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Les actualités de Heidi.news sur Nostr

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Le dessin de la semaine: Monsieur prix demande le gel des primes maladie

Le Surveillant des prix Stefan Meierhans a réuni le 5 septembre à Berne les organisations suisses de consommateurs. Le renchérissement était au centre des discussions. Parmi les mesures demandées figurent le gel des primes maladie et la diminution des frais bancaires.

L'organisation d'un tel sommet a été jugée nécessaire vu la forte hausse des charges financières qui pèsent sur les consommateurs et consommatrices, et les raisons parfois opaques de cette évolution, a insisté Stefan Meierhans. Les organisations et le Surveillant des prix se sont mis d'accord pour collaborer de manière ciblée sur ce dossier.

Les soucis financiers auxquels sont confrontés les Suisses et Suissesses vont croissant. On le voit entre autres à la multiplication des annonces envoyées chaque jour aux organisations de protection des consommateurs et au Surveillant des prix, a rappelé celui-ci.

https://www.heidi.news/articles/le-dessin-de-la-semaine-monsieur-prix-demande-le-gel-des-primes-maladie

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A Samsø, au Danemark, les éoliennes paient l’université des enfants

Comment faire accepter la construction d’éoliennes sur le terrain? Heidi.news a suivi un groupe d’énergéticiens suisses sur l’île-commune de Samsø, devenue autonome en électricité verte dès 2007. Comment? Grâce à une participation des citoyens, à la fois clients et bénéficiaires. Bonne nouvelle, nos énergéticiens ont décidé de s’inspirer de cette approche en Suisse.

«Regardez! On aperçoit les éoliennes de Samsø». Index tendu sur le pont du ferry, le professeur Stéphane Genoud ne cache pas son plaisir de venir revisiter cette commune exemplaire de la transition énergétique, sur une île de la mer intérieure du Danemark. Il l’a découverte via le projet de l’un de ses étudiants.

Cette fois, le chercheur en énergie de la Haute Ecole du Valais (HES-SO) est accompagné par la direction et le conseil d’administration d’une petite entreprise électrique romande, la Société électrique des forces de l'Aubonne (SEFA). Stéphane Genoud les a convaincus de faire 14 heures de train et de bateau pour venir s’inspirer de ce qu’a accompli Samsø.

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Le professeur Stéphane Genoud de la HES-SO Valais. | Heidi.news / FD

L’entreprise a pour projet de dresser entre 4 et 7 éoliennes à Bienne, en terre helvète où les turbines sont loin d’être en odeur de sainteté. En Suisse, un projet éolien prend au minimum 20 ans pour aboutir. Encore faut-il que les porteurs du projet aient le temps et la volonté de surmonter les oppositions locales, qui ne manquent jamais de surgir.

Lire: Eoliennes: à Sainte-Croix, le long supplice des pales

Pour l’heure, les cadres de SEFA sont tout ouïe quand l’enseignant explique qu’ici au Danemark, c’est la participation citoyenne qui a été la clé du succès. «Les éoliennes paient les études des enfants», résume Stéphane Genoud. Depuis le pont du ferry pour Samsø, on dénombre dix turbines «offshore», à quoi s’ajoutent onze turbines construites à terre, pour 3700 habitants. Avec ses neuf millions d’habitants, la Suisse en compte 42. Cherchez l’erreur.

A l’académie énergétique

Les cadres de la SEFA découvrent le lendemain le modèle de turbine employé à Samsø, à l’Ernergi Akademi, dans le petit port de Ballen. Le centre, installé dans un bâtiment évoquant l’architecture viking à la sauce «énergie positive», a été créé en 2007 pour diffuser le modèle local de transition énergétique. Il fait face à une demande qui ne se dément pas.

Ses clients: des collectivités publiques du monde entier, de l’île de Lombok en Indonésie à la région du Piémont en Italie, en passant par la commune d’Ogata au Japon. Si ses statuts ne lui permettent pas de dégager des profits, l’académie se finance en vendant à hauteur de 8 millions de couronnes danoises (1 million de francs) par an ses conseils.

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Michael Kristensen resposnable des projets de l'Energi Akademi. | Heidi.news / FD

Chef de projet à l’Energi Akademi, Michael Kristensen, qui est aussi pompier et coach du club de foot local, nous explique que son île est devenue un modèle de transition énergétique par le produit de deux concours.

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https://www.heidi.news/articles/a-samso-au-danemark-les-eoliennes-paient-l-universite-des-enfants

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Masterclass: Soigner avec le Dossier électronique du patient

L’adoption du dossier électronique du patient (DEP) patine en Suisse. Seuls 19’481 dossiers étaient ouverts dans le pays à la fin avril 2023, alors que l’objectif des 20’000 aurait dû être atteint à la fin 2022. La Confédération entend désormais inverser la tendance et «booster» le DEP. Alors que le champ d’application du DEP doit être étendu à tous les secteurs de soins, cette masterclass a pour but d’aider les professionnels de santé à y voir plus clair.

La masterclass Soigner avec le Dossier électronique du patient vous permettra d’avoir une vision globale et pratique des enjeux liés au dossier électronique du patient. Elle aborde non seulement les opportunités, mais aussi les risques et les contraintes.

Jeudi 21 septembre à 17h à notre rédaction (Avenue du Bouchet 2, 1209 Genève).

Pourquoi participer?

Cette masterclass vous apportera des **conseils pratiques** et une **vision claire des enjeux**, notamment en matière de **protection des données**. Vous aurez en main **les clefs pour déterminer comment et pourquoi travailler avec le dossier électronique du patient**.\

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Cette masterclass explore l'utilisation du DEP à travers:

* Le témoignage de Dominique Bünzli, président de la société vaudoise de médecine, qui parlera de son expérience avec le dossier électronique du patient;

* L’expertise de Sébastien Fanti, avocat technologue, et ancien préposé à la protection des données pour le canton du Valais;

* Les explications du Dr. David Volz, Docteur ès Sciences techniques de l’EPFL, et directeur du Département prestations à l’OFAC, la coopérative professionnelle des pharmaciens suisses.

Les discussions seront animées par Annick Chevillot, journaliste santé Heidi.news.\

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La masterclass sera suivie d'un **apéritif de réseautage**.

**Qui est concerné?**

Cette masterclass est destinée aux professionnels de santé (médecins, infirmières libérales, physiothérapeutes…) et à toute personne amenée par sa profession à travailler avec et à utiliser le dossier électronique du patient.

[Lien pour l’inscription](https://www.heidisolutions.news/soigner-avec-le-dep)

Cette Masterclass a été organisée avec le soutien d’[Abilis](https://fr.abilis.ch "Abilis").

*Abilis est une une communauté de référence certifiée au sens de la loi fédérale sur le Dossier électronique du patient (DEP). Cette plateforme, nationale et interprofessionnelle, propose à la population l’ouverture d’un DEP dans une des nombreuses pharmacies partenaires à travers tout le pays. Création d’un identifiant électronique et ouverture du dossier électronique sont effectuées en quelques minutes avec l’accompagnement de l’équipe de la pharmacie. Abilis est une initiative d’Ofac, la coopérative professionnelle des pharmaciens suisses avec la participation de pharmaSuisse.*

https://www.heidi.news/articles/masterclass-soigner-avec-le-dossier-electronique-du-patient

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Ukraine, ce pays où les femmes portent les enfants des autres

Depuis 2015, l’Ukraine est devenue le principal pays au monde pour la gestation pour autrui, du fait du retrait des principaux pays asiatiques. De quoi permettre à Mercedes, en Argovie, à Cathy et Adriana en Irlande, de devenir enfin mères. Moyennant une somme très inférieure à ce qu'aurait coûté la procédure dans l’autre grand pôle mondial de la GPA: les Etats-Unis.

A 51 ans, Mercedes n'était pas une candidate idéale pour la gestation pour autrui (GPA). La Suissesse avait déjà deux enfants adultes, d'un premier mariage, et à son âge, il ne serait pas évident de produire des embryons de bonne qualité. Pourtant, elle et son mari Roland voulaient ardemment un autre enfant, le premier pour lui. Après plusieurs fécondations in vitro (FIV) ratées, accompagnées de fausses couches, la GPA semblait la seule voie possible.

En décembre 2020, alors que l'épidémie de Covid-19 fait encore rage, cette thérapeute d'origine portugaise quitte son pavillon au milieu de la campagne argovienne à destination de Kiev. Sur place, elle rencontre les responsables d’une agence trouvée en ligne, Vittoria Vita, qui lui présentent différents forfaits de prestations. Elle choisit l'option VIP, pour un coût de 50'000 euros.

Mères sur catalogue

«Pour cette somme, on me garantissait un bébé», dit-elle de sa voix douce. Elle aurait droit à un nombre illimité de FIV et de transferts d'embryons. En cas d'échec, l'agence s’engage à utiliser les ovocytes d'une donatrice. En raison de son âge, elle passe directement à la seconde option. La donatrice doit rester anonyme, mais Mercedes se voit offrir de la choisir dans un catalogue contenant «des photos avec des informations sur son poids, sa taille, la couleur des yeux de ses parents et même ses plats préférés.»

La fécondation, avec les ovocytes de la donneuse et le sperme de son mari, donne six embryons. Pour maximiser les chances de succès, l'agence les teste pour repérer des anomalies chromosomiques, comme la trisomie 21. Cela permet aussi de connaître le sexe du futur bébé. «On nous a dit qu'il y avait trois filles et trois garçons, glisse Mercedes. Mon mari voulait un fils alors nous avons choisi un embryon mâle.»

Un enfant conçu à quatre

Peu après, Mercedes rencontre celle qui sera la mère porteuse: Yuliia. Mère célibataire de deux enfants, 8 et 11 ans, elle vit à Jitomir, une ville modeste à 140 kilomètres à l'ouest de Kiev. La grossesse prend au premier essai. S'ensuivent neuf mois de communication via WhatsApp. «Yuliia ne parlait pas l'anglais et moi pas l'ukrainien, alors nous utilisions une app de traduction instantanée, explique la Suissesse. Elle nous envoyait des photos de son ventre et des échographies, nous parlait de son quotidien.»

Mi-février 2022, alors que Yuliia est sur le point d'accoucher, Mercedes embarque à nouveau pour Kiev. Mais elle a le cœur lourd. Si près du but, elle se demande si elle n'a pas commis une grosse erreur. «Est-ce que je l'aimerai, ce bébé? Ressentirai-je le même amour inconditionnel pour lui que pour mes deux autres enfants que j'ai portés?», s'interroge-t-elle.

