée où l’on devait s’entraîner à Laax. Il y avait énormément de poudreuse. On aurait pu aller dans le park et faire des runs, il faisait grand beau, ça aurait été parfait, mais personne n’en avait envie. On a mis les skis de poudre, et c’était la meilleure chose à faire. L’équilibre mental, c’est aussi important dans une saison.
**Et il y a quand même, en contrepartie, des moments où il faut se forcer un peu, non? A aller à la salle de sport, par exemple?**
Non, je ne le vois pas comme ça: le fitness fait partie du tout. J’aime y aller, car je sais que je serai encore plus à l’aise sur mes skis après. Le plaisir, le travail, le côté artistique, la recherche de performance, tout ça forme un mode de vie que j’apprécie dans son ensemble.
**Continuerez-vous à faire des «trois-six» quand, avec l’âge, votre niveau commencera à baisser? On pourra vous voir dans des snowparks à 50 ans?**
Je n’en sais rien, mais j’adore skier et je continuerai le plus longtemps possible. Peut-être davantage dans la poudre que sur des sauts? On verra bien.
**Et la compétition? Envisagez-vous d’en faire encore longtemps?**
Pour l’instant, j’ai du plaisir, ça marche bien, je continue. Je ne me pose pas plus de question que ça. Pourquoi je penserais à arrêter? Elle est hyper bien, cette vie.
* * *
## En dates
**2000** Naissance à Fribourg
**2014** Première compétition amateur de freestyle
**2016** Participation aux Jeux olympiques de la jeunesse à Lillehammer
**2018** Médaille d’argent du slope-style aux Jeux olympiques de Pyeongchang
**2020** Première femme à réussir un switch double cork 1440 lors d’un entraînement à Saas-Fee
**2022** Médailles d’or du slope-style et de bronze du big air aux Jeux olympiques de Pékin
**2023** Championne du monde du slope-style à Bakuriani
**2024** Trois globes de cristal en Coupe du monde, après avoir remporté six des neuf épreuves disputées (et terminé à la deuxième place des trois autres)
https://www.letemps.ch/articles/mathilde-gremaud-toute-mon-enfance-m-a-preparee-au-freestyle
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Le Temps (Suisse)
Sur la route avec Raphaël Glucksmann, qui redonne la «saveur de l’espérance» aux socialistes français
En France, les sondages sur les élections européennes placent au sommet de la gauche la liste d’un PS qui y voit la promesse de sa renaissance. Nous avons suivi la très glamour tête de liste en campagne pour prendre la température de cette «dynamique»
On ne pensait plus jamais voir ça: les socialistes français ont le sourire. Au meeting de leur tête de liste pour les élections européennes de juin, à Nancy ce mercredi 27 mars, Olivier Faure, premier secrétaire, le lâchait aux journalistes: «Je ne pouvais rien espérer de mieux, cette campagne sans aucune retenue sera une étape enthousiaste dans notre reconquête de l’opinion publique.»
Cette locomotive qui rend les socialistes français si joyeux, c’est Raphaël Glucksmann, l’intellectuel de 44 ans dont tout le monde parle en ce début de campagne. «Cette énergie m’emporte», lance Catherine, joviale sexagénaire au pull en laine coloré alors que la foule se disperse finalement vers 23h. Cette sympathisante socialiste depuis la première élection de François Mitterrand admet avoir voté pour Emmanuel Macron au premier tour de l’élection présidentielle de 2017 et pour le communiste Fabien Roussel à celle de 2022. «Ils étaient où, les socialistes, sur ces élections?» répond-elle en forme de boutade quand on lui demande pourquoi. «Là, on peut enfin réexister, j’y crois», conclut-elle.
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Le Temps (Suisse)
En Turquie, Recep Tayyip Erdogan rejoue la bataille d’Istanbul
Dix mois après sa victoire aux élections présidentielle et législatives, Recep Tayyip Erdogan tentera ce dimanche de reconquérir les grandes villes cédées à l’opposition en 2019. A commencer par Istanbul, le véritable enjeu de ce scrutin municipal
Le ciel d’Istanbul est sombre, il a plu toute la matinée et la foule de drapeaux, plantée là depuis presque une heure, feint de ne pas entendre les annonces qui invitent «nos très chers citoyens à se décaler vers la droite» pour faire de la place à tout le monde. «Istanbul, Istanbul, tu es mon grand amour! Le monde entier te regarde! Tu es le trésor que notre Dieu nous a confié!» grésillent les haut-parleurs sur un air entraînant.
