Avatar
Heidi.news (RSS)
ecbd493ea062c52ba7a3a54731f1a1a14ca419e68fe268f8401c040e98d361a1
Les actualités de Heidi.news sur Nostr

Heidi.news

Tessie Arpels, porte-étendard de luxe pour les animaux maltraités

La petite-fille du fondateur de la marque de haute joaillerie Van Cleef & Arpels consacre sa vie, son cœur et son portefeuille au bien-être animal. Rencontre avec cette activiste invétérée.

«Il aurait fallu ne pas voir, mais une fois que le regard d’un animal a croisé le vôtre, c'est très difficile de ne plus y penser», lance d’emblée Tessie Arpels. À quelques mètres de là, Mia, sa vieille chatte née dans une poubelle de Tel-Aviv, redresse légèrement la tête, comme pour acquiescer.

Nous rencontrons l’héritière de la maison Van Cleef & Arpels, haute joaillerie et parfum depuis 1906, dans sa belle demeure genevoise. Chaque recoin, d’une propreté immaculée, est ornée de photos de bêtes rescapées des abattoirs et de messages inspirants du genre «If you eat meat, you love pets, not animals» («si vous mangez de la viande, vous aimez les animaux de compagnie, pas les animaux»).

Voir plus

https://www.heidi.news/articles/tessie-arpels-porte-etendard-de-luxe-pour-les-animaux-maltraites

#Presse #heidi #Suisse

Heidi.news

Curatelles: le temps infini de la réforme au pays de Calvin

Ce n’est pas d’hier que date le constate de graves défaillances dans le dispositif de curatelles à Genève. En 2020, le Grand Conseil exhortait le gouvernement à agir sans délai. L’institution est donc entrée dans le temps de la réforme. A son rythme.

Un jour comme un autre? Presque, à un détail près. Le 14 juin 2023, date de notre rendez-vous avec Pierre-Alain Chatelan, le président du Tribunal de protection de l’adulte et de l’enfant (TPAE), coïncide avec la grève féministe. Une onde violette est sur le point de se répandre dans les rues du pays. Mais, il est encore trop tôt pour assister à l’ébranlement du cortège à Genève. Après plusieurs semaines d’échanges de courriels, l’entretien a été fixé un mercredi à 8h00 tapantes au Palais de justice.

Le président du TPAE n’est pas le seul à participer à cette entrevue matinale. Séverine Müller, la directrice du TPAE, est à ses côtés. De l’autre côté de la table, Aldo Maffia est présent en tant que représentant du Département de la cohésion sociale (DCS), où il occupe la fonction de directeur général de l’action, de l’insertion et de l’intégration sociale.

Voir plus

https://www.heidi.news/articles/curatelles-le-temps-infini-de-la-reforme-au-pays-de-calvin

#Presse #heidi #Suisse

Heidi.news

Quand j'ai rencontré Kati Kariko et Drew Weissmann, les pionniers du vaccin ARN aujourd'hui nobélisés

Katalin Kariko et Drew Weissman ont reçu le prix Nobel de médecine 2023 pour leurs recherches sur la technologie de l’ARN messager, à l’origine des premiers vaccins Covid. Fabrice Delaye, auteur de notre Exploration sur les vaccins ARN, les avait rencontrés pour le tournage d'un documentaire inspiré de son travail. Pour les lecteurs de Heidi.news, il relate son expérience.

C’est dans sa petite maison de la banlieue de Philadelphie que nous reçoit Katalin «Kati» Kariko en cet été 2023. «C’est mon mari qui a refait tous les parquets, les escaliers et une bonne partie des meubles», commence-t-elle par nous expliquer. A l’époque le couple, tout juste émigré de Hongrie pour s’installer aux Etats-Unis, ne roule pas sur l’or.

Une collection de médailles

Je suis aux Etats-Unis avec une équipe d’Arte (Raphaël Hitier, Laurent Chollet et Frédéric Heinrich), afin de tourner un documentaire inspiré de mon Exploration «[Vaccin à ARN messager: la revanche des outsiders](https://www.heidi.news/articles/ce-qui-se-passe-dans-votre-bras-au-moment-du-vaccin)». Nous faisons le tour du pays, d’une côte à l’autre, pour rencontrer les protagonistes de cette fabuleuse épopée scientifique, dont on commence juste à récolter les fruits.

![kariko garage ok.jpg](https://heidi-17455.kxcdn.com/photos/4fa86884-fe59-41c1-8852-e211ffeb4cc5/large "Kati Kariko dans son garage à Philadelphie, devant l’atelier de son mari. | Heidi.news / FD")

Toujours modeste, Kati Kariko nous fait visiter son atelier et son garage, avant de nous laisser enfin filmer l’incroyable collection de prix scientifiques dans son bureau. Lasker, Louis Jeantet, Grande Médaille de l’Académie des sciences… Plus de deux cents récompenses, à l’exception d’une, la plus prestigieuse de toutes: le Nobel.

#### Lire notre Exploration: [Vaccin à ARN messager: la revanche des outsiders](https://www.heidi.news/articles/ce-qui-se-passe-dans-votre-bras-au-moment-du-vaccin)

Il aura suffi d’être patient. La chercheuse d’origine hongroise vient de se voir décerner le prix Nobel 2023 de médecine, avec l’Américain Drew Weissman, qui l’a repêchée à l’Université de Pennsylvanie dans les années 1990 quand sa carrière tanguait.

### **Un couple improbable**

Difficile d’imaginer deux personnalités plus opposées. Kati Kariko est volubile, directe, elle rit souvent et parle fort — y compris pour critiquer son *alma mater*. Drew Weissman est précis, il donne l’impression de peser chaque mot et n’en dit jamais un de trop. C’est la seule personne que je connaisse dont on *entende* distinctement le point à la fin des phrases.

![ARN2.jpeg](https://heidi-17455.kxcdn.com/photos/56c8ce51-c911-4f6e-af1a-34fcdc777b14/large)

Interviewé d’abord quelques mois plus tôt à l’occasion d’une conférence à la National Science Academy en Californie, Drew Weissman avait aussi révélé un caractère de pince-sans-rire, avec une distance ironique sur les choses de la vie. Une hauteur de vue qui fait écho à sa manière d’observer les questions scientifiques pour en extraire la substantifique moelle. C’est un pédagogue remarquable et s’il est rigoureux au point d’en être intimidant, il sait faire preuve d’empathie.

### **Rencontre à la photocopieuse**

L’empathie est probablement ce qui scellé le rapprochement de ces deux chercheurs, à la faveur d’une rencontre fortuite devant une photocopieuse de UPenn. Fraichement arrivé sur le campus depuis le laboratoire d’Anthony Fauci aux National Institute of Health, Drew Weissman se laisse expliquer les règles tacites de l’établissement par Kati Kariko.

«Elle s’est vantée de pouvoir tout faire avec son ARN», me confiait-il, sans masquer son scepticisme d’alors. De fait, Weissman travaille depuis dix ans à la mise au point d’un vaccin contre le VIH. Comme le programme n’avance pas, il décide de changer d’axe de recherche et commence à collaborer avec Kati Kariko pour tester l’ARN messager. Ensemble, ils vont découvrir comment empêcher que l’organisme ne détruise l’ARN messager étranger injecté avec le vaccin, pour lui laisser le temps d’agir.

### **De l’indifférence à la gloire**

Aujourd’hui, l’histoire paraît écrite, mais à l’époque, les deux chercheurs d’exceptions se sentent un peu seuls au monde, snobés par beaucoup de leurs collègues comme par l’industrie pharmaceutique. Drew Weissman dit ne pas avoir reçu le moindre coup de téléphone, suite à la publication en 2005 de leur principale découverte — celle qui motivera la remise de leur Nobel 17 ans plus tard.

Pour autant, Weissman et Kariko savent pertinemment que la science est une activité collective. Ils disent eux-mêmes que si leurs contributions ont permis de franchir un obstacle majeur sur la voie des vaccins ARN, cette découverte bénéficie de décennies d’autres recherches. Ce n’est d’ailleurs que le début de l’histoire, tant le potentiel médical de l’ARN s’annonce immense.