Ces questions la taraudent durant tout le vol. A l'arrivée, elle apprend que son fils Cristiano vient de naître et se précipite à l'hôpital. A la vue du nourrisson, ses craintes s'évaporent. «Coup de foudre au premier regard», souffle-t-elle, son soulagement encore perceptible.

Mères porteuses en fuite

L'expérience de Mercedes reflète celle des 2000 à 3000 couples qui se tournaient vers la gestation pour autrui en Ukraine chaque année avant la guerre. Le pays a émergé comme une destination de premier plan pour cette pratique aux alentours de 2015, lorsque plusieurs pays asiatiques l'ont prohibée. «Le gouvernement indien a interdit la GPA pour les couples étrangers homosexuels en 2013, puis pour tous les non-Indiens en 2015», explique William Houghton, patron de l’agence américaine Sensible Surrogacy, créée pour aider les couples à naviguer la GPA.

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https://www.heidi.news/articles/ukraine-ce-pays-ou-les-femmes-portent-les-enfants-des-autres

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En Valais, un maire suspendu à la votation sur les parcs solaires alpins

Le 10 septembre 2023, les électeurs valaisans doivent se prononcer sur un décret destiné à accélérer la construction de grandes installations photovoltaïques. En réalité, ce sera un arrêt de vie ou de mort pour les sept projets de parcs solaires alpins du canton, car les subventions fédérales sont liées à leur vitesse de déploiement. Celui de Grengiols, dans une zone protégée, fait polémique. Voici les arguments du maire, Armin Zeiter, en faveur de ce projet qui compte encore de surprenantes inconnues.

Le 24 août dernier, lors d’une masterclass organisée au forum Moving Mountains aux Diablerets, Heidi.news recevait Armin Zeiter, le président (maire) de Grengiols, la commune du Haut-Valais qui pourrait accueillir le plus grand parc solaire de Suisse, d'une surface de 1 kilomètre carré.

L’élu défend ce projet parce qu’à 2500 mètres d’altitude, son rendement énergétique serait important, y compris en hiver quand les pénuries menacent la Suisse. Mais le projet fait aussi face à deux types de critiques:

* Les défenseurs de l’environnement soulignent que l’installation est prévue dans un parc naturel régional protégé.

* D’autres acteurs estiment que la population de Grengiols ne profitera pas assez des retombées économiques du projet, piloté loin des vallées valaisannes.

#### **Lire notre grande enquête**: [Remettre l’énergie au milieu du village](https://www.heidi.news/explorations/remettre-l-energie-au-milieu-du-village)

Ces deux questions sont au centre de la votation du dimanche 10 septembre 2023 en Valais, sur un décret cantonal visant à accélérer les procédures d’autorisations des projets de parcs solaires alpins du canton. *Heidi.news* s’est entretenu avec Armin Zeiter en marge de la manifestation Moving Mountains.

##### **Heidi.news — Qui est à l’origine du projet de parc solaire alpin à Grengiols, la commune ou vos partenaires énergéticiens?**

**Armin Zeiter —** L'organisme responsable de Grengiols Solar se compose de la commune d'implantation, des fournisseurs d'énergie régionaux comme Energie Brig-Aletsch-Goms (EnBAG) et cantonaux avec les Forces Motrices Valaisannes (FMV) ainsi que les entreprises électriques de Zurich (EKZ), le GroupeE et les services industriels de Bâle (IWB).

##### **Certes, mais pouvez-vous nous parler de la genèse du projet? Est-il d’origine locale?**

L’idée de Grengiols Solar a été déclenchée par un article de Peter Bodenmann dans les colonnes du *Rote Anneliese* (*hebdomadaire* *haut*-*valaisan, ndlr.*) en septembre 2021. Il proposait la création de parcs solaires alpins. En raison de la situation géopolitique avec la guerre en Ukraine, les prix de l'électricité et la sécurité de l'approvisionnement sont devenus ensuite des questions centrales. Grengiols Solar, qui est le vaisseau amiral de la stratégie «Solar Express» de la Confédération, a bénéficié d'une attention et d'une couverture médiatique énormes.

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Le contexte**

Un an après que l’ancien élu socialiste valaisan Peter Bodenmann a lancé l’idée de parcs solaires dans les Alpes, une loi urgente en faveur de telles installations, proposée par le conseiller aux Etats valaisan Beat Rieder, a été adoptée en septembre 2022 à l’unanimité par la chambre haute. Elle prévoit une subvention fédérale pouvant atteindre 60% des coûts d’investissements.

L’obtention de cette manne (baptisée «Solar Express») est cependant soumise à deux conditions: un minimum de 10% de l’électricité prévue par les projets candidats devra être injectée dans le réseau suisse d’ici au 31 décembre 2025. Par ailleurs, lorsque le total de 2 TWh (2000 GWh) de production annuelle cumulée aura été atteint par les premiers projets, il n’y aura plus de subventions pour les suivants.

Face à cette urgence et à cette aubaine, une vingtaine de projets de parcs solaires alpins ont éclos dans toute la Suisse. Le Valais en compte sept :

* **Gondosolar.** Situé sur un alpage proche du col du Simplon à 2000 mètres d’altitude, ce projet dévoilé en février 2022 prévoit l’installation de 100’000 mètres carrés de panneaux pour une production de 23 GWh par an (la consommation de 5200 ménages). L’assemblée communale de Gondo-Zwischbergen a accepté la construction en juin 2023.

* **Ovronnaz Solar.** En collaboration avec le groupe Alpiq, la commune de Leytron envisage un parc de 160 000 m² pour une production annuelle de 40 GWh dans les hauteurs du domaine skiable d’Ovronnaz.

* **Hérémence.** Ce parc de 350’000 mètres carrés se situerait à 2800 mètres sur le site de Prafleuri, une ancienne carrière du barrage de la Grande-Dixence sur la commune d’Hérémence. L’assemblée communale a accepté à l’unanimité à ce parc qui produirait entre 40 et 50 GWh par an.

* **Vispertal.** Ce projet prévoyait initialement l’installation de 800’000 modules solaires permettant de produire 1,44 TWh par an d’électricité dans six champs au-dessus de Viège. Il a été divisé de moitié à cause des risques naturels et de la difficulté à le connecter au réseau.

* **Grimentz.** Situé sur l’alpage des Grands Plans en haut du domaine skiable, ce projet de 166’000 mètres carrés (10 à 12 GWh par an) a été accepté en juin par l’assemblée primaire de la commune d’Anniviers.

* **Orsières.** Un nouveau parc solaire alpin de 150’000 mètres carrés est à l’étude sur les hauts d’Orsières, près du domaine skiable de Bruson.

* **Grengiols.** D’abord prévu sur 3,4 kilomètres carrés pour produire 600G Wh par an, le projet de Grengiols a été réduit au printemps dernier avec un objectif de 110G Wh. Le projet se situe dans le parc naturel régional du Binntal. Les propriétaires fonciers et la population de Grengiols votent le 10 septembre sur le projet.**

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##### **La première version du projet prévoyait une production de 600 GWh par an, désormais de 110 GWh. Pourquoi ce changement de taille?**

A cause de la nouvelle loi fédérale sur la sécurité de l'approvisionnement en électricité produite à partir d'énergies renouvelables, et en particulier de la loi urgente qui pose un cadre déterminant pour les subventions et le calendrier.

##### **Dans ce redimensionnement, quel rôle a joué l'absence de lignes électriques importantes près du site?**

Des synergies sont exploitées avec les centrales hydroélectriques existantes et on aura recours à leurs capacités de transport d'électricité. De plus, il existe un autre projet d'intérêt national à proximité immédiate: le barrage de Chummensee, négocié lors de la table ronde sur la force hydraulique et prévu dans le plan directeur Force hydraulique valaisan. Grâce à cette «batterie», il sera possible de transférer le surplus d'électricité d'été en précieux courant d'hiver en le stockant sous forme hydraulique.

##### **Est-il envisageable, si le premier projet est accepté, qu'il soit étendu par la suite?**

Je vous répondrai par une question: quelle sera la situation géopolitique, économique et énergétique dans quelques années et quelles seront les nouvelles technologies mises en œuvre?

![Capture d’écran 2023-09-05 à 17.21.23.png](https://heidi-17455.kxcdn.com/photos/45a12cbd-3670-4855-902e-39e3895f90a7/large "Le projet initial de parc solaire dans le Binntal. | Grengiols Solar")

##### **A combien sont estimés les coûts totaux du projet dans sa version à 110 GWh?**

Ces calculs sont actuellement en cours d'élaboration par l'équipe du projet afin d'obtenir des valeurs solides et aussi précises que possible.

##### **Vos opposants considèrent qu'il est prioritaire de déployer l'énergie solaire sur les toits existants plutôt qu'en pleine nature. Que répondez-vous?**

Bien sûr que cela doit aussi avoir lieu. Mais le facteur temps de réalisation, la rentabilité et aussi les possibilités financières des propriétaires jouent ici un rôle déterminant.

##### **Le parc solaire de Grengiols est prévu dans la vallée de Binn, une zone protégée. Pourquoi ce choix et quelles études d'impact sur l'environnement ont été réalisées?**

Nous sommes conscients de nos responsabilités envers l'homme et aussi l'environnement et les prenons très au sérieux. Comme il n'existe pas encore d'installations solaires en altitude dans les Alpes, il n'est pas encore possible de faire des déclarations sûres sur la question de l’impact environnemental. Ce que l’on sait, c’est que les installations solaires en plaine servent de refuge aux animaux, que les oiseaux ne fuient pas ces installations et qu'elles ne nuisent pas à la biodiversité. Des relevés de terrain sur la faune et la flore sont effectués en 2023 en ce qui concerne le site de Grengiols-Solar.

##### **Le conseiller d'État valaisan en charge des finances et de l'énergie, Roberto Schmidt, a fait remarquer que Grengiols pourrait perdre le label de parc naturel du Binntal si le projet est accepté. Comment évaluez-vous ce risque?**

Cette question est actuellement discutée et clarifiée à l'Office fédéral de l’environnement (OFEV). Mon avis personnel est que les énergies renouvelables s'intègrent parfaitement dans le paysage d’un parc naturel régional. De plus, ces installations sont démontables sans laisser de dégâts ni de déchets. Un fonds de démantèlement sera d’ailleurs constitué dès le début.

##### **Quels seront les avantages pour les habitants de Grengiols, paieront-ils moins cher leur électricité ou deviendront-ils actionnaires du projet?**

Les habitants de Grengiols seront actionnaires de Grengiols Solar par le biais de la commune. Les habitants en tireront bien entendu un avantage, que ce soit sous la forme de tarifs d'électricité réduits, d'une charge fiscale plus faible, d'une aide à la construction de logements, etc. Ce sont des sujets actuellement discutés dans le village.