Coskun Eser, crâne dégarni, petite moustache, attend au milieu d’autres hommes (les femmes sont regroupées au pied de l’estrade et à l’arrière) qu’arrive celui qu’il considère comme le nouveau maire de la ville. Murat Kurum, pourtant, n’est encore que le candidat du Parti de la justice et du développement (AKP), désigné par le président Recep Tayyip Erdogan. Il tentera ce dimanche de reconquérir Istanbul lors d’un scrutin local à l’enjeu national.
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«Il faudra bien vivre ensemble»: ces Israéliens qui aident encore les Palestiniens
Depuis l’attaque du 7 octobre, les voix qui prônent la coexistence entre Israéliens et Palestiniens sont presque inaudibles. Les Israéliens qui y croient encore sont tiraillés entre leur volonté de continuer à aider et le désir de vengeance qui imprègne la société
5h45. Au check-point de Ni’lin, Alaa Hawareen s’extirpe d’un taxi, agrippe cinq sacs d’une main, un fauteuil roulant de l’autre puis y place son fils Amine, 6 ans. Dans la pénombre, les deux Palestiniens longent une voie rapide sans trottoir ni lumière où des camions filent à vive allure, manquant à plusieurs reprises de les renverser, puis s’engouffrent dans les tourniquets du point de contrôle. Le père de famille tend les cartes d’identité et les permis à un soldat israélien pendant qu’un autre fouille l’intégralité de leurs affaires sous des néons blafards. A la sortie du check-point, c’est un autre Israélien qui les attend – mais cette fois, ce n’est ni un soldat, ni un policier. Yitzhak Even Tzur est un retraité: il est venu les conduire jusqu’au centre médical de Tel-Aviv où le jeune garçon a rendez-vous pour des séances de physiothérapie.
Une timide poignée de main, quelques mots en hébreu: les premiers échanges sont presque secs. Comme pour détendre l’atmosphère, l’Israélien de 71 ans tente d’engager la conversation dans un arabe hésitant: «Combien de temps… à l’hôpital?» balbutie-t-il. «Ça fait trois ans qu’on fait des allers-retours afin qu’Amine puisse espérer remarcher», répond Alaa, le père.
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Le Temps (Suisse)
Des colliers parés d’appeaux séduisent les fashionistas
Partenaires idéaux du printemps, les colliers agrémentés d’appeaux de la marque Lemaire permettent d’entrer en communication avec le monde aviaire. Ces sifflets mamelonnés sont signés par l’artisan français François Morel
Photographiés en rang sur un muret par le duo Philippine Chaumont et Agathe Zaerpour, des diplômées de l’ECAL, ils forment une famille d’étranges créatures colorées aux rondeurs enfantines. On pourrait les prendre pour des poivriers Memphis d’Alessi auxquels on aurait greffé des becs, des yeux de cyclope et des pattes jaunes. Ces canaux, tuyaux, embouchures et bourrelets servent en fait à moduler l’air que l’on souffle dedans pour produire des sons proches du chant ou des cris de certains oiseaux. La marque de mode parisienne Lemaire a collaboré avec François Morel de Quelle est Belle Company, pour produire en série limitée des colliers dont le pendentif est un appeau en bois laqué aux couleurs de l’oiseau qu’il imite, en l’occurrence la sterne, la mouette, le chardonneret, l’hirondelle, la bergeronnette et le coucou.
Lire aussi: Il n’y a pas que les cerfs qui brament
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«Disproportionné», «choquant»: les 14,4 millions de francs de salaire de Sergio Ermotti font jaser
La rémunération du patron d’UBS suscite de vives critiques. Le président du PLR Thierry Burkart estime que les excès de certains dirigeants «détruisent la confiance de la population dans l’économie»
Les 14,4 millions de francs perçus pour 2023 (salaire fixe et bonus) par le CEO d’UBS Sergio Ermotti choquent certains milieux politiques et économiques. «On devrait se poser des questions pour tout salaire qui dépasse un million», a notamment estimé Pascal Broulis.
Interrogé jeudi dans l’émission Forum de la RTS, le conseiller aux Etats vaudois (PLR) et ancien grand argentier du canton a observé que Sergio Ermotti n’était pas le propriétaire d’UBS mais bien un salarié, tout patron qu’il soit. A ce titre, quand on gagne plus de 10 millions, il y a de quoi se demander si l’on n’est pas en train de «confisquer de l’argent aux actionnaires», qui sont les propriétaires, a-t-il dit. «Cela me choque», a-t-il ajouté.