![ARN5.jpeg](https://heidi-17455.kxcdn.com/photos/bbc58fcf-af06-42fa-b18b-4244fef9eee7/large "Norbert Pardi dans son laboratoire à UPenn. | Heidi.news / FD")

En seront-ils? Après quelques années chez BioNTech, Kati Kariko a pris sa retraite et se consacre surtout à promouvoir les femmes dans la science. Mais elle a pris soin de transmettre son labo à un jeune chercheur venu de la même ville qu’elle en Hongrie, Norbert Pardi.

Quant à Drew Weissman, il dispose de son propre bâtiment pour son labo de recherche sur les applications de l’ARN, sur le campus de UPenn à Philadelphie. HIV, grippes, cancers, maladies cardiovasculaires, les possibilités de l’ARN messager commencent seulement à se dévoiler.

*
Le documentaire [Les Aventuriers de l’ARN messager](https://www.arte.tv/fr/videos/109391-000-A/les-aventuriers-de-l-arn-messager/) , de Raphaël Hitier et Fabrice Delaye, sera diffusé sur Arte le 7 octobre 2023 à 22h20.*

https://www.heidi.news/articles/dans-l-intimite-des-nobelises-de-l-arn-messager

#Presse #heidi #Suisse

Heidi.news

Le climat fait évoluer les animaux plus vite que les Pokémon [VIDEO]

Des ours au régime sec, des oiseaux avec des becs plus larges... Le climat a des effets sur l'évolution des animaux à très court terme, explorés dans ce nouvel épisode de PopScience.

Dans PopScience, on utilise la Pop Culture pour expliquer la science. Parfois, elle a un coup d’avance. C’est ce qu’ont remarqué des scientifiques: les animaux évoluent. Et pas seulement au fil de millions d’années de cycles de reproductions successifs, mais aussi à cause du climat.

L’évolution, c’est quoi? Le fait que les animaux évoluent, c’est pas bien nouveau et ce n’est pas réservé aux Pokémon. Pour faire simple: lors de la reproduction d’une espèce, des différences peuvent apparaître:

* un bec plus court,

* un cou plus long,

* des oreilles gigantesques.

#### Lire aussi: [C’est quoi ce bec? La crise du climat change la forme des animaux](https://www.heidi.news/climat/c-est-quoi-ce-bec-la-crise-du-climat-change-la-forme-des-animaux)

Parfois, ces différences peuvent être un avantage. Et quand c’est le cas, ces animaux évolués se reproduisent et propagent leur nouvelle forme. Les autres, moins adaptés, survivent et se reproduisent moins bien. C’est la sélection naturelle.

**L’évolution et le climat.** L’adaptation par la sélection naturelle se fait par rapport à l’environnement. Et vous me voyez venir, le changement climatique aussi affecte la faune, de différentes façons:

* Il y a ceux qui migrent vers des régions plus fraîches,

* ceux qui adaptent leur reproduction ou leur migration

* et il y a ceux qui évoluent en modifiant, par exemple, la taille des parties de leurs corps par exemple.

C’est le résultat d’[une étude publiée en 2021](https://www.cell.com/trends/ecology-evolution/fulltext/S0169-5347(21)00197-X?utm_source=EA), par des biologistes australiens. Ces chercheurs ont démontré que la queue, les oreilles ou les becs, qu’on appelle les appendices, avaient tendance à devenir de plus en plus gros.

Par exemple:

* chez certains perroquets australiens, la taille du bec a augmenté de 4 à 10% depuis 1871,

* on a observé des souris avec des oreilles plus grandes que leurs ancêtres,

* et des chauves-souris avec des ailes plus longues.

Ces résultats viennent globalement confirmer les théories d’un célèbre zoologue de la fin du 19e siècle, Joel Asaph Allen. D’après la règle empirique qui porte son nom, plus une espèce vit sous un climat chaud, plus elle tend à posséder de longs appendices.

#### Voir aussi: **[Avec la biodiversité, nous vivons dans un réseau social géant](https://www.heidi.news/climat/avec-la-biodiversite-nous-vivons-dans-un-reseau-social-geant-video)**

Le changement climatique joue aussi un rôle sur la taille des corps.  [Une étude américaine de 2019](https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/ele.13434) a étudié la taille de 70’000 oiseaux migrateurs, sur quarante ans. Résultats: les corps deviennent de plus en plus petits, mais l'envergure de leurs ailes est plus grande. Pourquoi? Parce que c’est plus efficace pour refroidir leur température corporelle.

De leurs côtés, les ours polaires aussi sont au régime sec à cause du climat. L'ONG Polar Bear International a surveillé les habitants des banquises, en particulier les femelles. La hausse des températures dans ces régions polaires affecte leur gabarit, elles ont perdu en moyenne 65 kg et 5 cm entre 1980 et 2010.

**Les prédictions.** Et les prochaines évolutions? En 2020, [des biologistes s’étaient essayés au difficile exercice de la prédiction](https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0960982220308198). Ils ont voulu savoir à quoi allait ressembler la faune du futur. Par exemple, ils ont estimé que si la planète se réchauffait de 5 degrés:

* les rats auront des queues plus longues de 2,5 mm,

* les oiseaux, des becs plus larges de 20 à 70%,

* et que la couleur de certaines espèces de chouettes sera plus foncée.

#### Voir aussi: [Les arbres peuvent être obèses, et c’est notre faute](https://www.heidi.news/climat/les-arbres-peuvent-etre-obeses-et-c-est-notre-faute-video)

Par contre, si ces changements d’environnement arrivent trop vite, et que les espèces n'ont pas le temps d'évoluer pour survivre, ce sont les conditions parfaites pour une extinction de masse.

https://www.heidi.news/articles/le-climat-fait-evoluer-les-animaux-plus-vite-que-les-pokemon-video

#Presse #heidi #Suisse

Heidi.news

Aux Etats-Unis, le «shutdown» évité aux frais de l’aide à l’Ukraine

Samedi, le Congrès américain a adopté en dernière minute une mesure d’urgence pour financer l’administration fédérale, évitant ainsi sa paralysie. Mais dans le texte, aucune trace de l'aide à l'Ukraine.

Il s’en est fallu de peu. Samedi, quelques heures avant que ne sonne la fin de l’année fiscale, le Congrès américain s’est accordé sur une mesure d’urgence pour financer l’administration fédérale. Evitant ainsi le «shutdown», c’est-à-dire la suspension des services fédéraux, qui aurait laissé 1,5 million de fonctionnaires sans salaire et perturbé une multitude de services et d’organismes (les parcs nationaux, le trafic aérien, certains musées, les systèmes de santé, l’aide alimentaire). Jusque-là, aucun projet de loi de finances n’avait recueilli suffisamment de voix pour être adopté.

Toutefois, le soulagement est provisoire: l’arrangement n’est valable que quarante-cinq jours. Les élus devront donc rapidement plancher sur un projet plus durable afin d’éviter de repartir pour un tour le 17 novembre prochain.

Voir plus

https://www.heidi.news/articles/aux-etats-unis-le-shutdown-evite-aux-frais-de-l-aide-a-l-ukraine

#Presse #heidi #Suisse

Heidi.news

Les nouveaux gourous de la cause animale sont sur Instagram et Tik Tok

Instagram et Tik Tok sont devenus des terrains particulièrement fertiles pour les animalistes. Images chocs, contenus pédagogiques et plaidoiries politiques défilent sur les réseaux, permettant à ces militants des temps modernes de vivre de leur influence.

C’est en sauvant les pattes d’un chat de quartier dans son Liban natal que Seb Alex a donné le premier élan à une fructueuse carrière sur les réseaux sociaux. «Ma mère voulait absolument lui faire une ablation des griffes parce qu’il détruisait nos meubles, se remémore-t-il. Je sentais au fond de ma chair que c’était mal. J’ai fait des tas de recherches, puis j’ai monté une page Facebook contre elle. En lisant les commentaires laissés par mes amis, elle a fini par renoncer à l’intervention

Depuis, l’adolescent amoureux des bêtes a gravi les échelons de la réussite digitale et militante. «Cela s’est fait par étapes, raconte Seb Alex. Je suis devenu végétarien à 16 ans, puis végane au début de la vingtaine, avant de rejoindre des collectifs anti-spécistes et de documenter toutes nos actions. Il y a un énorme seuil à franchir entre ne pas prendre part à une atrocité et aider à mettre fin à l’atrocité.»