##### **Combien le projet rapportera-t-il à la commune de Grengiols par an?**

Si je vous donnais un chiffre maintenant, ce ne serait pas sérieux. Des clarifications économiques, techniques et juridiques sont en cours.

https://www.heidi.news/articles/en-haut-valais-un-maire-suspendu-a-la-votation-sur-les-parcs-solaires-alpins

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Vos applications suisses préférées sont des aspirateurs à données personnelles

La Fédération romande des consommateurs (FRC) a analysé des applications suisses de la vie courante, comme celle des CFF ou de médias. En 20 minutes, près de 1000 traceurs ont été repérés. Une pratique légale, mais opaque. La FRC et Heidi.news mettront prochainement en commun leur expertise sur ces questions de données personnelles et de respect de la vie privée.

Saviez-vous que vos applications suisses préférées siphonnent vos données personnelles pour le compte de géants du numérique comme Google, TikTok, Meta ou Microsoft? Voire qu’elles transmettent ces informations à d’obscurs courtiers en données qui les revendent pour alimenter les fichiers d’entreprises dont vous n’avez jamais entendu parler? C’est ce que montre une longue enquête publiée par la Fédération romande des consommateurs (FRC).

L’organisation a analysé les flux de données des téléphones portables de 20 personnes, en collaboration avec HestiaLabs, une entreprise qui développe des outils permettant de comprendre ce qui se passe dans nos smartphones. Durant 20 minutes, les participants ont utilisé leur appareil dans des conditions habituelles. Résultat: des applications suisses de la vie courante — médias, shopping, services — ont transmis près de 1000 traceurs à des tiers durant ce court laps de temps.

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https://www.heidi.news/articles/vos-applications-suisses-preferees-sont-des-aspirateurs-a-donnees-personnelles

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En Haut-Valais, avec les belles âmes qui protègent les brebis contre le loup

Le retour du loup dans les Alpes suisses est vécu comme une victoire dans les milieux animalistes et écolos, mais c’est un drame pour les éleveurs qui y voient une énième attaque contre leur activité. Dans ce contexte tendu, les bénévoles de l’Organisation pour la protection des alpages (Oppal) ont décidé de s’offrir en soutien, pour protéger les troupeaux et soutenir les bergers exténués.

Sur un alpage haut-valaisan, les adorables moutons à nez noir emblématiques de la région s’attroupent derrière des clôtures blanches pour la nuit. Ils sont «en vacances estivales» dans ce coin époustouflant près du village de Zwischbergen, niché comme son nom l’indique «entre les montagnes». Niché entre deux grands prédateurs, aussi, car sur ce territoire pastoral, l’homme et le loup rejouent un affrontement millénaire.

Nous sommes sur place avec une équipe de l’Organisation pour la protection des alpages (Oppal), dont la mission est de veiller sur les troupeaux durant la nuit. Cette équipe est l’une des sept mobilisées entre le canton de Vaud et le Valais. En cette nuit de grand orage, d’immenses éclairs illuminent le panorama des sommets. Le tonnerre fait écho aux bêlements des moutons. La nature s’expose dans toute sa splendeur, mêlée de terreur.

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https://www.heidi.news/articles/en-haut-valais-avec-les-belles-ames-qui-protegent-les-brebis-contre-le-loup

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«Le lit est fait, le frigo est plein. Qu’est-ce que cela peut bien vous faire?»

Dans un quartier tranquille d’une commune genevoise, une nonagénaire placée sous curatelle vit retranchée du monde derrière ses persiennes fermées depuis une dizaine d’années, sans que l’on puisse affirmer qu’il s’agit de sa volonté. Elle partage son toit avec deux gouvernantes qui lui ont été imposées pour «prendre soin d’elle». Mais utilisent sa maison comme si elle était la leur, en particulier cet été, avec de nombreux invités bruyant au mois d’août.

Quand elle a été placée sous tutelle il y a dix ans, Emilie, 96 ans aujourd’hui, s’est d’abord émue des mauvaises manières de son curateur, un avocat genevois, auprès du Tribunal de protection de l’adulte et de l’enfant (TPAE). «Me Elaret (nom modifié à sa demande) a poussé brusquement Madame [notre gouvernante] pour ouvrir et entrer sans notre accord dans notre maison. Son attitude m’a choquée et mon époux et moi avons commencé à paniquer», a-t-elle écrit dans un courrier que nous avons reproduit dans le premier épisode de cette enquête. Elle ne se doutait pas encore qu’elle devrait bientôt admettre sous son toit deux gouvernantes, une mère et sa fille, choisies par le curateur pour «prendre soin d’elle».

Une silhouette et des jurons

Après ce courrier, Emilie s’est tue. Et elle a, pour ainsi dire, disparu. Nul ne se souvient d’avoir aperçu, ces dernières années, l’une ou l’autre gouvernante escorter la nonagénaire dans son propre jardin pour lui permettre de contempler les bourgeons du printemps ou de jouir des lumières de l’automne. Personne, non plus, ne les voit jamais pousser son fauteuil roulant sur le perron de sa maison pour qu’elle puisse, ne serait-ce qu’un instant, humer l’air extérieur. C’est tout juste si on peut parfois entrevoir un bout de la silhouette d’Emilie dans l'entrebâillement des volets. En revanche, les jurons proférés par la plus âgée des gouvernantes ont plusieurs fois troublé l’atmosphère paisible de cette allée résidentielle.

D’ailleurs, ce jardin et cette maison sont-ils encore vraiment ceux d’Emilie? Légalement parlant, la réponse est non depuis décembre 2020. Ce mois-là, la propriété a été vendue à des promoteurs immobiliers, un acte que seul l’avocat-curateur était habilité à accomplir après avoir obtenu l’autorisation du  TPAE, à condition que la transaction serve l’intérêt d’Emilie. La Feuille d’avis officielle précise que la villa et le terrain ont été cédés pour 1,8 million de francs suisses, un prix modeste au regard d’estimations que des professionnels de l’immobilier ont réalisées ailleurs dans le quartier.

Soirées grillades et potager

En réalité, la question de savoir si Emilie est encore chez elle se pose depuis plus longtemps, et de manière plus insidieuse. Car à partir du moment où les gouvernantes, mère et fille, ont pris leur poste, en 2013, la maison et le jardin ont vu défiler quantité de leurs familiers, hommes, femmes, jeunes et moins jeunes, dont on peut douter qu’ils aient obtenu, ni même demandé, à la vieille dame habituée à trier ses relations sur le volet, la permission d’envahir sa propriété.

Il y a quelques années, le jardin a ainsi accueilli des grillades, avec une douzaine de convives, pendant qu’Emilie restait enfermée dans ses murs. Des soirées sur fond de musique criarde que Max, son mari décédé en 2015, et elle n’auraient jamais organisées. A une époque, un potager a même été amorcé dans un coin de la pelouse de la vieille dame – dont la production ne lui était assurément pas destinée.

Intrusions nocturnes

Après avoir été notifiés à son curateur, ces rassemblements importuns se sont un temps calmés. Me Luc Elaret a lui-même admis dans un échange de courrier datant de 2021 qu’il avait «bien entendu expliqué aux gouvernantes que la maison n’était pas un lieu d’accueil pour toute autre personne qu’elles-mêmes.» Pourtant, même si les visiteurs tentent aujourd’hui de se faire plus discrets, leur carrousel ne s’est jamais interrompu.

Pas plus tard que les 8, 9 et 10 avril derniers, qui coïncidaient cette année avec les fêtes de Pâques, l’auteure de ces lignes a pu constater que la maison était le théâtre de nombreux va-et-vient de proches des gouvernantes. Deux jours plus tard, à nouveau, une jeune maman et ses deux enfants, sans lien apparent avec la nonagénaire, ont passé de longues heures à aller et venir entre la maison et le jardin.

La nuit en catimini

Plus édifiant encore, le domicile d’Emilie a été saisi d’une nouvelle période d’agitation cet été, alors que le curateur sait désormais pertinemment que Heidi.news enquête sur sa «protégée». Nous l’avons en effet interrogé en juin pour savoir s’il acceptait de demander au TPAE de le délier du secret de protection auquel il est soumis dans ce dossier – comme dans tous ceux qui lui sont confiés –, une décision que le tribunal ne rend qu’en plénière des juges. Quelques jours plus tard, Me Elaret nous a fait savoir qu’il n’avait pas obtenu cette levée. Curieusement, le TPAE nous a informés qu’aucune plénière n’avait eu lieu durant ce laps de temps.

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https://www.heidi.news/articles/le-lit-est-fait-le-frigo-est-plein-qu-est-ce-que-cela-peut-bien-vous-faire

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Faut-il mettre les curateurs sous tutelle?

Les personnes sous curatelle à Genève que j’ai rencontrées pour Heidi.news se disent «victimes»: elles pensaient améliorer leur condition en sollicitant une protection, mais ont le sentiment d’avoir été aspirées par un «engrenage» qui les a plongées dans des situations douloureuses, coûteuses, et parfois inextricables.

En janvier 2023, la rédaction de Heidi.news reçoit un coup de téléphone. L’année qui vient de s’achever a été rythmée par ses révélations sur les sévices infligés par une partie du personnel aux enfants autistes du foyer de Mancy. Près d’une trentaine d’articles. Comportements glaçants, défaillances à tous les échelons: Genève n’en finit pas d’encaisser le choc. Alors quand le rédacteur en chef entend son interlocuteur lui confier que le système genevois de curatelle des personnes âgées dysfonctionne également, son sang ne fait qu’un tour. Encore!?

Lire le 1er épisode: Qui se souvient d’Emilie?

Entendons-nous bien: la condition du premier cas qui lui est exposé, une dame nonagénaire qui vit recluse chez elle depuis une dizaine d’années, n’a  rien à voir avec celle des enfants de Mancy. Il y a pourtant un point commun: dans les deux cas, il s’agit d’êtres vulnérables que les personnes mandatées pour prendre soin d’eux ont failli à protéger.

S’agissant des enfants de Mancy, les maltraitances sont caractérisées.

Dans le cas d’Emilie, le prénom que nous avons attribué à cette femme par laquelle commence l’enquête qui m’a été confiée, le tableau est plus équivoque. Sur le plan strict de l’organisation – soins médicaux, ménage, repas – ses besoins semblent pourvus. *«Le frigo est plein, le lit est fait. Qu’est-ce que cela peut bien vous faire?»* a rétorqué sèchement l’avocat curateur à une amie qui s’inquiétait du sort d’Emilie.