Vincent Kaufmann, directeur de la fondation Ethos actionnaire d’UBS, estime que l’argument selon lequel les patrons qui ne gagneraient pas de très importantes sommes d’argent risqueraient de partir aux Etats-Unis ne tient pas vraiment la route. «Citez-moi le nombre de patrons européens qui dirigent de grosses boîtes aux Etats-Unis, il n’y en a pas beaucoup. Nous pourrions avoir des salaires plus décents», a-t-il dit, toujours sur Forum. «Ce n’est pas aux politiques de fixer des règles, mais il faut encourager les gens à se poser des questions» (sur de telles rétributions), a-t-il encore relevé.
### Davantage d’humilité
Le président du parti libéral-radical (PLR) Thierry Burkart a lui aussi vivement critiqué la rémunération de Sergio Ermotti. Le Tessinois a certes instauré la confiance après la fusion forcée du CS et de l’UBS, admet-il, mais sa rémunération après neuf mois à la tête d’UBS est «disproportionnée et choquante». Sergio Ermotti et d’autres grands patrons devraient reconsidérer leurs salaires «avec humilité», affirme le conseiller aux Etats argovien dans une interview publiée en ligne par les journaux de Tamedia.
Jeudi matin déjà, il avait critiqué les rémunérations élevées du Tessinois sur X (ex-Twitter). «Les excès de certains dirigeants en matière de bonus détruisent la confiance de la population dans l’économie dans son ensemble», estime le président du PLR. «C’est justement dans les banques, dont les risques commerciaux sont de fait supportés par la population, qu’il faudrait faire preuve de plus de modestie», insiste-t-il. Lors de la reprise du CS par l’UBS, de nombreuses personnes ont aussi perdu leur emploi, souligne l’Argovien.
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Le Temps (Suisse)
Les prémices – décevantes – de l’impressionnisme à Paris
Le Musée d’Orsay célèbre les 150 ans du célébrissime mouvement pictural, en tentant de recréer l’exposition de 1874 qui exposa notamment «Impression, soleil levant» de Claude Monet, ainsi que ses amis, qu’on allait bientôt appeler les «impressionnistes»
Paris 1874. Inventer l’impressionnisme, qui vient d’ouvrir ses portes au Musée d’Orsay, revient sur les prémices de l’impressionnisme, sur la première exposition que les Monet, Renoir, Degas, Pissarro, Sisley et Cézanne ont organisée sur les bords de Seine, afin de tracer leur sillon à l’écart du Salon officiel et faire découvrir au public de nouveaux sentiers esthétiques.
Un soleil rouge orangé se hisse au-dessus des grues du port du Havre. Dans la brume froide du petit matin, la fumée des bateaux se mêle aux jets de vapeur blanche jaillissant de la soupape des machines. «Une chose faite au Havre, de ma fenêtre, du soleil dans la buée et au premier plan quelques mâts de navires pointant… On me demande le titre pour le catalogue, ça ne pouvait vraiment pas passer pour une vue du Havre; je répondis: «Mettez Impression». C’est ainsi que Claude Monet décrit, en 1897, Impression, soleil levant qu’il a peint en 1872.
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Le Temps (Suisse)
Haïti, où affluent les armes, est dans une situation «cataclysmique», alerte l’ONU
le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Volker Türk juge que les gangs en Haïti «disposent souvent d’une puissance de feu supérieure à celle de la police nationale»
La situation en Haïti est «cataclysmique», avec 1554 tués au cours des trois premiers mois de 2024, a alerté jeudi l’ONU, déplorant que les «frontières poreuses» facilitent l’approvisionnement des gangs en armes et munitions.
«Il est choquant de constater qu’en dépit de l’horreur de la situation sur le terrain, les armes continuent d’affluer. J’appelle à une mise en œuvre plus efficace de l’embargo sur les armes», déclare le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, dans la présentation d’un nouveau rapport. «Des facteurs structurels et conjecturaux ont conduit Haïti à une situation cataclysmique, caractérisée par une profonde instabilité politique et des institutions extrêmement fragiles», selon ce rapport.
### Les gangs ont attaquéHaïti, qui vivait déjà une profonde crise politique et sécuritaire, est en proie à un regain de violences depuis le début du mois, lorsque plusieurs gangs ont uni leurs forces pour attaquer des lieux stratégiques de Port-au-Prince, disant vouloir renverser le premier ministre Ariel Henry.