Le jeune trentenaire, reconnaissable à ses dreadlocks interminables, est désormais érigé en gourou animaliste, vénéré par des internautes du monde entier. Et ce grâce au contenu choc qu’il poste sur Instagram, son réseau social de prédilection, depuis cinq ans. Son créneau: l’abominable terrain des abattoirs.

Voir plus

https://www.heidi.news/articles/les-nouveaux-gourous-de-la-cause-animale-sont-sur-instagram-et-tik-tok

#Presse #heidi #Suisse

Heidi.news

Panneaux solaires: serons-nous bientôt tous des producteurs d'électricité?

En Allemagne ou au Danemark, les coopératives de producteurs-consommateurs d’énergie renouvelable ont donné un coup de fouet à la transition énergétique. La loi sur l’énergie discutée actuellement par le Parlement suisse devrait favoriser de telles initiatives citoyennes. Mais certaines communes se sont déjà lancées.

Un des problèmes connus du déploiement des énergies renouvelables en Suisse, c’est le manque de main d’œuvre spécialisée. Mais donnez ce genre de projet à une coopérative de consommateurs-producteurs et ils viendront avec des solutions aussi originales qu’efficaces.

Avec deux de ses camarades, Wael Assaidi, élève de 11e au collège de la Coquerellaz à Ecublens, vient de passer une journée sur la toiture de l’établissement, visseuse en main, à aider les solaristes à monter des structures de panneaux solaires. «On m’a dit que c’est un nouveau métier alors j’ai voulu essayer. Et c’était cool», commente le jeune homme.

Voir plus

https://www.heidi.news/articles/panneaux-solaires-serons-nous-bientot-tous-des-producteurs-d-electricite

#Presse #heidi #Suisse

Heidi.news

L'histoire de la petite Bridget, née handicapée d'une GPA et abandonnée en Ukraine

Née handicapée d’une GPA en Ukraine, Bridget a été abandonnée par ses parents américains et placée dans un orphelinat près de Zapporijjia, avant d’être adoptée par un autre couple américain après le début de l’invasion russe. Son histoire révèle la face sombre d’une industrie où la vie n’est pas toujours protégée comme elle le devrait.

Philip Graves se brosse les dents, un soir de janvier 2011, lorsque son épouse, Kristie, arrive en coup de vent dans la salle de bains. «Nous devons adopter un autre enfant», s'exclame-t-elle, les yeux brillants.

Les Graves en ont déjà quatre, Owen, Kara et Ethan, leurs enfants biologiques, et Eliana, une fillette souffrant de spina bifida, une malformation des vertèbres, qu'ils ont adoptée en Arménie en 2017, à l'âge de trois ans.

Voir plus

https://www.heidi.news/articles/l-histoire-de-la-petite-bridget-nee-handicapee-d-une-gpa-et-abandonnee-en-ukraine

#Presse #heidi #Suisse

Heidi.news

Quand y aura-t-il enfin un seul dossier électronique du patient pour tout le monde?

Le dossier électronique du patient souffre de fédéralisme aigu: derrière ce nom se cachent huit communautés de référence et trois plateformes techniques, pas compatibles entre elles. Un système nébuleux, mais qui devrait à terme se simplifier.



Cet article a été réalisé dans le cadre d'un partenariat avec la plateforme e-santé Abilis, avec soutien financier sans immixtion éditoriale, dans le contexte de notre masterclass sur le DEP.

C’est la proposition choc de la Conférence des directrices et directeurs cantonaux de la santé (CDS) tombée le 11 septembre: «L’approche décentralisée choisie pour le dossier électronique du patient (DEP) ne s’est pas avérée judicieuse jusqu’ici. C’est pourquoi le DEP devrait désormais être piloté et financé de manière centralisée et uniforme. La CDS prône une fusion des huit fournisseurs de DEP certifiés en une seule et unique institution d’exploitation».

Pourquoi une telle proposition. Dans le cadre de la révision complète de la loi fédérale sur le dossier électronique du patient lancée en juin dernier par le Conseil fédéral, la CDS a tenu à proposer une simplification radicale de ce dossier. Cette évolution sera notamment abordée durant la masterclass organisée par Heidi.news pour mieux «soigner avec le dossier électronique du patient».

#### S’inscrire à notre masterclass: [Soigner avec le Dossier électronique du patient](https://www.heidi.news/evenements/masterclass-soigner-avec-le-dossier-electronique-du-patient)

**De quoi on parle.** Ce qu’on appelle le dossier électronique du patient est une interface numérique décentralisée, reposant sur plusieurs solutions technologiques gérées par différents organismes privés certifiés par la Confédération. Difficile de faire plus compliqué pour un système censé devenir — selon les mots du Conseil fédéral — «[un pilier du système de santé](https://www.bag.admin.ch/bag/fr/home/das-bag/aktuell/medienmitteilungen.msg-id-96137.html)».

#### Lire aussi: [Berne fait le forcing sur le dossier électronique du patient, boudé par les Suisses](https://www.heidi.news/sante/berne-fait-le-forcing-sur-le-dossier-electronique-du-patient-boude-par-les-suisses)

A cette difficulté de conception s’ajoute le fait que le DEP a été pensé pour les patients et pas vraiment pour les soignants. En pratique, les systèmes informatiques primaires des médecins, hôpitaux et autres professionnels de santé ne sont pas compatibles avec le DEP.

Prenons l’exemple d’un cabinet médical désirant téléverser des documents médicaux dans le dossier électronique de son patient. Il doit extraire lesdits documents de son système informatique, les télécharger sur son ordinateur, s’identifier sur la plateforme internet du DEP, y trouver le bon patient et y téléverser les documents un à un — sans oublier de renseigner les métadonnées de la pièce ajoutée au DEP.

«Le transfert des documents patients représente un travail chronophage pour les soignants», commente le Dr Dominique Bünzli, président de la société neuchâteloise de médecine, qui poursuit:

> «Essayez d’imaginer ce que cela représente pour un médecin qui reçoit entre 10 et 20 patients par jour alors que chaque patient génère plusieurs documents pertinents lors de sa prise en charge… Cet exercice n'est tout simplement pas praticable à large échelle au quotidien.»

De leur côté, les patients sont confrontés à des choix cornéliens: quelle solution privilégier et quelle identité électronique adopter. Parce qu’ouvrir un DEP implique de devoir se doter d’une identité électronique. Sans eID, pas de DEP!

Concrètement, un patient romand a plusieurs solutions différentes pour ouvrir son dossier électronique ([il en existe huit au niveau national](https://www.dossierpatient.ch/professionnels/adopter-dep)):

* Abilis est actif dans toute la Suisse romande

* Mon dossier santé n’est disponible qu’à Neuchâtel

* Cara est actif à Fribourg, Genève, Jura, Valais et Vaud

Pour ce qui est de l’identité électronique, les patients romands ont aussi le choix entre [plusieurs fournisseurs](https://www.dossierpatient.ch/identites-electroniques-certifiees):

* TrustID

* SwissID

* GeneveID

* VaudID-Santé

Mais toutes les identités électroniques ne donnent pas accès à tous les dossiers électroniques. Ainsi, les identités électroniques vaudoises et genevoises ne permettent de se connecter qu’au système Cara. SwissID, identité électronique de la Poste, ne donne pas accès au DEP d’Abilis. En fait, seul TrustID de la société Elca permet d’accéder à toutes les plateformes DEP disponibles dans le pays.