Sur le plan social en revanche, ou tout simplement humain, sa situation a de quoi indigner.

Depuis qu’elle a été placée sous curatelle par le Tribunal de protection de l’adulte et de l’enfance (TPAE), en 2013, Emilie ne sort plus de chez elle, sans qu’il soit possible d’être certain que c’est sa volonté. Ses voisins, ses amis sont empêchés de lui rendre visite. Pendant ce temps, sa maison et son jardin sont accaparés par les gouvernantes recrutées pour veiller à son bien-être par le curateur, un avocat de la place.

### Invitations illégales

A toute heure du jour et de la nuit, elles reçoivent leurs propres «invités» sous son toit sans en avoir le droit. Les alertes adressées depuis des années au curateur et au TPAE se sont heurtées à l’inertie d’un système dont le parlement a depuis longtemps pointé les anomalies, voire au déni ou à l’indifférence. Aucune vérification sérieuse et indépendante ne semble avoir jamais été effectuée. Et rien n’a changé pour Emilie.

Partie de cette vieille dame, l’enquête s’est déroulée comme une pelote. Ce premier dossier en a mené à un autre, puis à un autre et un autre encore. «*Cela me fait chaud au cœur que vous vous intéressiez à mon histoire, vous ne vous rendez pas compte.*» *«Merci de m’avoir écoutée. Si seulement nous parvenions à faire bouger les lignes.»* Les personnes que j’ai rencontrées pour *Heidi.news* se sont révélées aussi assoiffées d’être entendues que terrifiées à l’idée de s’attirer des représailles et de péjorer leur situation en relatant leur histoire.

### Aspirées dans l’engrenage

Toutes ont fait l’expérience d’une curatelle confiée à un curateur privé professionnel, avocat la plupart du temps – certains membres du barreau, à Genève, semblent s’être spécialisés dans cette activité. A de rares exceptions près, elles n’ont accepté de se livrer que sous couvert d’anonymat. Dans leur bouche, le mot «victime» revient en boucle. C’est en effet ainsi qu’elles se considèrent: alors qu’elles pensaient améliorer leur condition ou celle de leur proche en sollicitant la protection du TPAE, elles ont le sentiment d’avoir été aspirées par un «engrenage» qui les a plongées dans des situations inconfortables, douloureuses, coûteuses, et parfois inextricables.

La série dont la publication commence ce matin rend compte de leurs témoignages. *Heidi.news* n’a pas pu documenter tous les cas portés à sa connaissance. Nous nous sommes concentrés sur ceux qui apportaient un éclairage complémentaire sur les difficultés qui peuvent surgir dans la relation avec le curateur privé professionnel ou le TPAE:

* sentiment d’infantilisation, de déconsidération, d’être menotté

* impuissance des proches, perception d’être tenus à l’écart

* défaut d’information

* perte de visibilité sur l’évolution de sa fortune

* opacité sur les coûts du curateur, crainte d’être surfacturé

* relations bureaucratiques, déshumanisées

* manque d’empathie et d’écoute

* incapacité du dispositif à corriger certaines situations indubitablement douloureuses.

Au sortir de cette enquête, j’avoue ma perplexité. Les témoins que j’ai interrogés ne sont-ils que de malheureuses exceptions, comme le soutient le TPAE? *«Dans toute procédure de protection, le TPAE évolue sur une ligne de crête. Il faut trouver la limite entre trop intervenir et pas assez,* affirme Pierre-Alain Chatelan, le président du TPAE. *Nous avons affaire à des gens ayant un trouble psychique qui les empêche de gérer leurs propres intérêts. Certaines personnes n’accepteront jamais la mesure et il est illusoire d’imaginer qu’une relation de confiance puisse être créée.»*

### Les vieux, ça intéresse vraiment?

Ou alors mes découvertes sont-elles plutôt révélatrices de la défaillance généralisée d’un système qui a tardé à se remettre en cause et frise désormais l’embolie en raison d’une masse croissante de dossiers (Genève compte plus de 7000 adultes sous mesures de protection) et d’un manque chronique de moyens?

Cette question aussi: faut-il continuer à ne considérer les personnes protégées – âgées, malades ou handicapées – comme des «poids» à «prendre en charge»? Intéressent-elles vraiment le monde politique? Lors des dernières élections au Conseil d’État genevois en avril 2023, Brigitte Pivot, présidente de l’association SOS Curatelles qui accompagne des familles, a envoyé une lettre ouverte aux 23 candidats, soulignant ce qu’elle qualifie de «graves dysfonctionnements» au TPAE. Seuls trois lui ont répondu.

### L’exemple vaudois

Une chose est sûre: la curatelle est méconnue. Un sujet dont on ne parle pas. Pourtant, en raison du vieillissement de la population et de l’inclination toujours plus prononcée à l’isolement familial, personne ne peut se penser à l’abri de compter un jour dans son entourage quelqu’un au bénéfice de mesures de protection et/ou d’être lui-même concerné.

Contrairement au canton de Vaud, qui s’appuie sur des particuliers volontaires indemnisés par un forfait modique, Genève recourt pour près d’un quart de ses protégés à des «curateurs professionnels privés», dont un certain nombre d’avocats. Ces curateurs sont loin d’être assez nombreux. Pourquoi? *«Il y a plusieurs raisons à ce déficit,* explique une curatrice. *La première est que ce métier ne paie pas bien. La deuxième est liée aux compétences. Avant, la curatelle équivalait avant à la gestion d’un ménage courant. Désormais, les mandats sont plus complexes et mêlent des problématiques médicales, sociales ou de logement.»*

### Manque d’éthique?

Ce manque criant offre une première explication aux complications auxquelles se sont heurtés les témoins de cette série: faute de choix, des mandats sont attribués à certains professionnels ne possédant à l’évidence pas tout l’éventail des qualités personnelles, relationnelles – voire éthiques – requises par leur mission telle qu’elle est définie par le droit de la protection de 2013.

*«Être curateur n’est pas un travail facile*, conclut la curatrice, *mais en termes de sens, c’est un métier formidable*. *Heureusement, les personnes satisfaites d’être sous mesures de protection sont nombreuses.»* Celles-là aussi mériteraient sans doute qu’on leur consacre une enquête. Mais ce serait une autre histoire.

https://www.heidi.news/articles/faut-il-mettre-les-curateurs-sous-tutelle

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Qui se souvient d’Emilie?

Au premier coup d’œil, tout semble normal. Une maison paisible dans une ruelle résidentielle d’une commune genevoise, entourée d’un jardin arboré assez bien entretenu. A y regarder de plus près, pourtant, l’endroit exhale la tristesse. Derrière les persiennes fermées vit une vieille dame qui ne voit plus la lumière du jour et ne respire plus l’air extérieur. Loin d’avoir préservé son bien-être, la curatelle s’est, pour elle, apparentée à une mort sociale.

En juin 2023, Emilie (prénom modifié) a fêté ses 96 ans, un âge qui mérite tous les égards. Encore que «fêté» n’est pas le terme approprié pour cette native de Suisse alémanique, conduite par les péripéties de l’existence à épouser un Romand et à passer le plus clair de sa vie dans le canton de Genève. Ce jeudi-là, il n’y avait ni parents, ni amis chez Emilie pour l’entourer de tendresse, l’aider à souffler ses bougies ou à déballer des cadeaux. La vieille dame était seule à table et son repas a été expédié en quelques minutes. Comme celui de la veille, de l’avant-veille et des jours précédents. Comme tous ceux, en fait, qui se sont succédé depuis mars 2015, l’année où son mari, Max (prénom modifié), l’a «quitté[e] paisiblement», ainsi que le signalait l’avis de décès du nonagénaire paru dans la Tribune de Genève.

Un quartier tranquille

Max était ingénieur chimiste, cadre de l’une des entreprises les plus en vue du secteur. Après sa disparition, Emilie a continué d’habiter la maison dans laquelle les époux s’étaient installés en 1954. C’est une villa sans ostentation, le luxe n’est pas de mise dans ce quartier résidentiel d’une commune genevoise. Néanmoins, les dimensions de la demeure attestent d’une certaine aisance matérielle et le couple prenait un soin minutieux à l’entretenir. Aujourd’hui un peu défraîchies, les façades blanches conservent du charme, même sous un ciel capricieux. La villa comporte deux étages, un grand balcon-terrasse sur l’avant qui surmonte un porche à colonnes paré d’un store rayé. Elle est entourée d’un gazon de plus de 1000 m2 plantée de beaux arbres où pépient les oiseaux. Le jardin est ceint d’une haie de thuyas et clos par un portail en métal noir ajouré.

### **«Des gens qui aimaient la vie»**

La pelouse n’a pas vu courir des gamins surexcités; la cage d’escalier de leur maison n’a jamais résonné de rires polissons. Pour des raisons qui leur appartenaient, Max et Emilie avaient renoncé à avoir un enfant. En dehors des petites disputes usuelles, tous deux ont formé un couple uni jusqu’à un âge avancé. *«Des gens qui aimaient la vie»*, confie quelqu’un qui leur fut proche autrefois. *«Quand je les accompagnais* \[au centre commercial de\] *Balexert, j’avais l’impression de sortir avec deux ados. Ils commandaient une bière et levaient leur verre pour trinquer en se souhaitant bonne santé.»* Max était, se souvient cette personne, un homme doué d’une impressionnante mémoire, magnanime et élégant, chevelure blanche sur front dégagé. D’un caractère bien trempé, Emilie était brune, élancée, un peu trop mince peut-être, mais très coquette, surlignant sa bouche au rouge à lèvre, accentuant l’arc de ses sourcils et accordant ses boucles d’oreille à ses tenues.

### **Pas de fêtards du samedi soir**

Ni l’un ni l’autre ne prisaient les grands rassemblements. Ils n’auraient certainement pas apprécié de voir leur jardin piétiné par des amateurs de barbecue et autres fêtards du samedi soir. Leurs amis n’étaient pas très nombreux mais ils étaient fidèles. Max fréquentait l’amicale des retraités de l’entreprise pour laquelle il avait travaillé. Emilie aimait rendre visite à ses copines ou les accueillir chez elle, l’une, en particulier, dont elle cultivait l’amitié depuis l’enfance. Quant au voisinage, il appréciait ce couple qui saluait avec cordialité et n’hésitait pas à lancer quelques mots gentils à travers la fenêtre.

Ceux qui ont connu Emilie se souviennent aussi de sa passion insolite pour les grandes voitures, au sujet desquelles elle pouvait se montrer enthousiaste. D’ailleurs, quand la vue de Max s’est mise à décliner, elle a tout naturellement pris le relais au volant  de leur voiture blanche. C’est à peu près à cette époque, dans la deuxième partie des années 2000, que le cours si bien tracé de leur vie a commencé à dérailler.