Très contesté, ce dernier n’a pas pu regagner son pays après un déplacement au Kenya au début du mois. Il a accepté de démissionner le 11 mars, et le futur conseil présidentiel haïtien, qui doit prendre les rênes du pays, s’est engagé mercredi à restaurer «l’ordre public et démocratique». Selon l’ONU, «la corruption, l’impunité et la mauvaise gouvernance, aggravées par les niveaux croissants de violence des gangs, ont érodé l’Etat de droit et conduit les institutions de l’État (…) au bord de l’effondrement».

Le nombre de personnes tuées et blessées par la violence des gangs a augmenté de manière significative en 2023: 4451 tués et 1668 blessés, indique le rapport. Le nombre de victimes est en forte hausse au cours des trois premiers mois de 2024, avec 1554 tués et 826 blessés jusqu’au 22 mars.
**Une histoire récente du pays:** [Chronologie – Haïti, d’un séisme à l’autre](https://www.letemps.ch/monde/ameriques/chronologie-haiti-d-un-seisme-a-l-autre)
### «Une puissance de feu supérieure à celle de la police»
Le Haut-Commissariat note qu’en dépit de l’embargo sur les armes, «le trafic illicite d’armes et de munitions à travers des frontières poreuses a fourni une chaîne d’approvisionnement fiable aux gangs», de sorte qu'«ils disposent souvent d’une puissance de feu supérieure à celle de la police nationale haïtienne».
Il réitère la nécessité de déployer d’urgence une mission multinationale de soutien à la sécurité pour aider la police nationale à mettre fin à la violence et à rétablir l’État de droit. Mais Volker Türk souligne qu'«il est essentiel que la mission intègre effectivement les droits humains dans la conduite de ses opérations».
**A ce propos:** [Des armes américaines pour les gangs en Haïti](https://www.letemps.ch/monde/ameriques/des-armes-americaines-pour-les-gangs-en-haiti)
### L’usage des violences sexuelles
Selon le rapport, les gangs continuent d’utiliser la violence sexuelle pour brutaliser, punir et contrôler la population. Mais les violences sexuelles sont très peu signalées et restent le plus souvent impunies. Les gangs continuent aussi de recruter et d’abuser des enfants – garçons et filles, dont certains ont été tués alors qu’ils tentaient de quitter les rangs de ces groupes.
Parallèlement à l’intensification de la violence des gangs et à l’incapacité de la police à la contrer, des «brigades d’autodéfense» ont continué à apparaître et à se faire justice elles-mêmes, selon le rapport.
Au moins 528 cas de lynchage (510 hommes et 18 femmes) ont été signalés en 2023, et 59 autres en 2024. Si certains meurtres semblaient spontanés, d’autres auraient été encouragés, soutenus ou facilités par des policiers et des membres de gangs appartenant à la coalition de gangs connue sous le nom de G9 et à ses alliés, selon le rapport.
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Le Temps (Suisse)
Le secteur privé attend avec impatience une stratégie nationale de l’hydrogène
Berne doit clarifier les conditions-cadres autour de ce vecteur appelé à jouer un rôle dans la transition énergétique, selon les acteurs du secteur. Il s’agit de permettre aux entreprises privées d’investir en connaissance de cause
C’est d’une Suisse en retard qu’il a été question jeudi lors d’un sommet sur l’hydrogène à Yverdon, le premier congrès national sur ce vecteur énergétique. Les molécules, constituées de deux atomes d’hydrogène (H2), sont pourtant appelées à jouer un rôle important – même s’il reste débattu – dans la transition énergétique.
A Yverdon, tous les regards étaient tournés vers la Confédération, qui contrairement à tous ses voisins n’a pas encore de stratégie nationale en la matière. Elle doit arriver au second semestre de cette année. Le Conseil fédéral a en effet été sommé de se pencher sur la question à la suite de motions parlementaires il y a deux ans.
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Le Temps (Suisse)
La restructuration du pôle horloger de la fondation Sandoz se précise
La fondation de famille Sandoz est entrée dans la montre en mécène. Après des décennies d’investissements, son pôle horloger est devenu une plateforme qui compte dans le haut de gamme. Selon nos informations, la vente pourrait avoir lieu encore cette année
Depuis quelques semaines, le landerneau horloger s'agite autour de la possible vente du pôle horloger de la Fondation de famille Sandoz. Cette structure, qui s’est construite au fil des années autour de la marque Parmigiani Fleurier (Val-de-Travers, Neuchâtel), est aujourd’hui connue pour être la plus grande opération de mécénat de l’histoire horlogère. Et comme des marques de premier plan – dont Hermès, Patek Philippe, Chopard, Audemars Piguet et Richard Mille – occupent des places de partenaires stratégiques, d’actionnaires ou de clients clés de ce pôle, la perspective d'une vente suscite beaucoup d’intérêt.