**Problèmes d’interopérabilité.** Cette offre, plus confuse que profuse, souffre d’une limitation majeure: l’absence d’interopérabilité entre les différents systèmes. Un problème connu, mais qui n’est pas encore résolu: tous les systèmes ne «parlent» pas encore la même langue…

Patrice Hof, secrétaire général de Cara:

> «Notre système est actuellement interopérable avec tous les fournisseurs utilisant la plateforme développée par la Poste *(soit la grande majorité des DEP du pays, ndlr)*.

>

> La Poste et Abilis *(solution dévelopée par les pharmaciens du pays, ndlr)* sont en train de corriger les derniers dysfonctionnements. Une prochaine mise à jour devrait alors permettre d’activer l’interopérabilité entre Cara et Abilis.

>

> AD Swiss *(système réservé aux professionnels de santé, ndlr.)* n’est interopérable avec personne puisque ce fournisseur n’est toujours pas en service, ce qui commence à poser un véritable problème d’équité: les prestataires de soins affiliés à ADSwiss n’ont aucune obligation d’utiliser le DEP puisqu’il n’est pas en service, alors que les prestataires affiliés aux autres communautés se plient aux exigences de la loi.»

Chez Abilis *(partenaire de cet article, ndlr.)*, on confirme que les différents systèmes proposés par la Poste seront interopérables à celui d’Abilis d’ici la fin de l’année 2023.

Mais chez eHealth Suisse, organe de coordination entre la Confédération et les cantons pour l’introduction du DEP, on est moins optimiste. Isabelle Gassmann-Hofmänner, du service communication, risque une estimation:

> «L'interopérabilité nationale entre tous les fournisseurs de DEP sera assurée au 4e trimestre 2024».

https://www.heidi.news/articles/quand-y-aura-t-il-enfin-un-seul-dossier-electronique-du-patient-pour-tout-le-monde

#Presse #heidi #Suisse

Heidi.news

On partage 25% de gènes en commun avec la banane [VIDEO]

Connaissez-vous vraiment toute votre famille? Et si certains logaient dans votre panière à fruits? Dans cette vidéo de PopScience réalisée en collaboration avec l'Institut suisse de bio-informatique (SIB), vous allez en apprendre plus sur vos origines.

Quand vous montez un meuble Ikea, vous avez besoin d’une notice. Pour notre corps, c’est un peu la même chose. Pour le corps humain, mais aussi pour l’ensemble des êtres vivants sur Terre, cette notice, qu’on appelle l’information génétique, est stockée dans nos cellules, dans notre ADN, et plus précisément dans certaines régions de notre ADN appelées gènes. L’être humain possède 20’430 gènes. Mais à quoi servent-ils?

Ces gènes pour savoir qui on est. Si on analyse les gènes d’Usain Bolt, il est possible que l'on découvre qu’il a des prédispositions pour le sprint. Si on analyse les gènes de Bart et Lisa Simpsons, on saura qu’ils sont frères et sœurs. Bart et Lisa partagent d’ailleurs presque 100% de leurs gènes, puisqu'ils les ont tous hérité de leurs ancêtres proches: leurs grand-parents, par exemple.

#### Voir aussi: **[Pourquoi on ne ressemble pas à ses frères et sœurs?](https://www.heidi.news/sciences/pourquoi-on-ne-ressemble-pas-a-ses-freres-et-s%C5%93urs-video)**

**Ces gènes pour connaître** **nos ancêtres.** L’analyse de notre patrimoine génétique nous a permis de savoir que les chimpanzés sont nos cousins. Si c’était évident pour Tarzan, ça ne l’était pas forcément pour tout le monde. Pour le savoir, on a comparé l’information génétique d’un humain et celle d’un autre primate. Résultat: nous partageons 98% de nos gènes. On estime que notre ancêtre commun a vécu il y a environ 6 millions d’années.

Et là où c’est surprenant, c’est qu’on a aussi des cousins un peu plus éloignés:

* Le chien: 95 % de gènes en commun

* Le moustique: 49% de gènes en commun

Et nous n’avons pas de la famille seulement parmi les animaux:

* La banane: 27% de gènes en commun

* La tomate: 22% de gènes en commun

**Concentrons-nous sur la banane.** Vous pouviez imaginer que nous sommes aussi proches de la banane ? En fait, nous et le bananier, on a un ancêtre commun qui vivait il y a 1,5 milliard d’années.

Et comment peut-on estimer ce chiffre? Pour répondre à cette question, les scientifiques utilisent des outils bio-informatiques et cherchent ces fameux gènes en commun entre deux espèces, que l’on appelle des orthologues. Ils peuvent ainsi comparer les séquences deux à deux: 20’430 gènes humains avec les 36’000 gènes de la banane pour retrouver ceux qui se ressemblent le plus. Cela représente beaucoup, beaucoup, beaucoup de calculs.

#### Lire aussi: **[Le génome humain séquencé en entier – ah bon, ce n’était pas déjà le cas?](https://www.heidi.news/sciences/le-genome-humain-sequence-en-entier-ah-bon-ce-n-etait-pas-deja-le-cas)**

C’est comme ça que les scientifiques ont découvert que 25% de nos gènes ont un équivalent reconnaissable chez la banane! Ces gènes en communs codent pour des protéines qui sont indispensables à la vie de l’homme et de la banane, comme la fabrication de l’ADN ou la fabrication d’autres protéines.

Par contre, les gènes qui codent la photosynthèse ou la fabrication de la vitamine C ne sont présents que chez la banane; les gènes qui codent pour des protéines impliquées dans le fonctionnement des neurones ou la fabrication des os ne sont présents que chez l’homme.

**LUCA, le même ancêtre pour tous.** Le fait qu’on ait des gènes communs avec des animaux, des champignons ou même des plantes, ça veut dire une chose: il y a un lien évolutif qui unit tous les organismes vivants. En gros, on a tous le même ancêtre.

Et les scientifiques continuent de le chercher : ce dernier ancêtre commun universel est appelé LUCA. Pour l’identifier, il faut d’abord identifier quels sont les gènes qu’on retrouve chez tous les organismes vivants, des bactéries à l’homme, en passant par les champignons et les plantes. Il y en aurait environ 1000.

#### Pour aller plus loin:

* [LightOfEvolution.org](https://lightofevolution.org/)

* [OhMyGenes.org](https://ohmygenes.org/)

* [Les activités grand public du SIB](https://www.sib.swiss/about/activities-for-the-public)

https://www.heidi.news/articles/on-partage-25-de-genes-en-commun-avec-la-banane-video

#Presse #heidi #Suisse

Heidi.news

Face à des curateurs indélicats, la détresse de certains protégés

Vieillissante, Edwige a dû souscrire aux services d’un avocat curateur pour prendre soin de sa fortune. Nicolas a dû composer avec le curateur nommé par le tribunal pour sa mère âgée, dont il souhaitait pourtant s’occuper. Tous deux gardent un souvenir cuisant de leur expérience, s’étant senti infantilisés et dépossédés.

En janvier 2019, Edwige (prénom modifié), sous curatelle depuis six mois, a rendez-vous à l’étude de son curateur. De retour à son domicile, elle est tellement secouée qu’elle ne peut s’empêcher de glisser quelques mots sur l’entrevue dans un mail envoyé à une connaissance : 

«Bonjour XX,

Je sors d’un entretien avec Me Elaret [nom modifié à sa demande], le curateur.

Lamentable. 30 minutes pendant lesquelles il m’a démolie par ces remarques :

Que je dépense plus que je gagne.

Que je n’ai aucune notion de la réalité.

Que je devrais commencer par réduire mon train de vie.

Que j’ai choisi un avocat qui me coûte cher, alors que je n’en ai pas besoin. (…) 

Que la curatelle devrait être définitive car je n’ai pas de capacité de discernement.

Bref, je dégringole à nouveau. (…)

Bien amicalement.

Edwige

Voir plus

https://www.heidi.news/articles/face-a-des-curateurs-indelicats-la-detresse-de-certains-proteges

#Presse #heidi #Suisse

Heidi.news

Le dossier électronique du patient souffre, mais se soigne

Boudé par la population et vertement critiqué par les professionnels de la santé, le dossier électronique du patient souffre d'un désintérêt quasi généralisé. Un constat qui pousse les différents acteurs de ce dossier à améliorer l'outil pour renforcer son utilité.