### **Secret de la protection**

Avec l’âge, Max est devenu presque aveugle. Il a pris l’habitude de faire le tour de son jardin en s’appuyant à la rambarde et de prendre l’air devant la maison, radio allumée. À l’automne 2011, le couple a été durement éprouvé par la violente agression d’une bande de malfrats à son domicile. Puis à mesure que le temps avançait, Max et Emilie ont été submergés par des problèmes d’hygiène et de santé. En 2012, le Tribunal de protection de l’adulte et de l’enfant (TPAE) a décidé de placer Emilie sous tutelle et désigné un représentant légal provisoire, Maître Luc Elaret (nom et prénom modifié à sa demande). Il s’agit d’un avocat connu de longue date sur la place de Genève dans ce genre de mandats, même si lui-même se défend d’en avoir fait une spécialité.

Il n’a pas été possible au cours de cette enquête d’établir les raisons précises ayant mené le TPAE à prendre cette décision après que la situation lui a été signalée par un médecin. Le dossier est soumis au secret de la protection (article 423 du Code civil), que nos interlocuteurs n’ont pas souhaité lever. Des témoins de l’époque se souviennent de la place prise dans la vie quotidienne du couple par la fille d’une amie qui habitait une maison adjacente. Ils évoquent la possibilité que Max et Emilie aient été abusés financièrement par cette «personne de confiance» un peu trop empressée.

### **« Nous espérons que cette situation ne se produise plus jamais »**

Ce qui est certain, en revanche, c’est qu’Emilie a accueilli sa mise sous tutelle comme si le ciel lui tombait sur la tête. Ses relations avec Me Elaret ont d’emblée pris une tournure catastrophique. En janvier 2013, elle est en plein désarroi lorsqu’elle envoie au TPAE une lettre dont des extraits sont cités ci-dessous (quelques fautes d’orthographe ont été rectifiées, le français n’étant pas sa langue maternelle)**:**

«*Madame la Juge, Monsieur le Juge, (…)*

*Comme vous le savez, mon époux et moi refusons cette tutelle, raison pour laquelle nous serons entendus auprès de votre tribunal mardi prochain (…).*

*Vu cette audience, nous avons demandé par écrit à Me Elaret de ne pas se présenter chez nous à l’entretien qu’il avait fixé pour hier. Cependant, Me Elaret est venu hier accompagné de son stagiaire. Notre gouvernante a confirmé notre désir de ne pas être dérangés, malgré cela, Me Elaret a poussé brusquement Madame* \[nom de la gouvernante\] *pour ouvrir et entrer sans notre accord dans notre maison. Son attitude m’a choquée et mon époux et moi avons commencé à paniquer. Ainsi nous avons dû tolérer sa désagréable présence (…). Nous espérons que cette situation ne se produise plus jamais.*

*Et si je vous écris sans attendre l’audience, c’est parce que je me sens très mal et mon époux aussi. Nous souhaiterions qu’il nous soit permis de vivre tranquillement chez nous.*

*Confiante en votre bienveillante attention (…).*»

### **Amputée de ses libertés**

Par l’enchevêtrement de paramètres sociaux, économiques, relationnels, juridiques ou médicaux, la curatelle – appelée tutelle jusqu’à l’entrée en vigueur en 2013 du nouveau droit de la protection de l’adulte et de l’enfant dont nous parlerons dans l’épisode N°3 – est une affaire délicate. A Genève, près de 7000 adultes sont concernés par des mesures de «protection», dont un tiers sont âgés de 70 ans et plus. Pour le protégé, c’est-à-dire l’adulte devant en bénéficier d’après les juges du TPAE en raison d’une altération de son discernement, une telle mesure peut être synonyme de soulagement: quelqu’un est désigné pour veiller sur ses intérêts quand lui-même ne s’en sent plus capable.

Mais il arrive aussi que la curatelle soit douloureusement subie par un protégé qui n’en comprend pas la nécessité, parce que son état psychique ne le lui permet pas, ou parce que les explications ont manqué. Difficile, dans ces circonstances, d’accepter sans se cabrer d’être amputé de libertés aussi élémentaires que celle d’accéder à ses comptes bancaires, et de voir du jour au lendemain une tierce personne (le curateur) régenter sa vie.

### Une mère et une fille, imposées

A nouveau, il n’a pas été possible de savoir quels arguments ont été échangés dans le huis-clos de l’audience qui s’est tenue en janvier 2013 au TPAE, en présence de Max et d’Emilie. Mais leur perception de la situation n’a pas dû s’améliorer. Car quelques mois après ce rendez-vous, la gouvernante qui officiait et habitait chez eux depuis l’été précédent a été congédiée et expulsée du jour au lendemain à l’initiative de Me Elaret. Les époux s’étaient pourtant attachés à elle. *«Grâce à sa présence, le couple, à mon sens, reprenait le cours d’une vie normale»*, a estimé un témoin dans le cadre de la procédure lancée – et gagnée – aux prud’hommes par la gouvernante renvoyée. *«Max était bien soigné et heureux»*, a relaté un autre.

En remplacement de cette auxiliaire appréciée, l'avocat a aussitôt placé un duo de gouvernantes chez le couple, une mère et sa fille. En octobre 2013, Emilie a formellement été mise par le TPAE sous une curatelle de portée générale, une mesure couvrant tous les domaines, de l’assistance personnelle à la gestion du patrimoine, des rapports juridiques avec les tiers au domaine médical. Me Elaret s’est vu confirmé dans le rôle de curateur. La maison s’est alors hermétiquement refermée sur ses habitants.

### **La vie peut-elle être réduite au maintien en vie?**

À l’étonnement de ceux qui ont été les témoins de l’attachement qui soudait le couple, Emilie n’était pas présente aux obsèques de son mari en mars 2015. Après la disparition de ce dernier, le jardin et la pelouse ont continué d’être correctement entretenus par un jardinier qui intervient ponctuellement. Mais la demeure n’exhale plus aucun souffle de vie: en toute saison et à toute heure du jour et de la nuit, les volets sont descendus, ou, pour ceux donnant sur la rue, à peine entrouverts. Les personnes qui rendaient encore visite à Emilie par amitié se sont heurtées à une porte close.

Cela fait aujourd’hui d’innombrables années que la vieille dame vit retranchée du monde derrière ses persiennes fermées, sans autre contact humain qu’avec les gouvernantes qui lui ont été imposées, le médecin, les soignants à domicile et la femme de ménage, la seule à relever un peu les stores roulant le vendredi pour aérer les lieux. Sur le plan logistique, c’est un fait: les besoins d’Emilie semblent pourvus, sauf quand ses gouvernantes, régulièrement absentes, l’abandonnent à elle-même des heures durant. Mais la vie peut-elle être réduite au maintien en vie, même pour une vieille dame qui n’a plus toute sa tête?

### Des inconnus dans le jardin

Et que dire de toutes ces personnes inconnues d’Emilie à qui les gouvernantes, profitant de la faiblesse de la nonagénaire, ouvrent grand les portes de sa propriété sans en avoir le droit, et surtout, sans jamais avoir été sérieusement contrôlées ni rappelées à l’ordre? Cela s’est produit, comme nous allons le voir, pas plus tard que ce mois d’août 2023.

**Prochain épisode lunid 4 septembre: «Le frigo est plein. Qu’est-ce que cela peut bien vous faire?»**

https://www.heidi.news/articles/qui-se-souvient-d-emilie

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Diagnostique: infertilité inexpliquée

Les Irlandaises Adriana et Cathy et la Suissesse Mercedes ont vécu un long parcours d'infertilité avant de se tourner vers une mère porteuse. Leur expérience reflète celle d'un nombre croissant de femmes qui font des enfants plus tard. Car en se lançant toujours plus tard dans la maternité afin de faire carrière, de nombreuses femmes se découvrent infertiles au moment de passer à l'acte.

Adriana s'est mariée jeune. A 25 ans, elle venait d'émigrer en Irlande depuis sa Roumanie natale, tout comme son mari, Andrei, et avait une idée très claire de son avenir. «Nous allions faire des enfants rapidement et vivre heureux dans ce pays où tout semblait possible», se remémore la comptable de 40 ans qui derrière son sourire timide et ses fines lunettes cerclées de métal cache un regard rieur.

Mais rien ne se passe comme prévu. Quatre fois elle tombe enceinte et quatre fois elle perd le bébé avant la fin du premier trimestre.

«La première fois a été la pire, car je pensais naïvement que cela marcherait du premier coup, raconte-t-elle. J'étais en route pour l'échographie qui devait confirmer le battement du cœur mais quand je suis arrivée à l'arrêt de bus, du sang s'est mis à couler le long de ma jambe. J'ai tout de suite su que je faisais une fausse couche.»

Une décennie d’espoirs déçus

Elle se jette alors à corps perdu dans les fécondations in vitro (FIV), multipliant les procédures en Irlande, au Royaume-Uni et en République tchèque. «J'ai subi 14 transferts d'embryons».

Mais rien à faire, elle ne tombe pas enceinte. Le diagnostique est vague: infertilité inexpliquée. En 2016, après une décennie de traitements et d'espoirs déçus, elle se tourne vers l'adoption. «Cela n'a pas été une décision facile à prendre, dit-elle. J'ai dû faire le deuil de porter mon propre enfant. Six ans plus tard, j'ai encore cette douleur en moi.»

Le couple veut adopter en Roumanie, son pays d'origine. Pour cela, il lui faut un certificat des autorités irlandaises. «Des inspecteurs ont passé deux ans à nous a faire la leçon sur la culture roumaine, à examiner nos finances et a vérifier que nous étions aptes à devenir parents, avant de décréter qu'ils ne pourraient pas émettre le certificat», lâche Adriana, amère. Dublin les oblige en effet à passer par une agence qui exige d'être rémunérée 5000 euros mais Bucarest interdit les intermédiaires payés.

Parcours d’infertilité

Désespérée, Adriana se lance dans une recherche en ligne et déniche une avocate irlandaise spécialisée dans la gestation pour autrui, la fameuse GPA. Il lui faudra plusieurs mois avant de se résoudre à la contacter, début 2018. «Il s'agit d'une solution de dernier recours. Je savais que ce serait long et difficile.»

Isabelle Streuli, spécialiste de l'infertilité aux Hôpitaux universitaires de Genève, voit régulièrement arriver des patientes dans le même cas que Adriana. «Elles ont en général un long parcours d'infertilité derrière elles, avec des transferts répétés d'embryons qui n'ont pas réussi à s'implanter. Et il est parfois très difficile d'établir la cause de ces échecs.»