Le registre du commerce vient d’enregistrer une salve de nouvelles annonces concernant les satellites de Parmigiani. Le 6 février, l’ancien directeur général de Tudor (Rolex), Philippe Peverelli, s’est retrouvé nommé président des conseils d’administrations de la marque neuchâteloise mais également des Artisans boîtiers (boîtes de montres) et de Quadrance & Habillage (cadrans et aiguilles).
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Le Temps (Suisse)
Guido Terreni, dirigeant des montres Parmigiani Fleurier: «En trois ans nous sommes passés de la pire année à la meilleure.»
La marque neuchâteloise est à l’origine du pôle horloger de la fondation de famille Sandoz. Elle a été créée en 1996 et n’avait jamais été rentable. Les premiers bénéfices ont été enregistrés en 2023
Guido Terreni a pris les commandes de Parmigiani Fleurier en janvier 2021, après avoir passé 11 ans à la direction des montres Bulgari. Le dirigeant révise complètement la stratégie, produits, image, distribution. Et concentre tous ses efforts sur une seule famille de montres. En une année il réussit à atteindre les chiffres noirs, ce que ses trois prédécesseurs ont longtemps cherché à faire, sans y parvenir.
Le Temps: vous êtes enfin parvenu à mener Parmigiani Fleurier à son seuil de rentabilité. Un niveau que la marque n’avait jamais atteint depuis sa création, en 1996. Pouvez-vous le confirmer?
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Le Temps (Suisse)
Ça y est, le taux d’intérêt commence à baisser
CHRONIQUE. La BNS devance la Banque centrale européenne, alors que les observateurs s'attendaient à ce qu'elle suive. Ce faisant, elle prend un autre risque, celui de voir le franc se déprécier par rapport à l’euro, explique notre chroniqueur Charles Wyplosz
La semaine dernière, la BNS a créé la surprise en étant la première banque centrale des pays développés à abaisser son taux d’intérêt, et elle a bien fait. L’inflation est revenue en dessous de 2%, qui est le maximum de ce qu’elle considère comme la limite acceptable. Il faudrait une secousse imprévisible pour repasser au-dessus de ce plafond, même si rien ne peut jamais être exclu. Dès lors, maintenir un taux d’intérêt restrictif ne se justifiait plus, d’autant plus qu’il pesait sur la croissance économique, un peu anémique.
Tout le monde, ou presque, pensait que la BNS attendrait que la BCE commence à baisser son taux ou, comme cela arrive souvent, qu’elle ne bougerait que lorsqu’elle serait sûre que la BCE allait le faire. Or la BCE tergiverse. Officiellement, elle attend d’avoir plus de visibilité avant de se déclarer sûre que l’inflation dans la zone revient bien à son objectif de 2%. En fait, comme la Fed, la banque centrale des Etats-Unis, ce que la BCE redoute le plus est une remontée du renchérissement qui l’obligerait à faire repartir son taux d’intérêt à la hausse après l’avoir abaissé. Elle semble vouloir se donner encore un peu de temps, évoquant le mois de juin pour passer à l’action. La BNS considère que ce risque est beaucoup plus faible en Suisse.
Mais elle a pris un autre risque, celui de voir le franc se déprécier par rapport à l’euro. En effet, une baisse des taux d’intérêt suisses peut encourager les investisseurs à vendre leurs actifs en francs pour bénéficier d’une meilleure rémunération sur les investissements en euros ou en dollars. Un tel mouvement provoquerait une dépréciation du franc, qui ferait grimper le coût des importations et pourrait faire repartir l’inflation à la hausse, précisément ce qu’il s’agit d’éviter. Mais la BNS n’est pas démunie dans une telle situation puisqu’elle peut intervenir sur les marchés des changes. Elle possède un montant gigantesque d’euros et de dollars qu’elle peut vendre pour acheter des francs et ainsi raffermir le taux de change.