Cet article a été réalisé dans le cadre d'un partenariat avec la plateforme e-santé Abilis, avec soutien financier sans immixtion éditoriale, dans le contexte de notre masterclass sur le DEP.

Les mots sont durs: «échec», «scandale», «gabegie», «fiasco». Le moins qu’on puisse dire, c’est que le dossier électronique du patient (DEP) génère une avalanche de critiques sévères de la part des professionnels de la santé. Du côté de la population, il peine également à convaincre. Que faire pour que cet outil numérique, censé «devenir un pilier du système de santé», prenne son envol?

Lire aussi: Le dossier électronique du patient devient (enfin) un vrai enjeu national

**Pourquoi on en reparle.** La complexité du dossier électronique du patient rebute. Même les personnes les mieux disposées à son égard reconnaissent les failles du dispositif, accessible à tous depuis deux ans. Pourtant, le DEP est censé faciliter et améliorer l’échange de données entre patients et soignants. Pour comprendre les enjeux, *Heidi.news* organise une masterclass pour mieux «soigner avec le dossier électronique du patient».

#### S’inscrire à notre masterclass: [Soigner avec le Dossier électronique du patient](https://www.heidi.news/evenements/masterclass-soigner-avec-le-dossier-electronique-du-patient)

**

Quelques chiffres**

D’après les données en date de fin août 2023, le dossier électronique du patient, c’est:

* 25'213 DEP ouverts en Suisse.

* Trois plateformes techniques (La Poste, BINT et AD Swiss).

* Huit communautés de référence, dont une à l’usage exclusif des professionnels de la santé.

* 14% des cabinets médicaux connectés.

* 50% des hôpitaux connectés.

* 4% des pharmacies connectées.

* 38% des EMS connectés.**

**

**Le contexte.** Lancé en 2021 après de nombreuses années de gestation, le DEP se heurte à la réticence des professionnels de santé. Une [évaluation menée dans la région lausannoise](https://www.cara.ch/Htdocs/Files/v/7103.pdf/DEPBiopole/Rapport_final2_221122.pdf) entre novembre 2021 et 2022, commandée par Cara, montre l’ampleur du défi:

> «Il ressort de cette étude que les valeurs ajoutées attendues du DEP ne sont pas encore expérimentées dans la pratique. Les freins sont actuellement perçus comme plus importants que les bénéfices, ce qui amène parfois à une perception d’un outil non utile, difficilement utilisable et donc pas utilisé par les professionnels.

>

> De leur côté, les patients qui se motivent pour aller au bout de la procédure d’inscription se retrouvent le plus souvent face à un DEP vide et non utilisé par leurs répondants de santé.»

Pour que l’outil soit utilisable, utilisé et utile, un changement de paradigme est nécessaire, selon les auteurs de l’évaluation présentée en mars 2023 lors d’une conférence à Lausanne. Nathalie Rizzotti, co-autrice, relevait:

> «Il est nécessaire de prioriser le développement du DEP comme un système de santé publique avec une orientation client, pour les citoyens. Cela demande de considérer les professionnels de santé comme des partenaires faisant partie intégrante du système devant délivrer le service en tant que fournisseurs de prestations.»

Conçu pour les patients, le DEP est censé devenir un service de santé publique utilisé par tous et en priorité par les soignants. La Confédération a décidé de pousser en ce sens à la fin du mois de juin, en proposant une [refonte de la Loi fédérale sur le dossier électronique du patient](https://www.bag.admin.ch/bag/fr/home/das-bag/aktuell/medienmitteilungen.msg-id-96137.html). La procédure de consultation dure jusqu’au 19 octobre, pour une entrée en vigueur envisagée en 2027. Les quatre principales évolutions prévues sont:

* Une affiliation obligatoire pour les professionnels de la santé du secteur ambulatoire

* Le DEP pour tous les assurés

* Un financement durable et répartition claire des compétences entre la Confédération et les cantons

* La mise à disposition des données du DEP pour la recherche

#### Lire aussi: [Berne fait le forcing sur le dossier électronique du patient, boudé par les Suisses](https://www.heidi.news/sante/berne-fait-le-forcing-sur-le-dossier-electronique-du-patient-boude-par-les-suisses)

**Amélioration en continu.** En attendant cette évolution législative, les différents acteurs du secteur avancent et mettent déjà en place de nombreuses améliorations. A commencer par eHealth Suisse, organe de coordination entre la Confédération et les cantons pour l’introduction du DEP, qui «travaille actuellement sur le développement de l’ordonnance électronique, du carnet d’allergie et d’intolérance, du rapport de transition électronique, des demandes de tests de laboratoire ou de radiographie et du passeport d’urgence», énumère Isabelle Gassmann-Hofmänner, du service communication d’eHealth Suisse.

A ces projets s’ajoutent deux éléments concrets qui doivent être intégrés rapidement dans le DEP:

* Le carnet de vaccination électronique, d’ici à fin 2023;

* le plan de médication, d'ici à juin 2024.

**Les évolutions romandes.** Les évolutions au niveau national doivent être implémentées par les huit fournisseurs de DEP certifiés dans le pays, dont trois sont actifs en Suisse romande: Cara pour les cantons de Genève, du Valais, de Vaud, de Fribourg et du Jura; Mon dossier santé à Neuchâtel; Abilis pour tous les cantons.

Chez Abilis *(partenaire de cet article, ndlr.)*, qui propose le seul DEP actif au niveau national, les améliorations en cours portent sur l’extension du réseau de pharmacies habilitées à ouvrir un DEP. Madiha Favre, directrice marketing et communication chez Ofac Group, coopérative professionnelle des pharmaciens suisses qui gère la plateforme numérique Abilis:

> «500 pharmacies ont déjà signé le partenariat Abilis. A ce jour près de 60 pharmacies sont prêtes à ouvrir des DEP et 70 d’ici fin septembre. Le processus de certification et de formation pour être habilité à ouvrir des DEP explique ce délai.»

Du côté de Cara, des améliorations supplémentaires sont prévues. Patrice Hof, secrétaire général, commente:

> «Les actions prioritaires de Cara portent sur deux axes: embarquement des professionnelles et des professionnels de santé et simplification du processus d’ouverture d’un dossier.»

Ainsi, les «laboratoires du groupe Medisupport publient automatiquement leurs rapports dans le dossier des patients depuis le printemps dernier», poursuit Patrice Hof. Depuis le mois de juin dernier, Cara a aussi mis en place une rémunération pour les médecins et pharmaciens qui accompagnent leurs patients lors de l’ouverture d’un DEP.

Une nouvelle étape importante est encore prévue dès le mois d’octobre: le raccordement du DEP à [Pulse Medica](https://www.pulsemedica.ch), application de gestion de l’activité médicale et paramédicale. Patrice Hof:

> «Le raccordement des systèmes primaires *(des cabinets médicaux, ndlr.)* simplifie radicalement l’utilisation du DEP par les professionnels de santé et permet une meilleure adhésion des cabinets.»

Du côté des patients, les démarches pour ouvrir un DEP ont été simplifiées: plus besoin d’attendre ses codes d’accès temporaires par courrier postal pour accéder à l’outil numérique. D’ici à la fin de l’année, il devrait également être possible d’ouvrir son dossier directement avec son identité électronique (eID). Enfin, une demande de publication de documents a été intégrée au processus d’ouverture d’un DEP. Cela permet aux patients d’obtenir un dossier documenté dès son ouverture.

https://www.heidi.news/articles/le-dossier-electronique-du-patient-souffre-mais-se-soigne

#Presse #heidi #Suisse

Heidi.news

«Pour être curateur, il faut être rigide»: l’avocat mis en cause dans notre enquête s’exprime

Mis en cause par des protégés ou des proches de protégés rencontrés dans le cadre de cette enquête, Maître Luc Elaret, avocat-curateur à Genève, a accepté de rencontrer Heidi.news, sous réserve qu’aucun dossier précis ne soit abordé et que son nom ne soit pas cité. Selon sa conception, le curateur est «un chien de garde».