D'autres sont nées sans utérus, un syndrome appelé Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser (MRKH) ou ont subi une hystérectomie suite à une hémorragie ou à un cancer de l'endomètre, du col de l'utérus ou des ovaires. «La couche basale de l'endomètre peut en outre être endommagée, empêchant la nidation de l'embryon, explique l'experte. Cela arrive lorsque des cicatrices se forment suite à une tuberculose ou à un curetage après un avortement ou une fausse couche.» Cette affection, appelée syndrome d'Asherman, peut aussi être causée par un stérilet.

GPA, dernier recours

Autre cas de figure, l'utérus est rempli de fibromes, soit des tumeurs musculaires bénignes, ou sa paroi a été infiltrée par les glandes de la muqueuse, une maladie appelée adénomyose. Ici aussi, l'implantation de l'embryon est peu probable. Lorsqu'une de ces patientes pousse sa porte, la médecin n'a guère de solutions à leur offrir. «Il ne leur reste que la gestation pour autrui ou la greffe de l'utérus, une procédure expérimentale.» Lourde sur le plan chirurgical, cette opération réalisée pour la première fois en 2014 en Suède n'a été effectuée que sur une soixantaine de femmes, donnant naissance à 20 enfants.

Cathy a souffert toute sa vie d'adulte d'endométriose, une maladie douloureuse provoquée par des excroissances de l'endomètre en dehors de l'utérus. Quelle n'a donc pas été sa surprise de découvrir en décembre 2013 qu'elle était enceinte, quelques mois à peine après avoir épousé son mari Keith. «C'était comme un rêve éveillé», raconte l'Irlandaise.

Un trou dans l’utérus

Mais à sept mois de grossesse, l'éleveuse de moutons, qui vit sur une ferme à Wicklow, au sud de Dublin, se réveille en pleine nuit dans d'atroces douleurs. A l'hôpital, on lui fait une échographie et on lui assure que tout va bien. Mais après quelques heures, son état se détériore. Les médecins opèrent et découvrent qu'elle a subi une rupture spontanée de l'utérus, un accident extrêmement rare. «J'avais un trou de 20 centimètres dans l'utérus, raconte-t-elle. J'ai perdu cinq litres de sang.» La petite fille qu'elle porte ne survit pas.

Par miracle, les médecins parviennent à sauver son utérus et elle décide de se tourner vers la FIV. Mais 15 cycles plus tard, elle n'est toujours pas tombée enceinte. Sa dernière conversation avec son obstétricienne, une spécialiste de l'infertilité d'origine ukrainienne, a lieu fin 2018.

– Vos embryons sont de bonne qualité mais nous les implantons dans un utérus qui ressemble à une zone de guerre. Ils n'ont aucune chance de prendre.

– Mais je veux être mère, je l'ai toujours voulu. Je ne peux pas abandonner.

– Alors vous n’avez plus qu’une option: la gestation pour autrui. Je connais une clinique qui pourra vous aider.

Le tabou de la FIV ratée

L'échec de la FIV reste un sujet tabou. Les traitements reproductifs continuent d'être perçus comme une solution miracle qui permettent de surmonter l'infertilité à tous les coups. Pourtant, en Suisse seules 15% à 19% des FIV ont débouché sur une naissance entre 2010 et 2020, selon les chiffres de l'Office fédéral de la santé.

Pour les autres, il reste la gestation pour autrui (GPA), une pratique qui n'est autorisée que dans une poignée de pays mais qui a gagné en visibilité ces dernières années lorsque de stars comme Kim Kardashian, Paris Hilton ou Priyanka Chopra y ont eu recours.

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Mercedes, argovienne de 53 ans originaire du Portugal, avec son fils Cristiano, né en Ukraine juste avant le début de la guerre. Photo: Julie Zaugg

Mercedes en sait quelque chose. «C'est ma fille qui m’a convaincue de passer par une mère porteuse, livre l'Argovienne d'origine portugaise de 53 ans. Elle m'a dit: pourquoi tu ne ferais pas comme Cristiano Ronaldo?»

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https://www.heidi.news/articles/diagnostique-infertilite-inexpliquee

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Supprimer l'assurance maladie obligatoire: les fantasmes de Natalie Rickli

C'est une proposition au potentiel explosif. «A mon avis, il faudrait même envisager de supprimer l'assurance maladie obligatoire», a déclaré la directrice de la santé du Canton de Zurich Natalie Rickli (UDC) le 26 août à la «Sonntagszeitung».

La ministre zurichoise UDC Natalie Rickli veut réfléchir à l’abandon d’une assurance maladie obligatoire. Fortes réactions politiques, mais aussi chez les experts. «Si la caisse maladie obligatoire est supprimée, cela coûtera probablement plus cher pour tout le monde», déclare au Blick Willy Oggier, raison pour laquelle il considère cette proposition comme «hautement problématique».

Ce ne sont pas seulement les plus pauvres qui en pâtiraient, mais aussi ceux qui sont malades. «Ils devront sans doute payer nettement plus pour l'assurance de base chez les prestataires privés que maintenant, si tant est qu'ils en obtiennent une.»

«Je n’avais jamais entendu de proposition aussi révoltante, qui ouvre la porte à une médecine à plusieurs vitesses en abandonnant la solidarité du système», dénonce pour sa part au [Temps](https://www.letemps.ch/suisse/avant-le-choc-des-primes-les-acteurs-de-la-sante-hyperventilent) le candidat socialiste neuchâtelois au Conseil des Etats Baptiste Hurni.

https://www.heidi.news/articles/supprimer-l-assurance-maladie-obligatoire-les-fantasmes-de-natalie-rickli

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La fille perdue

Dernier épisode de notre fiction sur les cryptomonnaies. Sa mère est morte, son père est un vieux banquier qui préfère ses trois fils, nés d’un premier mariage. Harcelée, humiliée, Alicia s’enfuit de sa vallée suisse et se retrouve à la tête d’une bande de pickpockets dans la gare d’une grande ville européenne, spécialisés dans le vol de téléphones. Elle va croiser une mystérieuse criminelle, plus expérimentée encore, et développer d’étonnantes compétences.

Sur la place centrale du bourg, on pouvait admirer une statue de bronze surnommée «le Grand Dédé» par les habitants du Val Gadois. Il avait fière allure, le banquier André Gadelure, avec son monocle et son costume trois pièces. Sa main droite saluait les cimes alpines, tandis que la gauche tenait un chapeau haut-de-forme. Mais ces mains, fortes et calleuses, révélaient qu’avant de se transformer en brillant financier, le «Grand Dédé» avait élevé des vaches, en enfant du village rompu à la difficile vie des hautes vallées. Les profits générés par les ventes de bétail, il les prêta aux fromagers afin qu’ils industrialisent la production et exportent dans toute l’Europe. Ce fut ainsi que le Grand Dédé fonda la Banque Gadelure, connue sous le sobriquet de «banque du Gruyère» et devint le premier millionnaire de la vallée.

Cette banque, elle dominait toujours les hameaux du Val, derrière ses hauts murs ornés de colonnes de marbre. Elle s’appelait GAD BANK désormais, et disposait de succursales jusqu’à Hong-Kong. Toutefois, cette multinationale demeurait une affaire familiale, dirigée par Martin Gadelure, l’arrière-petit-fils du «Grand Dédé», doté d’une avarice proverbiale. On murmurait que ce radin avait installé son lit dans la chambre forte de la banque pour surveiller son argent en personne, vivant pour ainsi dire dans un coffre-fort.

Un virage fatal

Martin Gadelure était fabuleusement riche, mais toujours malheureux en amour. Sa première femme fut une certaine Fabienne Müller, mégère de la ville qu’il quitta pour Millie, une actrice américaine avec laquelle il vécut la grande romance de sa vie. Un amour d’autant plus intense qu’il fut court. Au volant d’un cabriolet, la star hollywoodienne surnommée L’étoile des neiges loupa un virage dans les gorges et fit pour la dernière fois la couverture des magazines.

Depuis quinze ans, Martin Gadelure vivait seul et aigri, avec les trois garçons du premier lit et la fille du second. Et cette petite dernière, Alicia, lui en faisait voir de toutes les couleurs.

Alicia pouvait paraître hautaine avec son nez en trompette, le menton en avant, un air renfrogné et des sourcils toujours froncés, du même blond cendré que sa crinière en bataille. Mais c’était une attitude qu’elle se donnait pour ne pas ressembler à sa mère dont les portraits ornant la maison la narguaient avec leurs sourires éclatants d’actrice de Hollywood. Elle n’avait pas connu sa génitrice, et la surnommait «le fantôme», car son absence hantait l’immense appartement situé au-dessus de la banque familiale. Son père n’avait d’yeux que pour ces photographies pastel. Son regard passait sur sa fille, sans la voir. Le soir, le banquier s’enfermait dans le salon et bien souvent, se projetait la filmographie de la grande Millie, un passé mille fois ressassé et à jamais perdu.

Petite sœur martyrisée

Martin Gadelure avait davantage d’attentions pour ses trois garnements: Armand, le grand bobet, aussi costaud qu’il était ballot, Albert le pervers, tordu comme un pommier, et Benjamin, le seul malin, mais dominateur comme pas un. Sitôt que leur père avait le dos tourné, les triplés s’ingéniaient à martyriser leur petite sœur, l’accusant dès qu’elle pleurait.

Leur père ne leur attribuant que très peu d’argent de poche, tout justes bonnes à acheter des sucreries, Benjamin avait décidé de se servir. Les triplés agissaient avec méthode, vidant les poches, ponctionnant les portefeuilles oubliés, ouvrant même le coffre-fort familial. Parfois, le banquier s’apercevait du larcin, exigeant que le coupable se dénonce, et les trois frères pointaient Alicia du doigt, sortant bien vite des poches de leur sœur quelques-uns de billets volés qu’Albert venait d’y glisser. Martin Gadelure hurlait alors contre sa fille, à l’évidence sur le chemin de la perdition.

Au collège du bourg, c’était pire encore. Avec l’argent volé à leur père, les triplés avaient offert à la ronde des Natels dernier cri, à la condition que les bénéficiaires n’adressent plus la parole à Alicia. Les collégiens étaient devenus des zombies, les yeux rivés sur leurs écrans bleutés.