En fait, c’est peut-être là la meilleure raison pour démarrer avant les autres banques centrales. Pendant une quinzaine d’années, la BNS a accumulé de façon spectaculaire ses réserves de change alors qu’elle s’efforçait de contenir une pression continue à l’appréciation du franc. Ces réserves sont vastement excédentaires et une source de problèmes. La BNS est exposée à des pertes, comme on l’a vu en 2022. Ce trésor suscite la convoitise des cantons et de la Confédération et provoque des critiques sur sa politique d’investissements pas toujours bien verte. La BNS refuse d’entrer en matière sur ces questions mais, depuis deux ans, elle a réduit son stock de réserves de change d’environ un tiers en poussant le franc à la hausse pour contenir l’inflation importée. Si la baisse du taux d’intérêt pousse le franc à la baisse, ça offrira à la BNS une occasion d’intervenir en sens inverse et de continuer ainsi à réduire ses réserves de change, en toute discrétion.
Cela dit, la baisse du taux d’intérêt, de 1,75% à 1,5%, est faible. D’autres baisses vont suivre, mais jusqu’où? Comme toutes les autres banques centrales, la BNS ne souhaite pas se retrouver à un taux zéro, et encore moins négatif. Le potentiel de baisse est donc limité, surtout en comparaison avec les autres banques centrales, puisque le taux de la BCE est de 4% et celui de la Fed de 5,5%. Le premier pas était probablement le plus facile, la suite sera plus délicate.
Au fur et à mesure où les autres banques centrales vont baisser leurs taux d’intérêt, l’écart entre leurs taux et le taux suisse va se resserrer. Le risque est que le franc ne devienne à nouveau attractif, et qu’il s’apprécie. La BNS va alors vouloir contrer cette appréciation et devra intervenir sur les marchés des changes comme au bon vieux temps. Ses réserves vont donc augmenter à nouveau, ce qu’elle ne souhaite pas non plus. Il va lui falloir choisir entre divers maux: baisse plus profonde de son taux d’intérêt, appréciation du franc et, de nouveau, accumulation de réserves. Il n’y pas de meilleure solution et la BNS va devoir naviguer à vue.
https://www.letemps.ch/articles/ca-y-est-le-taux-d-interet-commence-a-baisser
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Le Temps (Suisse)
Fermeture de Franz Carl Weber, symbole d’une concurrence chinoise déloyale?
Les magasins de jouets seront remplacés par la chaîne allemande Müller. Le secteur des jouets, comme d’autres, fait face à la concurrence de géants de l’e-commerce. Problème, argue la faîtière du secteur: ils ne sont pas soumis aux mêmes règles que les commerçants suisses
«Franz Carl Weber devient Müller». C’est ce qu’annonce la bien connue enseigne des jouets Weber rue de la Croix-d’Or à Genève. L’affiche est la même au magasin de Lausanne, ou encore de Zurich. La presse alémanique a révélé l’information le week-end passé.
Peu connue en Suisse romande mais déjà bien implantée outre-Sarine, la chaîne allemande Müller, qui a repris les 22 magasins Franz Carl Weber (FCW) en Suisse l’été dernier et prend désormais possession des boutiques, vend des médicaments, des parfums, de l’électronique et des jouets. Trois étages de jouets vont être gardés, raconte le manager du magasin à Genève. Sur place, on observe aussi des jeux vidéo, du matériel pour recharger les smartphones, des chocolats et des sodas. Les prémices d’un élargissement de la gamme de produits vendus.
Un coup dur pour celles et ceux qui étaient attachés à l’enseigne historique. «Nous sommes conscients de la tradition de la maison Franz Carl Weber en Suisse et de son importance, a réagi Müller aux questions du _Temps._ Pendant des décennies, l’offre du «Franzki» a fait briller les yeux des enfants. Avec la marque Müller, nous perpétuons cet esprit. Avec un assortiment encore plus grand et plus varié, nous voulons faire briller les yeux de nos clients». Nous n’aurons pas plus de détails, des «processus internes» étant en cours.
### Un covid fatal
Franz Carl Weber avait souffert, comme d’autres, pendant la pandémie, essuyant une perte de 2 millions de francs en 2020. Mais les difficultés de FCW, c’est aussi le symbole de la forte concurrence que représentent les géants de l’e-commerce, chinois principalement.
«Nous suivons de très près le développement des plateformes à bas prix Temu et Shein. La vitesse de diffusion de ces entreprises, ancrées en Chine, avec une orientation claire et ciblée sur le monde occidental, en particulier les Etats-Unis et l’Europe, est une nouveauté, détaille Dagmar Jenni, directrice de la Swiss Retail Federation, l’association faîtière des détaillants. D’énormes dépenses de marketing combinées à des offres à bas prix, un commerce social sophistiqué et une _gamification_ assurent un chiffre d’affaires croissant sur le marché européen et américain.»