L’affaire s’est révélée plus facile qu’anticipé. Quelques heures après avoir été approché par e-mail, Maître Luc Elaret (nom modifié à sa demande) accepte le principe d’un entretien. Le nom de cet avocat, connu sur la place de Genève pour multiplier les mandats de curateur, est revenu plusieurs fois dans la bouche de témoins rencontrés dans le cadre de cette enquête, en des termes très peu élogieux.

Dans l’épisode 3, un ancien policier de 50 ans l’ayant eu comme curateur pour des problèmes d’addiction et d’anxiété, nous le décrit comme «très sec, arrogant presque». Il s’indigne d’avoir reçu une facture – 25’000 francs en deux ans et demi – bien supérieure à la somme annoncée par l’avocat en début de curatelle. Dans l’épisode 1, nous décrivions la situation d’Emilie, 96 ans, qui s’est indignée des manières brusques de Luc Elaret avant, perdant en autonomie au fil des ans, de se murer dans sa maison.

  • «J’ai toujours plaisir à évoquer une partie de mon métier. Par contre, nous sommes bien d’accord sur le fait qu’il ne s’agira en aucune façon d’évoquer tel ou tel dossier en particulier, précise l’intéressé. Ma conception du secret est absolue.»

  • Dans un nouvel échange le lendemain, Luc Elaret pose une deuxième condition: prendre connaissance à l’avance des questions qui lui seront posées. Le cadre de l’interview s’annonce contraint, mais l’enquête exige que nous le rencontrions. Nous nous plions à cette demande.

  • La troisième condition sera formulée après l’entrevue. «Je n’entends pas être cité nommément dans votre article», écrit Me Elaret après avoir, dit-il, sollicité sans succès le TPAE pour être délié du secret concernant ses protégés.

Ambiance glaciale

Nous nous retrouvons à son étude le jour convenu, sous une météo déjà estivale. Pourtant, dès les politesses d’usage échangées, l’ambiance vire au glacial. Physique sec, petites lunettes, lèvres pincées et costume anthracite, l’avocat-curateur est sur la défensive. Il se racle la gorge et s’agace: «J’ai l’impression d’être agressé, je ne comprends rien», dit-il, avant d’insister pour faire cette mise au point : «Je suis avocat généraliste. L’activité de curateur n’est pas mon travail principal. Je travaille depuis de longues années dans le domaine de la protection de l’adulte et de l’enfant, pour une partie de mon temps seulement. Je n’ai pas envie qu’on me colle une étiquette professionnelle.»

À mesure que les minutes s’égrènent, l’atmosphère se décrispe. L’avocat se détend, s’anime sur sa chaise, et finit par se révéler intarissable. À dire vrai, l’entretien relève plus de la conversation à sens unique que de l’interview journalistique: les conditions fixées interdisent d’aborder des points précis soulevés par les protégés de Me Elaret ou de le faire réagir aux affirmations mettant en cause son travail ou son comportement. Pas de place pour les  questions qui fâchent: les dés sont pipés. Nous le laissons donc s’exprimer sur la vision qu’il a de son métier, des personnes sous protection en général et des rapports entre les curateurs privés et le TPAE.

Témoignage d’un curateur décrié

Quand le rendez-vous s’achève, deux heures se sont écoulées pendant lesquelles Me Elaret a parlé sans quasiment s’interrompre. L’auteure de ces lignes a noirci les pages d’un demi cahier de notes d’où ne transpire pas une empathie excessive. En voici les extraits les plus intéressants ou révélateurs.

Voir plus

https://www.heidi.news/articles/pour-etre-curateur-il-faut-etre-rigide-l-avocat-mis-en-cause-dans-notre-enquete-s-exprime

#Presse #heidi #Suisse

Heidi.news

Curatelles: lettre ouverte aux députés genevois

J’adresse une lettre ouverte aux membres du Grand Conseil. Car les découvertes de notre enquête sur les curatelles dans le canton sont inquiétantes. Car le parlement s’est déjà penché à de nombreuses reprises sur le sujet. Le système piloté par le Tribunal de protection de l’adulte et de l’enfant (TPAE) semble sourd aux avertissements, plaintes et recours des «protégés» ou de leurs proches.

Mesdames et Messieurs les députés,

Je me permets de vous signaler une enquête en cours de publication sur Heidi.news, à propos d'un sujet qui a déjà occupé le Grand Conseil. Le 28 février 2020, vous-même ou vos prédécesseurs avez prié le Conseil d'Etat de mettre de l'ordre dans les curatelles, avec le vote de la motion 2616. D’autres débats et motions l’ont précédé, un rapport de la commission des Droits de l’Homme lui a succédé (en août 2021).

Mais… Le problème semble loin d'être réglé.

Notre journaliste, Angélique Mounier-Kuhn, est partie du cas d'une vieille dame enfermée chez elle, apparemment contre son gré, pendant que les gouvernantes qui lui ont été imposées font la fête dans son jardin. Depuis des années, les avertissements des voisins ou des amis restent lettre morte. Puis la pelote a été déroulée, avec d'autres cas. Cinq articles sont en ligne, plusieurs autres vont suivre. [Voici la page pour suivre l'avancée de l'enquête](https://www.heidi.news/explorations/a-geneve-de-la-curatelle-au-cauchemar).

**Dans l'épisode paru jeudi** ([cliquez ici pour lire gratuitement l'article](https://www.heidi.news/articles/curatelle-cherement-payee-j-ai-besoin-de-savoir-si-je-me-suis-fait-rouler-dans-la-farine/gifts/Fb86RUSaBJiKcpusektmJXmGjq1hHw9NPq83GSoR)), on découvre que les protégés ignorent combien va coûter leur curateur et sont débités à leur insu.

Un avocat genevois, connu pour cumuler ce genre de mandats, témoigne de pratiques tarifaires curieuses. Alors qu'il promet à un ancien de la police cantonale que cela ne coûtera que 200 à 400 francs par mois, il facture jusqu'à 1130 francs par mois à son «protégé».

**S'agit-il de malheureux cas isolés**, comme le soutient le Tribunal de protection de l’adulte et de l’enfant (TPAE)? Ou est-ce révélateur de la défaillance d’un système qui a tardé à se remettre en cause et frise désormais l’embolie?

Dès la publication des premiers épisodes de cette enquête, nous avons reçu une avalanche d’autres témoignages de la part de nos lecteurs et au-delà. Beaucoup d’amertume dans leurs lettres: «Nous aussi regrettons d'avoir mis le doigt dans l'engrenage infernal du TPAE», dit l’une. «Quand on est dedans, on sent que ça peut très vite basculer dans le cauchemar, si on n'obtempère pas. En face, les curateurs nous infantilisent», écrit une autre.

**L'an dernier, nous avons révélé** avec nos confrères du *Temps* que des éducateurs et infirmiers du Foyer de Mancy avaient frappé des enfants autistes, les avaient privés de nourriture ou laissés dans leurs excréments. Cela a déclenché une [enquête importante](https://www.heidi.news/education/rapport-sur-mancy-tout-le-monde-en-prend-pour-son-grade-a-commencer-par-mme-torracinta) de votre sous-commission de gestion – et l'histoire n'est sans doute pas terminée.

Toutes proportions gardées, il y a un point commun avec ce que nous avons découvert pour les curatelles. Dans les deux cas, il s’agit d’êtres vulnérables, que les personnes mandatées pour prendre soin d’eux, sous l’égide de la puissance publique, ont failli à protéger.

**Gageons que ces nouvelles révélations** sauront intéresser les membres de votre assemblée, dans le cadre de la mission de contrôle de l’action publique qui vous échoit.

Bien à vous,\

Serge Michel

https://www.heidi.news/articles/curatelles-lettre-ouverte-aux-deputes-genevois

#Presse #heidi #Suisse

Heidi.news

Le prix de la vie: comment devient-on mère porteuse?

Prise dans le flux de véhicules remplis de réfugiés qui engorgent la frontière avec la Pologne, juste après l'invasion russe, Katya repense à la chaîne d'évènements qui l'a amenée à se retrouver à l'arrière de cette voiture, enceinte de sept mois avec le bébé d'une autre. La jeune femme ukrainienne de 24 ans a grandi à Zhytomyr, non loin de Kiev.