«Tu es perdue, ma fille»

Alicia enrageait et elle décida de se venger. Si son père la croyait voleuse, soit! Elle se hisserait à la hauteur de cette réputation. Un par un, elle vola les téléphones de ses camarades de classe, avant de les revendre à Gianni, le petit voyou qui traînait sur la grand place. Le fruit de ses reventes, Alicia le mit de côté dans un vase très laid, cadeau du mariage de Martin et Millie. Mais un jour, Albert la surprit la main dans le sac d’un camarade. D’un sifflement, il appela Armand, qui traîna Alicia de force chez la directrice, où Benjamin la dénonça devant leur père arrivé en urgence. Martin Gadelure était hors de lui: sa fille était une criminelle! «Tu es perdue, ma fille!» s’exclama-t-il en la condamnant à la réclusion dans sa chambre.

Toute la nuit, Alicia pleura en percevant les ricanements de ses frères derrière la porte. La jeune fille n’avait pas 15 ans, mais sa décision était prise: elle prendrait la route des montagnes et s’enfuirait du Val Gadois.

Avant l’aube, Alicia saisit un marteau et cassa l’horrible vase, fourrant dans sa poche ses maigres économies. La maisonnée dormait toujours alors qu’elle crapahutait sur les sentiers des chèvres, jetant un dernier regard à ce village où elle avait tant souffert. Le soleil levant la guida le long des glaciers outre-mont, jusqu’au pays voisin. Un train passait dans la vallée et Alicia s’y glissa, atteignant bientôt la capitale, qui n’avait de ville lumière que le nom.

Enfin une famille

Son domaine, c’était désormais la gare où elle était arrivée, avec sa grande verrière et sa façade hérissée de statues de femmes guerrières. Les voyageurs circulaient par milliers du matin au soir, mais Alicia apprit à identifier ceux qui vivaient là, de tous les âges et de toutes les couleurs. Elle se fit vite des amis, d’autres gamins comme elle venus à pied de tous les coins du monde. Ils dormaient dans les wagons, jouaient sur les quais. Tous parlaient et rigolaient avec elle! Alicia ne voulait plus rien savoir de ce père qui l’ignorait, de ses frères hypocrites, des gamins décérébrés du Val Gadois. Elle avait retrouvé une famille et pour la première fois son sourire devint éclatant.

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Et si le stress jouait un rôle face au cancer? [VIDEO]

Et si le stress jouait un rôle face au cancer? Le pourquoi, le comment, c’est le sujet de ce PopScience réalisé en collaboration avec Ma Thèse en 180 secondes. Dans cet épisode, Hélène Poinot, de l'Université de Lausanne, nous détaille ses recherches.

«Je suis sûre que vous connaissez les cancers qui consistent en une multiplication incontrôlée de certaines de vos cellules… Mais saviez-vous qu’à tout moment, vous avez tous des cellules qui commencent à proliférer de façon incontrôlée?

Pourtant, vous ne développez pas tous, tout le temps, des cancers. Parce que vous avez dans votre corps, une armée qui veille, et qui avant même l’apparition d’un cancer, supprime ces cellules proliférantes. Cette armée, c’est votre système immunitaire. Quand il ne se bat plus correctement, un cancer peut se développer.

**Faisons un petit point sur le stress.** Quand vous êtes méga stressé, votre corps tremble, votre cœur bat super vite, et vous avez juste envie de vous enfuir. Analysons ensemble ce qui se cache derrière notre stress. Lors de situations stressantes, votre cerveau vous croit en danger et vous produisez une hormone, le cortisol, l’hormone du stress.

Ce cortisol a pour rôle de vous sauver face au danger, mais attention, sous ses airs de super héros, il cache bien son jeu, car il a aussi de mauvais côtés. Eh oui! Le cortisol est connu pour empêcher le système immunitaire de fonctionner correctement. Souvenez-vous de ça, c’est important pour la suite. Et en plus, à long terme, il augmente le risque de cancer…

Pendant ma thèse, j’ai étudié de nouveaux traitements contre le cancer. Ils ont pour but de réactiver le système immunitaire du patient pour qu’il détruise le cancer… L’idée, c’est de réveiller votre armée. Seulement, ces traitements, ils ne fonctionnent pas chez tout le monde.

Pourquoi? On ne sait pas encore vraiment. Stressant n’est-ce pas ?

### Et si c’était à cause de l’hormone du stress que les traitements ne fonctionnaient pas chez tous les patients?

Souvenez-vous, le cortisol, l’hormone du stress, bloque le système immunitaire. Ce qui empêcherait les traitements qui le ciblent, de fonctionner.

Le but de ma thèse a donc été de regarder l’effet du cortisol sur le système immunitaire lors d’un cancer. J'ai ainsi regardé l'effet du cortisol sur l'armée qu'est le système immunitaire pendant un cancer. Je me suis intéressée à un soldat en particulier. Son petit nom, c'est B1.

La présence du soldat B1 dans la tumeur est associée à une progression plus rapide du cancer. En fait, ce soldat B1 produit du cortisol, directement dans les cellules immunitaires, ce qui les empêche de s’activer et de détruire la tumeur. C’est un peu un espion, un traître au sein de l’armée. En bloquant B1, on réduit le cortisol et on retrouve ainsi un système immunitaire qui se bat face au cancer!

En attendant qu’on développe un nouveau médicament grâce à cette découverte… relaxez-vous! Croyez-moi, stresser, ce n’est pas bon pour votre santé.»

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Tel-Aviv développe la vanille la plus intense du monde

Une start-up israélienne a mis au point un procédé unique de maturation

des gousses, pour obtenir une concentration en vanilline supérieure à celle de Madagascar, à un meilleur prix. Les précieuses vanilles ont déjà conquis des chefs comme Anne-Sophie Pic et Pierre Hermé.

Dans l’imaginaire collectif, la vanille reflète l’ennui. L’arôme est un classique, mais a sombré dans l’ordinaire. Il est même devenu un qualificatif peu flatteur: une personne «vanille», pour dire qu’elle est conventionnelle, le sexe «vanille», et même un programme informatique «vanille». La vanille n’évoque donc guère l’innovation. Et pourtant.

Trois siècles après la découverte de l’épice au Mexique, ce fruit d’orchidées lianescentes excite encore les esprits entrepreneuriaux. La start-up israélienne Vanilla Vida s’est lancée en 2020 dans la vanille high-tech, régie par les algorithmes. Et l’approche porte ses fruits: leurs gousses seraient les plus concentrées en vanilline au monde, coiffant au poteau la bourbon de Madagascar. Au point de bouleverser le marché mondial de l’épice, qui pèse près de deux milliards de dollars?

Cela se passe dans une zone industrielle en banlieue de Tel-Aviv. A la porte point déjà le parfum entêtant, celui que l’on retrouve au quotidien, du gâteau au yaourt, du gel douche au désodorisant de voiture. «La vanille est la saveur la plus appréciée au monde et ce, quelle que soit la culture», démarre Gali Fried, vice-présidente en charge du développement de Vanilla Vida.

L’arôme synthétique omniprésent

L’engouement est tel que l’offre ne suit plus la demande. La chimie a pris le relai: chaque année, environ 15’000 tonnes de vanilline, le principal composé organique de la vanille, sont fabriquées en laboratoire. A côté, l’agriculture fait pâle figure, avec ses 2000 à 2500 tonnes de gousses – réservées aux plus fins usages. De tous les arômes vanillés que nos narines hument, seuls 5% sont issus d’une orchidée. «Mais la demande pour l’arôme naturel augmente», assure Gali Fried.

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Je suis partie à la rencontre de mères porteuses en Ukraine

Mères porteuses, mères courage. Notre journaliste Julie Zaugg a suivi des mères porteuses ukrainiennes aux destins bouleversés par la guerre.

Fin janvier 2023. Cela fait près d'un an que l'Ukraine subit l’invasion russe. Le pays tout entier a le regard tourné vers la ligne de front. A Kiev, les sirènes anti-aérienne retentissent quasi en continu depuis que l'Allemagne et les Etats-Unis ont annoncé la livraison de tanks à l'Ukraine. Et pourtant, dans un petit appartement en banlieue de la capitale, deux femmes sont absorbées par un tout autre combat: une lutte pour donner naissance au bébé d'une autre en pleine guerre, une bataille pour offrir une vie meilleure à leurs propres enfants.

Le phénomène des mères porteuses existe depuis la nuit des temps, depuis que Sarah, personnage de l'Ancien Testament, a demandé à sa servante Hagar de porter l'enfant qu'elle ne pouvait pas avoir avec Abraham, diront certains. Mais il ne s'est mué en marché global, avec sa vaste coterie d'intermédiaires, d'agences et de sociétés de transport de matériel génétique, que récemment. Et l'Ukraine se trouve à l'épicentre de cette industrie, depuis que les autres destinations de premier choix – l'Inde, la Thaïlande, le Cambodge, etc. – ont fermé leurs portes.

Dans ce pays où le salaire mensuel moyen dépasse rarement 350 euros, elle attire des jeunes femmes qui rêvent d'une vie meilleure. Pour faciliter le processus, de nombreuses agences et cliniques – plus ou moins professionnelles, plus ou moins préoccupées par le bien-être de celles qui leur «prêtent» leur utérus – ont vu le jour. De l'autre côté du miroir, on trouve des couples européens, américains, chinois qui, eux, se rêvent parents, souvent depuis des années et au prix d'un long parcours douloureux fait d'opérations ratées, de fausses couches et d'espoirs brisés.

Mais cette machine bien huilée s'est arrêtée tout net le 24 février 2022, le jour de l'invasion russe. Des mères porteuses enceintes se sont retrouvées sur la route, au milieu d'un flot de réfugiés. D'autres ont dû accoucher dans un bunker, sous les bombes. D'autres encore ont dû donner naissance dans un autre pays, qui ne reconnaît pas la gestation pour autrui (GPA). Mais la guerre a aussi fait émerger les liens forts, indestructibles, qui unissent ces femmes à la mère de l'enfant qu'elles ont porté durant neuf mois.

Dans cette Exploration qui m'a menée en Suisse, en Irlande, en Ukraine et en Géorgie, nouvelle destination pour la GPA, j'ai rencontré des femmes fortes, résilientes, malmenées par la vie qui ont su se serrer les coudes face à la guerre. Qu'il s'agisse de l'Irlandaise Cathy et de sa mère porteuse Ivanna qui vivent avec leurs cinq enfants et la mère de cette dernière dans une ferme au sud de Dublin. Ou de la Suissesse Mercedes qui a accueilli sa mère porteuse Yuliia durant plusieurs mois chez elle en Argovie. Ou encore de l'infirmière Maryna qui s'est occupée sans compter de la petite orpheline Bridget, abandonnée par ses parents biologiques, puis a accepté de s'en séparer pour qu'elle puisse s'épanouir aux Etats-Unis.