### Sécurité et contrôles inégaux
Mais beaucoup de commerçants suisses achetant déjà leurs produits en Chine, n’est-il pas logique que les clients commandent désormais directement auprès de ce pays? «La concurrence en tant que telle n’est pas un problème, nous avons une vision très libérale», répond Dagmar Jenni. Selon elle, il existe toutefois bien une distorsion de la concurrence: les commerçants suisses respectent des règles strictes sur la sécurité des produits par exemple (pour toutes les marchandises, qu’elles proviennent de Chine ou d’ailleurs) et sont contrôlés en conséquence, mais les plateformes qui vendent directement des marchandises aux consommateurs ne sont pas tenues de respecter ces directives. «C’est évidemment injuste. Les consommateurs n’en sont souvent pas conscients.» La directrice de la faîtière souligne que certains clients rencontrent des problèmes de sécurité, par exemple avec des câbles informatiques, en achetant directement des produits sur ces plateformes.
A la question de savoir si les commerces suisses, y compris ceux de jouets, n’ont pas manqué le train de l’e-commerce, elle réfute: «La plupart de nos membres sont en ligne. Mais évidemment, ils font face à de très grandes entreprises avec d’énormes moyens et qui partent de zéro en ouvrant leurs plateformes 100% en ligne. Nos enseignes doivent passer à travers un processus qui requiert beaucoup plus d’efforts.»
### Une pression politique
Quelles solutions? Swiss Retail Federation salue deux interpellations au début de 2024, [du conseiller national Benjamin Roduit (Le Centre/VS)](https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20243039)et[de la conseillère aux Etats Tiana Angelina Moser (PVL/Zurich)](https://www.parlament.ch/de/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20243152). Qui demandent des réponses au Conseil fédéral pour garantir la sécurité des produits dans les boutiques en ligne étrangères et mettre tous les acteurs du marché sur un pied d’égalité. «Cette pression politique est nécessaire, car l’administration fédérale n’a pas encore abordé le problème de la sécurité des produits des places de marché en ligne étrangères à bas prix.» Les interpellations n’ayant aucun caractère contraignant, la situation n’est cependant pas près de changer.
Elle mentionne deux autres préoccupations: le manque de transparence concernant les colis qui sont importés en Suisse principalement par La Poste: «Nous ne savons pas combien arrivent, dans quel secteur et combien sont contrôlés.» Elle ajoute: «On ne sait pas non plus dans quelle mesure l’Etat chinois cofinance ces plateformes et agit ainsi de manière à fausser la concurrence.»
La directrice ne craint pas non plus un avenir avec des villes suisses vidées de tout commerce, qui se ferait uniquement en ligne. «Les humains veulent voir des humains», assure-t-elle. En 2022, la part du commerce en ligne avoisinait les 11,7% du chiffre d’affaires total du commerce de détail en Suisse. La différence est importante entre le secteur alimentaire, où l’e-commerce ne pèse que pour 3,6% des recettes en ligne, et le non-alimentaire, dont la part atteint 17,8%, selon les estimations de l’institut d’études de marché GfK et de la faîtière Commerce Suisse.
**A relire:** [Marcel Dobler, conseiller national et cofondateur de Digitec: «Fermer les commerces a été une erreur»](https://www.letemps.ch/economie/marcel-dobler-conseiller-national-cofondateur-digitec-fermer-commerces-une-erreur)
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Signal positif pour les glaciers: «Nos estimations laissent présager que la situation sera meilleure cet été»
Matthias Huss, glaciologue à l’ETH Zurich et directeur du réseau de relevés Glamos, a publié sur X une courbe montrant que l’enneigement des glaciers cet hiver est supérieur à celui de la période 2010-2020. Un signal positif qui doit encore passer l’épreuve de l’été
Tandis que la neige se faisait rare cet hiver en basse altitude, elle tombait à gros flocons en haute montagne. Les observations transmises en temps réel depuis cinq glaciers du pays montrent que les hauteurs de neige sont supérieures à la moyenne de celles mesurées entre 2010 et 2020.
Il s’agit là d’un signal positif pour Matthias Huss, glaciologue à l’ETH Zurich et directeur du réseau de relevés glaciologiques suisses Glamos, car la neige joue un rôle fondamental dans la protection des glaciers. Il se rendra sur place avec son équipe, dès la semaine prochaine, pour vérifier ces données et en collecter davantage sur d’autres glaciers, en Valais et aux Grisons.