A 16 ans, elle perd sa mère. Quatre ans plus tard, son père décède à son tour dans un accident de la route. Agée à l'époque de 20 ans, elle a déjà une fille de trois ans, dont le père a disparu dans la nature. «Je me suis retrouvée du jour au lendemain avec ma sœur de 8 ans, et mon frère de 19 ans à charge», livre-t-elle. Elle se met à chercher du travail. «Mais je vis à Novohrad-Volynskyi, une petite ville où il n'y a guère d'opportunités.»

Une publicité sur Facebook

Un jour, Katya aperçoit une publicité sur Facebook pour la gestation pour autrui (GPA). «Je ne ferais jamais cela à mon corps», se dit-elle d’instinct. Mais les mois passent et l'argent ne rentre pas, alors elle se résout à contacter le numéro figurant sur l'annonce.

Une première grossesse en 2019 finit en fausse couche et l'agence la laisse tomber. Par bouche-à-oreille, elle entend alors parler de NestAndCo, une agence qui a bonne réputation dans le milieu. En septembre 2021, elle tombe enceinte au premier essai du bébé d'un couple irlandais d'origine roumaine. La voici mère porteuse.

Elle rencontre Adriana, la mère, à Kiev avant le transfert de l'embryon, puis à nouveau lors de l'échographie des 20 semaines. Elle l'aime bien. Lorsque celle-ci lui propose de fuir à Cracovie, en Pologne, au début des hostilités, elle prend un taxi pour Lviv, à l'ouest du pays, avec sa fille Anya, 6 ans, et y retrouve la responsable locale de l'agence, qui l'embarque dans sa voiture à destination de la frontière.

De 20 à 25’000 francs la gestation

Voir plus

https://www.heidi.news/articles/le-prix-de-la-vie-comment-devient-on-mere-porteuse

#Presse #heidi #Suisse

Heidi.news

Curatelle chèrement payée: «J’ai besoin de savoir si je me suis fait rouler dans la farine»

Une personne sous protection n’a souvent pas la moindre idée de ce que va coûter la rémunération de son curateur, qui sera directement prélevée sur sa fortune. L’avocat genevois Luc Elaret (nom modifié) a ainsi facturé ses services à un ancien policier 3,7 fois plus cher qu’un autre curateur, à mandat équivalent. «Les protégés sont captifs», dénonce un expert. Certains en viennent à devoir vendre leur maison.

Patrick Spitzner ne décolère pas. Il dit vouloir «lancer l’alerte». Dans l’épisode précédent, nous avons évoqué les circonstances de la mise sous curatelle de cet ancien de la police cantonale de Genève: des addictions et des dépenses compulsives contre lesquelles il pensait se prémunir en sollicitant des mesures de protection.

Aussi, en août 2019, c’est plutôt avec soulagement qu’un des seuls témoins ayant accepté d’apparaître à visage découvert dans cette enquête accueille la décision du Tribunal de protection de l’adulte et de l’enfant (TPAE) de le placer au bénéfice d’une curatelle de représentation et de gestion administrative ainsi que patrimoniale.

Voir plus

https://www.heidi.news/articles/curatelle-cherement-payee-j-ai-besoin-de-savoir-si-je-me-suis-fait-rouler-dans-la-farine

#Presse #heidi #Suisse

Heidi.news

Comment Anzère a construit son chauffage renouvelable pendant que Crans-Montana cafouillait

C’est l’histoire de deux communes et stations de ski valaisannes qui se sont lancées dans la construction d’un réseau de chauffage à distance au bois renouvelable. Mais alors que la modeste Anzère est parvenue à relier une centaine de bâtiments et chauffe 80% des lits de la station, Crans-Montana a fait face à 700 oppositions. Et elle n’a toujours pas de chaufferie. Parce que les communes du Haut Plateau n’ont pas eu la chance d’avoir le moteur d’un entrepreneur.

L’adjectif dynamique qualifie souvent les entrepreneurs, au point de paraître cliché. Toutefois, dans le cas de Markus Mann, il est justifié. La foulée et les gestes de cet entrepreneur allemand, fidèle à la station d’Anzère depuis que son père y a acheté un appartement en 1971, sont rapides. Et son débit de parole tout autant. Avec un enthousiasme communicatif qui n’est peut-être pas étranger au succès du réseau de chauffage à distance au bois qu’il a construit pour la station valaisanne.

7000 lits chauds

Voir plus

https://www.heidi.news/articles/comment-anzere-a-construit-son-chauffage-renouvelable-pendant-que-crans-montana-cafouillait

#Presse #heidi #Suisse

Heidi.news

Et si l’obésité pouvait aider à combattre le cancer [VIDEO]

Le cancer, c'est un peu une guerre entre un ennemi et votre système immunitaire. Et dans cette guerre, l’obésité, elle joue un peu le rôle d’espion ou plutôt d’agent double. C'est le sujet de ce PopScience réalisé en collaboration avec Ma Thèse en 180 secondes. Dans cet épisode, Eloïse Dupuychaffray, de l'Université de Genève, nous détaille ses recherches.

«Pour comprendre l’effet de l’obésité sur notre corps, je regarde comment le cancer se développe chez des souris: des mâles, des femelles, mais surtout des souris toutes menues, et des souris bien grassouillettes. Ce qu’on observe, c’est que le cancer est beaucoup plus agressif chez les souris obèses.

Bon, pas très surprenant, mais c’est ensuite que ça devient intéressant. Ces petites souris, nous avons essayé de les soigner avec un traitement appelé immunothérapie. Bon, vous allez me dire, qu’est-ce que c’est que cette invention encore?

### L’immunothérapie, coach de notre immunité

Dans notre corps, nous avons plein de petites cellules qui patrouillent comme une armée, prêtes à nous défendre contre toutes sortes de dangers. Cette équipe de cellules, c’est notre système immunitaire. Mais, le problème, c’est que nos cellules sont parfois fatiguées, pas très attentives, ce qui permet au cancer de s’installer et d’envahir tout notre corps.

#### Voir aussi: [nos vidéos PopScience sur la santé](https://www.heidi.news/videos/popscience)

L’immunothérapie, c’est un peu comme un coach pour notre système immunitaire qui rassemble ces joueurs à la mi-temps. La stratégie avec l'immunothérapie, c'est de réapprendre à notre propre système immunitaire, c'est-à-dire dire nos cellules de défenses, à détecter et à détruire le cancer. Et là, fin du match, le cancer devrait avoir disparu.

Pour ça, revenons à mes petites souris. Je leur ai donné de l’immunothérapie, et ça a plutôt bien diminué le cancer… chez les femelles seulement. Par contre, chez les souris mâles, l’immunothérapie n’a fonctionné que chez les souris obèses. Bizarre, non? Parce qu’on vous dit d’abord que l’obésité, c'est mauvais, ça augmente le risque de cancer, et maintenant on dit que les mâles devraient être obèses pour guérir? Ça n’a pas de sens!

### L’obésité, un avantage?

Fantastique n’est-ce pas? Oui, en théorie, parce qu’en réalité ce traitement ne fonctionne pas chez tout le monde. On essaie donc de comprendre ce qui fait que l'immunothérapie fonctionne ou pas. En particulier, dans mon projet, on regarde l'effet de l'obésité.

On a vu que l'immunothérapie marche plutôt bien chez les souris mâles obèses, mais pas chez les mâles non obèses. On regarde donc ce qu'il y a chez les mâles obèses qui rendrait l'immunothérapie plus efficace.