Le marché des mères porteuses est avant tout une affaire d'argent, avec son lot d'exploitation et d'abus. Mais il a aussi permis de tisser des liens solides entre ce pays situé à l'intersection de l'ex-bloc soviétique et de l'Europe, qui a désormais le regard solidement vissé vers l'ouest.

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En Ukraine: «Pose ton bébé, ton pays est en guerre!»

Lorsque la Russie a envahi l'Ukraine en février 2022, trois femmes enceintes de l'enfant d'une autre se sont retrouvées face à un choix impossible: tout quitter pour protéger le bébé ou rester avec leurs proches. Récit de ces premiers jours chaotiques.

Poltava, cité de près de 280'000 âmes dans l'Est de l'Ukraine, le 24 février 2022. Ivanna est occupée à allaiter sa fille Luda, âgée de 4 mois et demi, lorsqu'elle reçoit un message sur WhatsApp de la part de Cathy, son amie irlandaise.

  • Ivanna, ton pays est en guerre!

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Le va-nu-pied

Francine a tout perdu. Expulsée de son appartement, ruinée par les dettes de son mari cordonnier de luxe, elle se retrouve à la rue. C’est la veille de Noël. Elle n’a pu garder de sa vie d’avant que de vieilles photos et un manteau de fourrure élimé. Dans la poche duquel elle a un jour oublié une carte de visite…

Madame Valfleuri avait toujours aimé les veilles de Noël enneigées. Dans la rue piétonne du beau quartier le long du fleuve, les passants, les bras chargés de cadeaux, pressaient le pas pour ne pas arriver trop tard à leur soirée de réveillon. Une fine couche de neige assourdissait le bruit de leurs pas, tandis que les flocons, reflétant le scintillement des décorations festives, enrobaient la ville d’un voile éthéré.

La vieille dame ferma derrière elle la lourde porte, releva le col de son manteau de fourrure et empoigna ses deux grands sacs remplis de boîtes. Elle fit deux pas dans la rue, puis se retourna pour contempler une dernière fois cet hôtel particulier où elle avait été si heureuse. Au rez-de-chaussée, la boutique était plongée dans l’obscurité, un panneau « À vendre » barrant sa vitrine. Elle releva le regard vers le balcon du premier étage, la maison de ville dont elle avait toujours été si fière et dont la terrasse, pour la première fois en cette saison, n’était pas garnie de guirlandes lumineuses. Le visage de Madame Valfleuri se couvrait de neige – c’était la neige bien sûr : les filles de la montagne, ça ne pleurait pas. Elle se retourna en hâte pour s’éloigner, mais le talon d’un de ses escarpins se brisa net. La vieille dame glissa en agitant les bras et s’effondra dans un coin du porche, entourée des maigres possessions que les huissiers lui avaient laissé emporter en posant les scellés sur son appartement.

Le bonheur, là-haut

Elle tenta de se relever mais, la cheville foulée, retomba en grimaçant de douleur. Ce fut alors qu’elle remarqua le petit cadre au verre brisé qui avait atterri près d’elle. Elle ramassa le portrait, balaya la neige du revers de la main et examina la photographie aux couleurs passées. C’était en 69, année vice-versa comme plaisantait son Edmond. Ils venaient de se marier au village. Pas de Monsieur et Madame Valfleuri à l’époque, mais Francine et Eddie, copains d’enfance et fiancés de toujours. Il venait de reprendre l’échoppe de cordonnier de son grand-père. Entre randonneurs et skieurs, il ne manquait jamais de travail. Ils furent tellement heureux là-haut que même la malchance de ne pas avoir d’enfant ne leur avait jamais pesé: ils vivaient l’un pour l’autre, entourés d’amis.

Mais Edmond avait de l’ambition. Ciel, comme elle l’avait admiré quand il parlait de « monter » à la ville, même si la capitale était bien en contrebas de leur vallée, car ses yeux brillaient quand il disait qu’il allait lustrer les chaussures des banquiers jusqu’à ce qu’ils puissent se voir dedans. Au début, ce fut un petit atelier de cordonnier sur les bords du fleuve, mais comme son Edmond était dur à la tâche et ponctuel, il s’était vite acquis une clientèle qui ne portait que des chaussures anglaises hors de prix. Inspiré par la qualité des souliers qu’il réparait, Edmond en vint à confectionner, pour lui et pour sa Francine, des bottines et escarpins sur mesure.

Edmond devient Monsieur Valfleuri

Autour d’eux, la ville changeait et leur quartier s’embourgeoisait, les commerces du voisinage cédant peu à peu la place à des banques aux noms curieux. Un beau jour, un assureur au sourire charmant poussa la porte de l’atelier, proposant de le racheter pour une belle somme. Ce fut alors qu’il remarqua les bottes d’Edmond et lui demanda où il les avait achetées. Il ne put cacher son admiration lorsqu’il apprit que l’artisan les avait fabriquées lui-même et en commanda deux paires. Lorsqu’il revint les chercher et constata qu’elles lui allaient à la perfection, l’homme persuada le cordonnier que la capitale avait besoin d’un chausseur de son talent. Il proposa d’échanger l’échoppe d’Edmond contre une luxueuse boutique au-dessous d’un grand appartement, dans une belle rue piétonne et commerçante. Edmond devint ainsi Monsieur Valfleuri, Grand Chausseur en ville, pendant que Madame Valfleuri recevait les millionnaires avec le sourire et toujours un mot gentil.

Ils avaient eu la grande vie, se souvenait Francine en remettant une à une les photographies dans les boîtes de chaussures éparpillées par la chute. Son Edmond l’emmena voir les pyramides et les temples incas, boire du thé à Londres et déguster des sushis à Tokyo. Mais le temps passait. Chaque année, Edmond se courbait un peu plus, penché sur son établi, quoique ses lunettes de vue lui conférassent des airs de Gepetto animant les précieuses chausses de ses prospères clients. Sauf qu’un matin, Francine l’y découvrit affalé pour de bon, le marteau à la main, terrassé par une crise cardiaque. Et là, son univers vola en éclats.

L’assureur ne rigole plus

A la mort d’Edmond, sa veuve découvrit que l’échange de l’échoppe contre la boutique avait été assorti d’une lourde hypothèque, dette insurmontable pour son cordonnier de mari car les frais du magasin de luxe et de l’appartement dévoraient l’essentiel de sa trésorerie. L’assureur revint, mais n’arborait plus son sourire charmant : il exigea le paiement immédiat du solde, sous peine d’expulsion. Francine était ruinée, son époux ne lui ayant légué que des dettes. Elle s’était barricadée mais ce soir de réveillon, l’huissier et le serrurier avaient eu raison de sa résistance. Tout ce qui lui restait de sa vie étaient ces boîtes de chaussures pleines de photos, son vison élimé et ses escarpins brisés. Même les deux chalets hérités de leurs parents respectifs avaient été saisis au village. Néanmoins, Francine projetait de retourner là-haut pour demander à quelque ami d’enfance de l’héberger, ceci à supposer que la honte ne l’étouffât pas avant, ou qu’elle ne se congelât pas ici même, devant la boutique à vendre.

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Le village bavarois qui fait fortune en vendant son courant à la Suisse

Wildpoldsried, un village des Alpes bavaroises, est devenu le symbole de la transition énergétique en Allemagne. L’année dernière, il a réussi à vendre pour 7 millions d’euros d’électricité renouvelable à la Suisse voisine. Reportage dans cette localité qui défie le conservatisme bavarois.

A Wildpoldsried, au pied des Alpes bavaroises, la mécanique des présentations de Günter Mögele est parfaitement rodée. Ce prof d’informatique à la retraite, entré au conseil municipal de sa commune en 1990, a été maire de 2014 à 2020. Il connaît sur le bout des doigts l’histoire de la transition énergétique de son village (2600 habitants), qu’il relate tous ceux qui sont venus l’entendre. Et ils sont nombreux.

«Nous recevons une centaine de groupes de visiteurs par an», confie l’édile. Nous sommes à l’Energie Tag, la journée portes ouvertes organisée dans une salle du centre Kultiviert, vitrine de la transition énergétique de Wildpoldsried. Des visiteurs du monde entier s’y pressent, pour découvrir la recette magique de ce village vert.

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Dans les sanctuaires antispécistes, des animaux heureux mais qu'il faut entretenir

Les bêtes «libérées» par les antispécistes atterrissent dans des sanctuaires, fermes aux allures de paradis pour quadrupèdes. Mais s’occuper d’animaux comme des êtres humains est coûteux et énergivore. Les difficultés financières et des déchirements internes aux associations rendent le tableau moins bucolique que prévu.

En guise d’accueil au sanctuaire de l’association antispéciste Co&xister, Yazus, un jeune bœuf à cornes, vient faire trembler le portail. La bête de plusieurs quintaux, «un déchet de l’industrie laitière destiné à l’abattoir», ne semble pas disposée à l’échange social. «Il est très doux, mais c’est un adolescent qui aime tester les limites des personnes qu’il ne connaît pas, explique Virginia Markus, la maîtresse des lieux, tout en saisissant tendrement la tête énorme de l’animal pour éviter qu’il ne charge. Parfois, il peut être brusque et il faut savoir l’appréhender

Nous sommes à Frenière-sur-Bex, dans les hauteurs bucoliques du Chablais vaudois. Yazus a eu des débuts difficiles avant d’atterrir dans ce havre alpin — «comme un ange», précise le site de l’association. Né dans les affres de l’agriculture industrielle, le jeune veau a été confié à Virginia Markus par un propriétaire en voie de reconversion vers «un projet plus éthique».

«Mon activité principale consiste à accompagner ces producteurs dans ces gros changements de vie et de commerce, explique Virginia Markus. Pour que la démarche fonctionne, c’est à eux de me contacter lorsqu’ils ont un déclic. Aller toquer à leur porte pour les convaincre de faire cette transition serait illusoire

Le sanctuaire compte une petite quarantaine de rescapés. Le chat Elyan, «sûr de lui et téméraire», Mehdi, «lapin indépendant et vif d’esprit», Khamti, agneau à la pureté «bouleversante», Eowyn, «petite (sic) ange au corps de truie handicapée», ou encore sa congénère Root, dont le regard bleu et brun «en dit long sur son passé traumatique»

Adieu veau, vache, cochon

En plus d’accueillir des animaux libérés de l’exploitation, le sanctuaire de Co&xister est le théâtre d’événements pédagogiques publics destinés à la sensibilisation antispéciste. L’ensemble du projet engloutit chaque mois 10'000 francs, une somme financée par les formations données par l’association et les dons privés.

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