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Le Temps (Suisse)
Les Jeunes UDC suisses questionnent leur proximité avec l’extrême droite
La semaine dernière, les jeunes UDC argoviens se solidarisaient avec Martin Sellner, identitaire autrichien arrêté en Suisse pour des questions de sécurité publique. Un soutien qui a déclenché une crise interne
«Un jour noir pour notre démocratie et la liberté d’expression! L’auteur et activiste Martin Sellner a été arrêté par la police cantonale argovienne lors d’une conférence.
Il n’est pas nécessaire d’être d’accord avec Martin Sellner sur tous les points. Cependant en tant que patriotes, nous avons le devoir de protéger la liberté d’expression contre tous les idéologues qui sapent notre système juridique et arrêtent d’innocents citoyens pour des «crimes de pensée.» Mis en ligne le 16 mars par la branche argovienne des Jeunes UDC (JUDC), ce poste Instagram appelant à la «solidarité» avec le Viennois a suscité un malaise évident au sein du parti de jeunesse, dont les représentants de toute la Suisse se réunissaient mercredi soir pour une séance sur la question.
Chantre de la «remigration», concept qui demande la déportation forcée de toute personne ne correspondant pas à certaines valeurs (d’extrême droite) – soit-elle étrangère ou titulaire d’un passeport national – Martin Sellner, également connu pour avoir collé des autocollants de croix nazies sur une synagogue autrichienne et personnalité interdite d’entrée en Allemagne est en effet plutôt clivant. Tout comme ceux qui l’avaient invité en Argovie: Junge Tat (JT), groupuscule alémanique prônant le nationalisme blanc, surveillé par la police fédérale (Fedpol) depuis plusieurs années. Si les JUDC sont connus pour aimer la provocation, un palier déraisonnable a été franchi, considèrent certains de leurs membres. Qui demandent une distanciation claire avec le groupe extrémiste.
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Le Temps (Suisse)
Instagram, Snapchat, TikTok: au Canada, des écoles portent plainte contre des géants de la tech
C’est la première fois qu’une telle démarche est entreprise au Canada. De l’autre côté de la frontière, des écoles américaines ont lancé des poursuites similaires en 2023
Troubles de l’attention et de l’apprentissage, dépressions croissantes chez les élèves: des écoles canadiennes ont lancé jeudi des poursuites contre Instagram, Snapchat et TikTok, estimant que l’impact des réseaux sociaux sur le système scolaire est «irréfutable».
Ces groupes scolaires de Toronto et Ottawa, situés en Ontario, la province la plus peuplée du Canada, estiment que les plateformes, conçues pour une «utilisation compulsive», ont modifié la façon dont les enfants «pensent, se comportent et apprennent». Et au final, ce sont les enseignants et les écoles qui doivent gérer les retombées.
C’est la première fois qu’une telle démarche est entreprise au Canada. De l’autre côté de la frontière, des écoles américaines ont lancé les mêmes poursuites en 2023. La plainte vise Meta – propriétaire de Facebook et Instagram – mais aussi Snap qui possède Snapchat, ainsi que le chinois TikTok et sa maison-mère ByteDance.### Perturbation du système éducatif
«Les entreprises de réseaux sociaux devraient être tenues responsables de leur négligence et du préjudice qu’elles ont causé à nos écoles et à notre communauté dans son ensemble», affirme Duncan Embury, responsable du contentieux pour le groupe scolaire d’Ottawa-Carleton, dans un communiqué.
Les plaignants demandent des dommages-intérêts pour perturbation de l’apprentissage des élèves et du système éducatif. «Les répercussions de l’utilisation compulsive des réseaux sociaux parmi les élèves exercent des pressions considérables sur les ressources limitées», estiment les écoles, qui évoquent la nécessité de dégager des moyens supplémentaires pour des programmes et du personnel spécialisé dans la santé mentale.
### Démarche critiquée
La démarche ne fait toutefois pas l’unanimité, selon un article de Radio-Canada. «Mettons l’accent sur l’éducation des enfants, pas sur ces niaiseries», s’est emporté le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, qui rappelle que la province a déjà banni les portables en classe. Et de s’interroger sur les montants que les groupes scolaires devront dépenser en frais d’avocat pour s’attaquer à des géants qui ont des moyens illimités pour se défendre.
Une mère de famille de Toronto interrogée dans l’article fustige également ce processus «long et coûteux». Elle estime que les écoles devraient commencer par appliquer les règles existantes, et enlever aux enfants leurs téléphones en classe.
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