C’est pour cela que je regarde d’un peu plus près mes souris mâles pour comprendre comment l’obésité peut les aider à guérir avec l’immunothérapie, et surtout, comment cet avantage, je peux l’utiliser chez les autres souris, pour que toutes, mâles, femelles, menues ou grassouillettes, puissent guérir du cancer. Mais attention, sans pour autant leur donner les problèmes liés à l’obésité.»

https://www.heidi.news/articles/et-si-l-obesite-pouvait-aider-a-combattre-le-cancer-video

#Presse #heidi #Suisse

Heidi.news

De Zurich à New York, la quête impossible de l'avocat suisse des animaux

Soutenu par quelque 200 organisations animalistes, l’avocat suisse Antoine Goetschel, qui préside la Global Animal Law GAL Association, tente désespérément d’introduire à l’ONU une convention au nom de ses protégés non humains. Une quête aux allures de supplice de Sisyphe.

Une silhouette de dandy se dessine à l’arrêt de tram de Klusplatz, à Zurich. Dans la foule de ce quartier populaire, Antoine Goetschel, un des premiers avocats des animaux au monde et notre hôte du jour, se démarque des passants par son allure distinguée. Nous sommes en pleine canicule, mais l’homme porte un costume. «Soigner son apparence, c’est important», précise-t-il, ajustant un petit foulard à motifs qui sort de sa poche.

Je suggère qu’un bouledogue complèterait son look à merveille. «Les animaux de compagnie, ce n’est pas mon univers, rigole l’avocat. Je les aime bien, mais je n’ai pas besoin d’en avoir chez moi. Ce sont mes clients.»

Quelques rues plus loin, nous voici arrivés à destination. Une étroite cage d’escalier encombrée nous mène jusqu’à une petite caverne d’Ali Baba. Des statues plaquées or de bouddhas et de divinités tibétaines prennent la poussière devant des toiles, broderies, photos de famille, un trampoline et un «super cristal» qui pèse son demi-quintal. Posés sur un canapé en cuir satiné, nous entamons une interview qui va durer quatre heures.

Voir plus

https://www.heidi.news/articles/de-zurich-a-new-york-la-quete-impossible-de-l-avocat-suisse-des-animaux

#Presse #heidi #Suisse

Heidi.news

Curatelles à Genève, mode d’emploi

Vieillissement de la population, montée de l’individualisme, complexité administrative: le nombre d’adultes sous curatelle ne cesse d’augmenter en Suisse. Ils étaient plus de 100'000 à bénéficier de mesures de protection en 2021. La nouvelle loi introduite en 2013 a mis l’accent sur la préservation de l’autonomie et une personnalisation de l’accompagnement en fonction des besoins des personnes concernées.

Edwige (prénom modifié à sa demande) n’oubliera jamais le coup de téléphone reçu d’un membre de sa famille à l’été 2018. Elle était alors en vacances à l’étranger. «Regarde dans ta boîte mails, quelque chose d’important t’attend», l’enjoint son interlocuteur. La Genevoise se précipite sur son ordinateur et ouvre un document à l’entête du Tribunal de protection de l’adulte et de l’enfant (TPAE). Depuis plus d’un an, la pétillante septuagénaire est victime d’une arnaque. Pour tromper sa solitude, elle a, à la suggestion d’un membre de sa famille, fait une rencontre sur Internet. Mais alors qu’elle commence à s’attacher, ce pseudo-amoureux lui demande des virements importants pour de prétendues raisons humanitaires. Habituée à soutenir des causes, Edwige tombe dans le piège. A plusieurs reprises.

En balayant le courriel, elle découvre que, sans l’en informer, ses proches, inquiets de ne pas arriver à lui faire entendre raison, l’ont signalée au TPAE. Le tribunal a estimé que les intérêts d’Edwige étaient suffisamment menacés pour ordonner des mesures superprovisionnelles, c’est-à-dire prises avant instruction et sans audition de la personne concernée, ni évaluation d’un psychiatre. D’autorité, Edwige a été placée sous curatelle. Elle est privée de l’exercice de ses droits civils (mais les droits politiques sont maintenus), ne reçoit plus son courrier et n’a plus accès à ses comptes. «Ma vie suivait tranquillement son cours. Et soudain, le choc», frémit-elle au souvenir de ce courriel.

Un policier sous curatelle

Pour Patrick Spitzner, 50 ans aujourd’hui, le processus a été moins brutal. En 2019, cet ancien policier cantonal à Genève, l’un des deux seuls témoins de notre enquête à accepter de livrer son expérience de la curatelle à visage découvert, prend conscience que ses dépenses compulsives le mettent financièrement en danger. Atteint d’anxiété et d’addictions, il convient avec son médecin traitant d’adresser un signalement au TPAE en avril. «Nous l’avons fait pour que je puisse être protégé de moi-même», se remémore le Genevois. Quelques semaines plus tard, le Tribunal institue une mesure de curatelle.

Que leur démarche ait été volontaire, comme celle de Patrick, ou que leur curatelle leur ait été imposée, à l’image d’Edwige ou d’Emilie rencontrée dans les précédents épisodes, la Suisse comptait fin 2021 un total de 100’593 adultes au bénéfice de mesures de protection. D’année en année, ce chiffre ne cesse de progresser: 96’885 en 2019, 89’605 en 2016. Les mesures de protections concernaient ainsi 14,04 Suisses pour 1000 habitants à fin 2021 (16,29 dans le canton de Genève), contre 13,79 en 2019 et 12,97 en 2016.

Augmentation en flèche

Genève n’échappe pas à la tendance, comme le montre le graphique ci-dessous.


Source: Tribunal de protection de l’adulte et de l’enfant

«L’une des explications à cette progression continue réside dans l’allongement de la durée de vie et les progrès de la médecine», estime Diana Wider, secrétaire générale de la Conférence en matière de protection des mineurs et des adultes (COPMA), l’organisme intercantonal qui coordonne la coopération entre cantons, Confédération et organisations nationales.

La Suisse est désormais championne du monde de la longévité. On y recense aujourd’hui 1888 centenaires (des femmes à 75%), contre 787 en 2000 et 377 en 1990. D’après Daniela Jopp, professeure à l'Université de Lausanne, une fille sur trois et un garçon sur quatre nés après 2000 deviendront à leur tour centenaires. Corollaire du vieillissement de la population, le nombre de personnes atteintes de pathologies telles que Alzheimer ou d’autres formes de démence gagne sans cesse du terrain. Selon la fondation Alzheimer Suisse, 32’200 nouveaux cas sont détectés chaque année (des femmes à 66%). A ce rythme, l’organisation évalue que près de 315 400 personnes pourraient être touchées d’ici 2050, ce qui signifie que personne ne sera à l’abri de compter un proche au bénéfice de mesures de protection dans son entourage et/ou d’être personnellement concerné.

La montée de l’individualisme

Outre les gains dans l'espérance de vie, des évolutions sociétales entrent aussi en ligne de compte. Diana Wider, qui est également professeure à la Haute école spécialisée de Lucerne, pointe ainsi «la montée de l’individualisme»: «Les familles n’apportent plus le même soutien qu’autrefois à leurs aînés. Il y a vingt ans, il était encore courant de s’occuper de ses parents. Aujourd’hui, on se sent plus libre de les laisser vieillir dans un établissement médico-social (EMS). A cela s’ajoute le formalisme administratif: avec Internet, il est devenu très compliqué pour elles de remplir le moindre formulaire et les personnes âgées ont de plus en plus besoin d’être accompagnées dans leurs démarches.»

La curatelle est la mesure phare du droit de la protection de l’adulte et de l’enfant régi par le Code civil (articles 360–455). En Suisse, elle se décline sous quatre formes, appliquées en fonction de l’état de la personne concernée, qui vont de la plus légère à la plus restrictive en matière d’autonomie, les trois premières pouvant être combinées entre elles. A titre d’exemple, la curatelle de portée générale, celle qui s’est imposée à Edwige, est prévue pour les personnes ayant particulièrement besoin d’être aidées parce que l’autorité de protection a estimé qu’elles ne jouissaient pas de leur discernement. La curatelle de Patrick se limitait à des mesures de gestion et de représentation.

Quatre types de curatelles

Voici les caractéristiques de ces différentes curatelles telles que présentées sur le site du Pouvoir judiciaire du canton de Genève:

Voir plus

https://www.heidi.news/articles/curatelles-a-geneve-mode-d-emploi

#Presse #heidi #Suisse